CONSTITUTION, TEMPÉRAMENT, HÉRÉDITÉ
ment à l’ivrognerie; ils ont eu trop à souffrir des premières impressions de 1 ivresse.
Observation CXVtlI. Dans une famille composée de trois frères, l’aîné et le second étaient très-vigoureux; ils sont morts tous deux, par l’effet de l’ivrognerie, de 45 à 50 ans ; le cadet, qui était devenu beaucoup plus délicat à la suite des maladies graves qu’il avait eues dans son enfance, ayant vécu sobrement, est arrivé à
76 ans - , .
Observation CXIX. ün vieillard, encore vif et alerte, malgré ses 82 ans, vient me consulter pour un candide à la tempe. Je lui fais compliment sur l’ensemble de sa santé qui est si bien conservée. Il me répond qu’il est le seul survivant des hommes nés la même année que lui dans son village; que tous ses contemporains sont morts, la plupart depuis bien longtemps ; qu’un grand nombre d’entre eux ont dû leur fin prématurée à l’ivrognerie, qu’ils étalent tous des hommes plus vigoureux que lui ; que, s’il leur avait survécu, lui, le plus faible d’entre eux, c’est qu’il a toujours été très-tempérant.
L’abus des plaisirs vénériens, auquel sont entraînés également les hommes d’une constitution vigoureuse, est loin d’engendrer d’aussi grands maux parmi eux que la passion des liqueurs spiritueuses. En effet, la nature fait succéder à la satisfaction des penchants génésiques, chez les sujets les plus forts, un sentiment de satiété, de fatigue, et même de tris tesse (omne animal post coïtum triste ), qui est trisfavorable au repos des organes, tandis que les désirs
2i6 CIRCONST. QUI FONT VARIER LES EFFETS.
de l’ivrogne ne connaissent pas de bornes et que l’excitation, la gaieté factice, qui sont la conséquence de l’ingestion des boissons alcooliques, semblent le provoquer sans cesse à de nouvelles libations; plus il a bu, plus son gosier est brûlant et altéré, plus il engloutit, avec avidité, le poison qui va circuler dans tout son être comme un feu dévorant.
Le convalescent peut user modérément de l’alcool pour y recouvrer ses forces.
§ II. Tempérament.
La diversité des tempéraments produit des différences dans l’effet de l’alcoolisme.
L’ivresse provoque chez les hommes sanguins et pléthoriques une gaieté, folle et bruyante; elle augmente leur propension naturelle a se plonger dans les plaisirs sensuels ; elle les rend turbulents et agitateurs. Les maladies qu’elle fait éclater en eux de préférence sont les inflammations etleshémorrhagies. L’ivrognerie portera chez eux son action destructive principalement sur les organes les plus vasculaires, les poumons, le cerveau, le cœur.— De là, des congestions cérébrales, des crachements de sang, des fluxions de poitrine, des phthisies pulmonaires, des apoplexies, des endocardites,, des péricardites et des hydropisies générales.
Les bilieux , sous l’influence de l’ivresse, sont emportés, querelleurs et souvent furieux; ils deviennent plus méchants, plus enclins à la vengeance et à