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Fr. Wulff, La rythmicité de VaUxandrin français, p

LoTE. — L'alexMidrin.

So

la pénultième se trouve naturellement faible, celle qui la précède forte, ou facile à rythmiser et ainsi de suite. » Cette question qui devait être indiquée à cette place sera examinée plus loin.

S. II

S. IV

ata

atata

ataiata

apa

apapa

apapapa

aja

afafa

afafafa

asa

asasa

asasasa

aka

akaka

akakaka

am

a^am

aeamfa

aba

ababa

abababa

ava

avava

ié,5

avavava

ié,5

a^aia

a:(^ax^a::ia

aga

agaga

agagaga

aja

ajajaja

ajajaja

ana

anana

ananana

aya

aijana

ananana

ama

a mania

amamama

ala

alala

alalala

ara

arara

ararara

ada

adada

adadada

Les groupements qui commencent par une consonne se laissent pareillement mesurer au point de vue de la valeur temporelle des syllabes ; il suffit de reprendre le tableau fourni plus haut et d'ajouter à la durée de la consonne celle de la voyelle qui lui est jointe (p. 51).

Dans tous ces exemples, les règles de syllabation que nous avons déterminées persistent. Quoique la première syllabe soit dans sa composition et sous le rapport des sons qui la constituent ', différente de la seconde, celle-ci n'en est pas moins la plus longue; mais pour certains groupes les

I. Je veux parler des relations temporelles de la voyelle et de la consonne.

SI

chiffres montrent que parfois le retard qui se produit sur la première consonne, par exemple dans les combinaisons tata et ^a^a, n'est pas très éloigné de modifier la loi générale : il suffirait d'un minime prolongement de ce retard, dans les deux cas signalés, pour rendre la première syllabe supérieure en durée à la seconde.

S. II

S. Il

S. II

S. II

tata

kaka

laia

lala

papa fafa

eaea

gaga

mama

baba

jaja nana

rara

sasa

vava

dada

Il reste enfin à préciser de quelle façon se produit la syllabation des consonnes doubles placées entre deux voyelles : il n'y a point là de difficulté capitale.

Reprenons en effet notre définition. Nous avons vu que la consonne double consiste dans une seule articulation de tension plus énergique et de tenue plus prolongée que la simple. D'autre part dans les occlusives la longueur de la tenue qui se produit entre la tension et la détente, enfin dans les continues l'affaiblissement du bruit que l'on constate pendant la tenue, font en sorte que l'oreille distingue deux sons au lieu d'un seul. Il est donc très simple de partager la consonne redoublée en deux parties égales ' dont la première se joint à la première voyelle et la seconde à seconde. En d'autres termes un groupe atta doit être considéré comme l'équivalent d'un groupe afta, où l'on n'a aucune hésitation à rattacher l'/à la voyelle initiale et l'on peut établir cette série :

Les syllabes ainsi formées sont semblables à celles que nous avons déjà examinées, et dans tous ces groupes, c'est la dernière qui est la plus longue.

Il est pourtant évident qu'une formation factice comme ata ne doit pas être très éloignée d'un mot français réel, comme âté (hâté), et sans tirer argument du fait que papa se trouve dans le dictionnaire de l'Académie, il nous faut maintenant chercher à quelles lois de durée obéissent les termes de la langue courante, et si la valeur temporelle des syllabes y est liée soit au timbre, soit à la qualité des sons. On a donc inscrit dans une même séance et en se gardant de la moindre emphase une série de mots très simples et dont voici le court catalogue : ramâs (ramasse), ratiiâsé (ramasser), àkaj (encage), àkajé (encager), âpl(tr (ampleur),

S. II

S. Il

appa

affa

adda

assa

anima

aiia

arra

aim

alla

arma

I. Solution provisoire, la seule acceptable cependant, en l'absence de travaux spéciaux sur la question.

àplifyé (amplifier), àplifikasyô (amplification), hatây (bataille), batayô (bataillon), Utyé (côtier), kôlwayé (côtoyer), somèy (sommeil), someyé

(sommeiller).

