‹ L'alcoolismeChapitre 6 sur 55 · SONT-ELLES NÉCESSAIRES · texte numérisé non relu

SONT-ELLES NÉCESSAIRES

du Koran, tous, par la vigueur de leur constitution, ne semblent-ils pas défier tous les buveurs d’absinthe et d’eau-de-vie, et justifier leur réputation proverbiale? Tous sont forts comme des-Tares. L’expérience vient donc, de toutes parts, protester hautement, au nom de l’hygiène et de la morale publique, smon contre l’usage modéré et sagement appliqué des spiritueux, du moins contre leur excès et leur abus, »

Le grand Frédéric avait défendu qu’on distribuât de l’eau-de-vie aux grands et beaux soldats d’élite qu’il avait réunis autour de lui à Potsdam.

La France ne fait donner à son armée aucune boisson spiritueuse, si ce n’est dans des circonstances exceptionnelles.

L’histoire mentionne un grand nombre d’hommes éminents qui ne faisaient point usage des boissons spiritueuses et qui.sont parvenus à un âge très-avancé: tels sont Démosthènes, Locke, Newton, le fameux physiologiste Haller.

Jamais un homme de génie, un écrivain remarquable, un grand jurisconsulte, un homme d’État éminent, n’ont pu être intempérants.

Gardez-vous bien, ô Samuel, de donner du vin aux rois ! car il n’y a point de secret où règne l’ébriété, et de peur que les libations, leur faisant oublier leurs jugements, ne jettent dans la confusion la cause dés enfants du pauvre (1).

Un doge de Yenise, Dandolo, à quatre-vingt-dix

(J) Pi oïcrLes, xxxi, 4 et S. '

ans, s’élançait le premier, chargé d’une épaisse armure, sur la brèche de Byzance ? C’était un homme d’une sévère frugalité.

On peut rapprocher son exemple de celui de Cornaro (1), qui vivait dans le même climat, et dut à la sobriété extrême de son régime alimentaire une vieillesse exempte de toute infirmité, ainsi qu’une longévité remarquable.

« Je suis entré dans ma soixante-dix-septième année, dit le docteur Belly •; si je n’étais hydropathe et quelque'peu pythagoricien, sans pousser, à l’exemple de Cornaro qui est devenu presque centenaire, la servitude jusqu’à peser mes aliments, l’heure suprême aurait depuis longtemps sonné pour moi. »

Mais on peut trouver des modèles de ce genre au milieu de nous. N’y voit-on pas un certain nombre de personnes qui ne boivent jamais ni vin ni liqueurs, et dont la santé est très-prospère ?

J’ai eu plusieurs fois occasion d’observer ces ouvriers piémontais dont les bras vigoureux étaient occupés à ouvrir nos voies de communication à travers le roc le plus dur. J’en ai vu qui vivaient de farine de maïs, et ne buvaient, en général, du vin que le dimanche. Le lundi était le jour où le médecin était appelé le plus souvent à leur donner des soins.

Observation I re . Pendant un séjour que je fis à Venise en 1840, j’habitais un hôtel où était logé un Grec âgé d’environ 35 ans ; comme un grand nombre des hommes

(1) Voyez Cornaro, de la Sobriété, trad. par Ch. Meaux Saint- Marc. Paris, 1861.

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