‹ L'alexandrin d'apres la phonétique expérimentaleChapitre 225 sur 250 · PG., 24J · texte numérisé non relu

PG., 24J

Ja

sa

tê

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tnô

lia

ma

2éo 260

IIO

(Hem., 13 R.) D'après le texte on jugerait que ces trois vers sont construits selon la formule couramment nommée 4 -f- 4 -j- 4. Or ils sont différents l'un

COMMENT s'altèrent LES GROUPES RYTHMIQ.UES 32I

de l'autre dans la déclamation, et, pour qu'on puisse mieux s'en convaincre, nous avons transcrit les durées et les acuités en même temps que les intensités. Dans le premier alexandrin, le groupe central est compact, commence à la quatrième syllabe après un silence, et se termine à la huitième ; il n'y a là qu'une seule progression rythmique. Dans le second, il y a déjà un léger changement. La ligne musicale monte sans interruption jusqu'à la fin du membre métrique, et elle en établit par conséquent l'unité, mais, après la césure, l'intensité laisse apercevoir une légère dépression, de telle sorte que nous voyons s'esquisser, quoique faiblement encore, une dipodie iambique. Cette dipodie au contraire est parfaite dans le troisième exemple; le temps marqué de l'hémistiche est dynamiquement très important et l'acuité montre que l'unité du péon est rompue. D'ailleurs, l'amplitude est de 30 sur l'œ de joyeuse et seulement de 28 sur l'a de calme; on concevrait aussi sans difficulté une diction qui séparerait les deux moitiés du vers par un silence et qui rendrait ainsi les deux iambes encore plus évidents.

Il faut en conclure que deux iambes ou plus rarement un anapeste suivi d'un iambe ' tendent à se souder en raison du rapport qui les unit. L'union sera d'autant plus complète que le lien du sens sera plus rigoureux, mais elle pourra varier dans une certaine mesure selon l'interprétation personnelle des sujets. Les précédents exemples montrent les différents degrés de la cohésion étudiée.

La loi à formuler est donc celle-ci : une mesure rythmique de peu d'étendue tend à s'agréger à celle qui la précède en privant celle-ci de son accent normal (^Hern., 27 et PC, 24), mais la combinaison qui en résulte est seulement stable si elle est favorisée par l'étroite dépendance des éléments constitutifs. Inversement cependant une autre loi agit en sens contraire : un pied rythmique de plus de deux syllabes tend à se décomposer en fragments de moindre longueur, et ainsi nous nous trouvons amenés à parler des temps marqués secondaires notés ^ dans nos transcriptions.

Ils sont analogues dans l'ordre dynamique aux sommets de durée et d'acuité constatés par nous à l'intérieur des membres métriques. Comme eux, ils ne sont jamais nécessaires au rythme. Ils apparaissent et disparaissent selon les déclamations; ils sont par conséquent beaucoup plus individuels et beaucoup plus variables que l'accent principal, car celui-ci, en principe du moins, est identique pour tous les sujets. Ils ne consistent parfois qu'en un faible renforcement de la voix; ailleurs, ils atteignent presque la valeur du temps marqué dominant, quelquefois même ils la dépassent.

Mais il faut bien distinguer l'accident secondaire véritable, causé par un effort réel de la voix, de celui qui est dû simplement au jeu des timbres contigus. Soit un vers comme celui-ci :

Donc vous n'avez ici pas d'autres intérêts. . .

Dô

vu

na

ve

si

pa

le

te

ré

lî

lO-II

no

{RB.,

Nous en avons transcrit d'abord les amplitudes, puis les audibilités. On remarquera dans le premier hémistiche la syllabe notée a ; tlle émerge ainsi à cause de la faible portée de l'/dont l'arc de vibration est cependant plus grand. Au contraire, dans le second hémistiche, la voix a appuyé sur la syllabe antépénultième ; cependant l'accent secondaire de compréhensibilité a disparu à cause des conditions mêmes selon lesquelles la nasale a été prononcée (B = 4, N = 15).

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