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En 1879, à la veille de la loi de 1880, il y avait en France 350-000 cabaréta ; il y en a, à Thèure où je parie» 500.000, dont 33.000 à Paris seulement. Dans Ips si.T mois qui ont suivi la promulgalion delà loi du 17 juillet 1880, plus de I0,00u établissements se sont ouverts el, dès les dix premières années, de 1881 à 1891, le nombre des cabarets s'est accru de 70.000.
Nouy ne comprenons pas dans celte catégorie des débits de boissons, les express-bars, les lieux de dégustation» les buvettes, les débits qui sont ouverts cbez les marcbands de charbon, chez Tépicier, chez le receveur buraliste ; s'il fallait y ajouter tous ces débits, ce n'est pas par le chiffre de 500.000 que se calculeraient les débîls e-xislant actuellement dans toute la France, ce serait par un cbilTre bien supérieur.
Dans tous tes points de la France on a émis des vœux pour que le Parlement apporte enfin un remède au mal
La ligue nationale an ti -alcoolique a tenu également à consulter le pays par l'organe de ses conseils généraux. Nous avons le résultat de cette consultation : 33 conseils généraux se sont montrés favorables à la proposition Siegfried et Déranger, 31 n*ont pas délibéré, et 4 seulement, par un respect peut-être excessif pour la liberté du commerce, se sont prononcés contre elle.
Enfin, nous avons reçu deux adhésions qui ne sont ni les moins précieuses à enregistrer ni les moins sig^niOcatives. C'est d'abord l'adhésion de la chambre syndicale des marchands de vins de F» ris ; c*est ensuite celle du syndicat national do commerce des vins et spiritueux de France. La première adhésion est sans réserve et absolue. La seconde accepte le principe de la limitation sous certaines réservées.
L'orateur donne les derniers résultats obtenus en Suède parle système de Gothombourg :
Dans la ville de Stockholm, Tapplicalion do ce système a réduit la quantité de spiritueux vendus, de 4 millions en 1877, à 1 million 600.000 en 1890, et la consommation annuelle est descendue de 23 litres par tête à 5 litres en Suède, et de 16 litres par tête à 2 litres en Norvège*
La Hollande a adopté, en 1SS1, un système à peu près analogue à celui que nous vous proposons ; elle a limité le nombre des débits de boissons, proportionnellement à la population de chaque commune, et cette proportion varie selon rimporlance de la commune. C'est ainsi que dans les communes de 20.000 à 30.000 habitant.'?i, par exempte, il y a un débit par 400 habitants ; dans les communes de 10.000 h 20,000 habitants, il
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y a un débit par 300 habitants et enfin, dans \m o^mmunes au-dessus de f .000 habitants, il y a un débit par 250 habitante.
Au bout de dix ans, c'est-à-dire eti 1891, le nombre des débits, qui était de 43,000» était descendu à 25.000.
Aux Etals-Unis, dans la seule ville de New-York, il a suffi de décider que, pour ouvrir un débit nouveau, il faudrait justifier de la fermeture d'un ancien, pour qu'en dix-huit mois, et malg^ré l'augmentation croissanle de la population, le nombre des débits tombât de 8.219 à 7.310, c'est-àdire qu'en dix-huit mois, 90Û débits ont disparu de la ville de New-Vork.
L*orateur fait appel à la coopération des pouvoirs locaux et il ajoute, citant une appréciation du D** Jacquet ; ^ La lutte contre ralcoolisme est le premier devoir social de ce temps» Pour nuire pays de population slationnaire, il s*agit là, à brève échéance, d'une question de vie ou de mort, V
C'est une œuvre qui doit rallier tous les sulTrages. Nous sommes ici sur un terrain où toutes les divisions politiques doivent cesser et où touB les partis peuvent se rencontrer et se donner la main pour essayer de résoudre ce grave problème.
Le commissaire du gouvernement s'efforce d'établir qu il n*y a pas corrélation certaine entre le nombre des débits et le développement de l'alcoolisme. Cette thèse est reprise pour M. Ghatleleyn, sénateur dti Nordt qui invoque le prétendu droit des industriels. iMalgré les concessions dm auteurs du projet, le renvoi a été malheureusement prononcé 146 voix contre 120 et îa commission s'est retirée.
Ainsi les marchands d'alcool ont remporté une nouvello victoire ;leiif bataillon a résisté à tous les assauts ; comme les carrés espagnol» dont parle Bossuet, ces phalanges semblables à des tours, ils n*ont pas même eu besoin de réparer leurs brèches.
< Si TËtal ne se bâte pas de se rendre maître du commerce des liqueurs, a dit lord Rosebery, le commerce des liqueurs deviendra le maître de l'Etal, »
Aujourd'hui l'alcool parle en conquérant ; il n'admet pas le moindre contre-poids à sa tout© puissance ; c'est un despote oriental devant lequel le peuple se couche dans la poussière. Les amis de 1 hygiène et de la santé publique peuvent multiplier leurs elTorts ; le tyran fait un signe, un esclave apporte le bâillon : aussitôl îesvoix sont étouffées,rordre alcoolique règne à Varsovie et à Paris, malheureusement.
Rien ne prouve mieux cette triste vérité que le compte rendu de ces derniers débats.
Ils démontrent qu'avant d'être le salon du pauvre, le cabaret est le vestibule de l hôpii il et la salle d'attente de la morgue,