‹ L'alexandrin d'apres la phonétique expérimentaleChapitre 138 sur 250 · JA · texte numérisé non relu

JA

sir a

pô le

til

be se

krœ

va

■ la

pô

tsô ta bûr

l'accent d'acuité dans la phrase 171

trô

pa

tut

les

pe

ràs

lek

splwa

ta

lô

ta

le

min

gr'e

sa

de

fwa

Partout on constate que la ligne mélodique, dont les différents points coïncident avec les voyelles, va de la première à la dernière syllabe, et que celle-ci est la plus aiguë. Nous nous trouvons donc chaque fois en présence d'un seul mot musical qui comprend six à sept syllabes ; en outre la seule vue du tableau indique, du moment que l'accent de hauteur tombe sur la finale, que la voix partout a été suspendue et que nulle part il n'y a eu terminaison réelle. On voit donc que dans un débit sans expression la modulation est extrêmement simple et que les nuances en sont exclues.

Pris en gros, les phénomènes de durée et d'acuité, pour les phrases que nous venons d'examiner, sont semblables. Il y a cependant une légère différence. Nous avons noté que dans une prononciation très rapide la progression temporelle n'est point tout à fait régulière, et qu'elle subit de légers arrêts causés, à l'intérieur de la phrase, par le nombre des articulations combinées qui composent telle syllabe. Au contraire, et pour s'en tenir au premier exemple, si stra est plus long que pô, et tè que e, la hauteur musicale ne connaît point d'accidents semblables ; elle n'est point influencée par la constitution des divers groupes en raison même de leur complexité. Cette observation permet de conclure que dans la combinaison précédemment étudiée : œ tnartô lûr, on se trouvait bien en présence d'un accent binaire secondaire '.

Toutefois les conditions de l'accent d'acuité sont différentes si le débit devient solennel. On a prononcé sur un ton soutenu ces quelques phrases : œ-n-om bô e êtelijà ^ (un homme bon et intelligent), œ-n-om bô et rœmarkablœinà-t-ètelijâ (un homme bon et remarquablement intelligent), œ lur martô byë-n-ârnàeé (un lourd marteau bien emmanché), w hir tnartô byl-n-âmiué sœ truvè dâ sci ml (un lourd marteau bien emmanché se trouvait dans sa main), œ-n-avoka èkapablœ (un avocat incapable), œ-n-avoka ekapablœ dœ pledé (un avocat incapable de plaider), œ-n-avoha èkàpable dœ pledé-r-un moi'es kô:{ (un avocat incapable de plaider une mauvaise cause).

La série examinée est celle que nous avons déjà analysée au point de vue temporel ; elle a été choisie et conservée parce qu'elle ne présentait aucun phénomène emphatique. L'expression de la voix, comme on l'a déjà fait remarquer, correspond assez peu au sens intime des phrases enregistrées; mais la discordance est intéressante nu même titre que pour la durée : elle montre que la position des temps marqués est dans le discours indépendante des mots eux-mêmes pris en particulier, mais qu'elle est en relations étroites avec le caractère qui leur est conféré. Nous rechercherons à propos du vers comment se fait l'accord du sens et de l'expression. Il s'agit ici de montrer que des tons différents amènent des variations importantes dans l'accentuation. Les mesures obtenues sont les suivantes :

nom

bô

te

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