CONSTITUTION, TEMPÉRAMENT, HÉRÉDITÉ
§ l eT . Constitution.
L’homme a beau être doué de la constitution la plus vigoureuse, il ne se livre jamais impunément
aux excès bachiques. J’ai vu l’ivrognerie faire mourir, avant cinquante ans, des hommes qui pouvaient passer pour des modèles de force. Dans tous les cas, elle abrège considérablement l’existence. On cite bien quelquefois des individus qui arrivent à la vieillesse, quoiqu’ils abusent des boissons spiritueuses; mais, d’abord, ils sont si clair-semés qu’on peut les chasser parmi ces exceptions dont l’extrême rareté, loin*de détruire la règle, ne fait que la confirmer. ' Ensuite, j’ai remarqué que ces exemples ne s’observaient guère que chez les cultivateurs qui se livrent, du matin au soir, à des travaux rudes en plein air, transpirent avec abondance et se débarrassent ainsi, très-promptement, des particules irritantes de l’alcool dont la volatilité favorise l’élimination. Mais qu’un riche oisif, ou un ouvrier de nos villes, dont les occupations sont sédentaires, use aussi copieusement des boissons alcooliques, et vous verrez, en admettant que, de part et d’autre, il y ait la même force de constitution, si l’artisan citadin supportera aussi bien que le campagnard les effets de ce régime excitant.
Quant aux constitutions débiles, c’est un spectacle vraiment douloureux que la rapidité avec laquelle l’abus des liqueurs enivrantes opère chez elles les plus affreuses désorganisations. Combien ne voit-on pas de jeunes gens, d’une complexion délicate, moissonnés à la fleur de l’âge par les excès dont nous étudions les funestes ravages! Aussi, en général, les sujets d’une constitution faible se livrent plus rare-