LES BOISSONS ALCOOLIQUES SONT-ELLES NÉCESSAIRES A L’HOMME
Non, répondrai-je en toute assurance. Je pourrais me contenter d’en donner une seule preuve qui est péremptoire, c’est qu’elles n’existent pas dans la nature.
Bergeret, Boissons. 1
Mais des faits innombrables démontrent que l’homme bien constitué, jouissant d’une santé irréprochable, non-seulement n’a pas besoin de boire des liqueurs fermentées, mais qu’il se trouve mieux de n’en pas faire usage.
On a fait dire à Hippocrate qu’il était utile à l’homme de s’enivrer une fois par mois. C’est une calomnie que repousse de lui-même le grand nom de celui qu’on a appelé le père de la médecine.
On voit, dans les îles de la mer du Sud, des sauvages, offrant un état de société assez avancé, qui n’ont jamais connu les boissons spiritueuses, et qui déploient une force et une agilité surprenantes ; qu’un navire européen apporte parmi eux le goût de nos liqueurs enivrantes, bientôt tout un cortège de maladies viendra décimer leurs peuplades.
Les Romains n’accordaient à leurs soldats pour toute boisson que de l’eau et du vinaigre.
Le vin est interdit aux musulmans. Demandez aux Français qui ont fait les campagnes d’Afrique si l’abstinence des boissons spiritueuses diminue l’énergie morale de l’Arabe, l'agilité du Bédouin et la vigueur du Kabyle.
« Voyez tous les habitants de l’Afrique septentrionale, dit M. P. Jolly (i), ceux de l’Égypte, des côtes de l’Océan et de l’Éthiopie, de l’Asie Mineure, de l’Indoustan, de la Perse, de la Tartarie, de la Servie, de la Macédoine, de la Bulgarie, qui vivent sous la loi
(i) P. Jolly, P Alcool, études hygiéniques et médicales [Bull, de l'Académie de médecine. Paris, 1865-1866, tome XXXI, p. 491).