Certains de ces mots, comparés l'un à l'autre, présentent les mêmes sons, mais selon des positions différentes. Dans aucun cependant, Ve muet

qui termine quelques-uns d'entre eux dans la graphie n'a été prononcé, et l'on a pu dresser le tableau suivant des durées syllabiques '.

Toutes les règles que nous avons établies se trouvent ici vérifiées. Il n'y a pas de longueur absolue frappant certaines syllabes, et celles qu'on peut marquer du signe ~ ne sont telles que par rapport à celles qui les précèdent. La finale de kotyé a une valeur temporelle moindre que celle de ramâs, et pourtant toutes les deux sont longues si on les compare aux initiales. Le graphique indique que dans toute finale, c'est la voyelle qui est l'élément le plus important ; cependant, si l'on considère les tracés des deux mots àkaj et àkajé, on se rend compte qu'une partie de la plus-value de la syllabe qui termine le premier est due à la dernière consonne, car celle-ci n'étant suivie d'aucune voyelle peut s'étendre légèrement, ce qui nous ramène à l'observation de M. l'abbé Rousselot signalée plus haut. D'ailleurs il y a trois sons à prononcer dans un cas contre deux sons dans l'autre et il est légitime que la syllabe la plus complexe soit aussi celle qui dure davantage. Mais ici encore il n'y a rien de constant, comme on peut le voir par la comparaison des mots àplœr et balây.

De plus, dans toute inscription et par conséquent dans les moyennes obtenues, on constate une progression temporelle qui se poursuit jusqu'à la terminaison, sauf trois exceptions qui exigent un commentaire. La première consiste en un léger accident de durée qui frappe la seconde syllabe du mot àplifikasyô. Etant donnée la place de cet accident, il paraît difficile d'en trouver la cause dans le mouvement ondulatoire que nous avons remarqué à l'intérieur des groupes artificiels polysyllabiques. Il suffit simplement de noter qu'il y a là trois sons à articuler, tandis qu'il n'y en a qu'un dans la syllabe qui précède et deux dans celle qui suit : dans une prononciation rapide il

arrive que les divers éléments syllabiques atteignent le maximum de compression à laquelle ils peuvent être soumis, et l'expérience montre que ce

maximum est voisin de 5 ".

Il en résulte qu'on découvre parfois des manières de crêtes temporelles, pour ainsi parler, dont l'existence est conditionnée par la composition

des syllabes qui les encadrent; elles ne se présentent d'ailleurs pas comme un phénomène constant. Quant aux deux mots batayô et someyé, on

remarque que leur syllabe initiale est un peu plus longue que la seconde. Il s'agit ici d'un phénomène connu et que nous avons déjà noté dans les

combinaisons artificielles. Nous savons en effet qu'après un silence la consonne première tend à dépasser en durée la voyelle qui lui est jointe,

comme s'il se produisait une légère hésitation dans l'attaque. C'est pour cette raison que batayô et someyé peuvent être traduits par le schéma vw,

tandis que kôtwayé reste normalement ^^.

S. II

S. III

S. IV

ramâs

ramâsé

àkaj

àkajé

àplœr

àplifyé

àplifikasyô

batày

* batayô

kôtyé

kôtwayé

somèy

someyé

Les chiffres représentent les moyennes de plusieurs expériences.

