‹ L'alexandrin d'apres la phonétique expérimentaleChapitre 234 sur 250 · INTENSITE MAXIMA : MOTS IMPORTANTS KT PATHETIQUES · texte numérisé non relu

INTENSITE MAXIMA : MOTS IMPORTANTS KT PATHETIQUES

Mais, ainsi que nous le disions plus haut, les conditions d'articulation de la nasale ou la qualité des timbres déjouent la volonté du sujet, comme dans les alexandrins ci-après, où l'énergie se marque seulement par l'amplitude plus grande des éléments sur lesquels on attire l'attention :

Oui, va, n'écoute plus ma voix qui te retient. (Cid., I, i C.)

Non, non, la perfidie a de quoi vous tenter... (^Andr., 7 A.)

Viens, respire avec moi l'air embaumé de rose... (//gn;., 8 A E.)

Dans ces derniers cas, l'effort ne dépasse pas les bornes du subjectif et ne se traduit pas extérieurement. Nous donnons deux exemples, l'un emprunté à la première catégorie, l'autre à la seconde. Dans l'un et l'autre, la ligne supérieure est celle des amplitudes, la ligne inférieure celle des audibilités ■ :

Par

par

se tQr)

mal

su

rà

léo-

Wi

va

hi

phï

Via

vwa

tyè

Il 0-4

On pourrait allonger la liste. On remarquera que les mots mis en évidence sont presque toujours au début du vers (ou à défaut au début d'une phrase) et qu'ils expriment tous des sentiments véhéments et passionnés.

Cependant, dans des cas analogues, il peut arriver que le sens du texte se refuse à supporter des intensités trop considérables et que les clameurs soient déplacées. Si l'on veut traduire une émotion contenue, si l'on veut rendre une ferveur intime, une tendresse ardente et profonde, on atténue l'apostrophe pathétique, et l'on éteint ce qu'elle aurait de trop sonore et de trop éclatant. Certains des exemples cités plus haut admettent deux déclamations différentes,, selon la nuance que les sujets veulent faire apparaître et la signification qu'ils accordent au texte. Voici des termes exclamatifs d'une expression modérée, où les énergies brutes et les audibilités sont concordantes, et qui, à l'inverse de la série précédente, ne l'emportent pas sur les autres syllabes du vers.

Crois qu'il m'en a coûté pour vaincre tant d'amour... {Bèr., 8 C.)

Dis, ne le crois-tu pas, sur nous, tout en dormant... (Hcrn., 5 A R.)

Regarde. Plus de feux, plus de bruit. Tout se tait. (/</., 9 A E R.)

Je me sentais joyeuse et calme, ô mon amant. . . Çid., 13 A E R.)

Ah ! qui n'oublierait tout à cette voix céleste ! (/</., 1 5 A E R.)

Dans ces alexandrins, la qualité de l'expression est obtenue soit par l'accord de la hauteur musicale et de l'intensité, toutes les deux faibles par I. Il en sera de même toutes les fois que les intensités marquées par le signe A seront transcrites en doubles valeurs pour un même sens.

rapport à ce qu'on constate dans les autres groupes rythmiques {Hem., 9 et 13), soit par l'intensité seule {Bir., 8, Hem., 5 et 15). Pour les deux sujets J et E, dans les deux premiers vers, l'effort, mesuré par les amplitudes, a réellement été moins considérable que sur d'autres syllabes, mais les timbres étant plus favorables, les mots crois et dis sont cependant mieux entendus. D'où trois catégories de déclamations pour des textes comparables. Nous transcrivons la hauteur musicale ici nécessaire :

/«• mœ sa tè jwa yéT^ e kal mœ ô mô na mil

A 200 220 160 260 240 180 220 léo 200 220 200 240 200 220 260 240 240 240 2OO-260 200 220 240 260 260 280 O O O 7 30 O O

Di nœ lœ hrwa tu pâ sur ml tu là dor

ma

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