MOTS FRANÇAIS : COMPOSITION ET DURÉE DES SYLLABES

ramâsœ

âkaja-

batàyœ

Mais l'observation la plus importante est que les mots inscrits, au point de vue de la syllabe finale, sont d'une façon générale l'équivalent exact des groupements factices analogues, à savoir que ramâs est semblable à ata (u), àplifyé à atata (vw), comme àplifikasyô, si l'on fait abstraction de l'accident accessoire, le serait à atatatata (^ywwv^)- Si l'on reconnaît par conséquent que dans un mot la syllabe la plus considérable au point de vue temporel est toujours la dernière, du pioins dans une prononciation non emphatique, et que cette dernière syllabe est en français celle que les grammairiens désignent sous le nom de tonique, on aboutit à cette proposition qu'm français, dans des mots prononcés isolément, toute syllabe tonique porte l'accent de durée, c'est-à-dire qu elle est longue, mais que cette longueur se manifeste selon la loi de relativité que nous avons exposée. Il reste enfin à dire que la syllabe tonique étant la pénultième dans les mots qui se terminent par un e muet, c'est cette syllabe tonique pénultième qui est la plus longue, au cas où \'e muet est réellement articulé, ce qui laisse subsister sans correction la formule que nous venons d'écrire. En effet pour les mêmes mots, dans lesquels la prononciation a laissé subsister la voyelle féminine, on se trouve en présence d'un schéma v^w (cf. tableau).

Cependant il nous faut ici rappeler les règles qu'ont exposées MM. l'abbé Rousselot et Grégoire ' ; elles prouvent une fois de plus que la durée nest pas liée au timbre. Ils ont démontré que si toute voyelle est longue en syllabe finale, elle y diminue d'importance en raison même de la complexité du groupe dont elle fait partie, que la voyelle obéit en syllabe intérieure ou initiale à une progression qui lui impose une valeur temporelle d'autant plus grande qu'elle est plus voisine de la tonique. Une longue tend donc à devenir de plus en plus brève à mesure que s'accroît le nombre des syllabes dont elle est suivie, ou, si l'on aime mieux, plus le mot s'étend, plus son commencement s'abrège. L'abrègement affecte d'ailleurs non seulement les voyelles mais encore les consonnes.

Les expériences auxquelles nous nous sommes livré à cet égard confirment celles de MM. l'abbé Rousselot et Grégoire. Les tracés qui nous ont servi à dresser les deux précédents tableaux sont ceux que nous utiliserons encore, et, afin de pouvoir en même temps examiner les théories de MM. Viëtor, Sievers, Passy et Beyer, nous y ajouterons les inscriptions prises pour les mots pat (patte) ttpàt (pâte), enregistrés dans l'ordre qu'on vient d'indiquer (I) et dans l'ordre inverse (II), àpl (ample), àt (hâte), âtr (âtre), àr (are), àrbr^ (arbre), ha (bat), M (côte), sont (somme). On

reconnaîtra que le sort de la voyelle est différent selon la constitution du groupe auquel elle appartient et la place qu'elle occupe, mais que l'abrègement sur lequel on attire l'attention est toujours quelque chose de relatif et non d'absolu. Les chiffres donnés (cf. ci-contre et p. 54) représentent les moyennes de plusieurs séries d'expériences et représentent la durée du son transcrit à gauche dans une colonne spéciale.

Toutes ces inscriptions, sauf celles de pat et pàt (I et II), qui témoignent d'un mouvement plus rapide, ont été prises dans une seule et même séance. On remarque que dans les monosyllabes (Jit et âtr, àr et hrbr^ la durée de la voyelle s'abrège en raison du nombre des consonnes qui lui sont conjointes. De même une voyelle d'une sonorité définie, tout comme dans les expériences de MM. Grégoire et l'abbé Rousselot, devient brève à mesure qu'elle se fait suivre d'un plus grand nombre de syllabes, la diminution qui la frappe se laissant d'ailleurs déterminer par comparaison et ne se produisant jamais dans des conditions invariables. Par exemple la voyelle nasale à

:. Grégoire. Variations de durée de la syllabe française : La Parole, 1899. Abbé Rousselot. Précis de. pronoimation française, p. 89, et Principes, p. 994-995. 2. Je l'ai prononcé à dessein avec un « : il est plutôt moyen dans le parler courant.

pat I

pàt I

pàt II

pat II

àt

àlr

àr

àrbr

est de 33^'' dans le monosyllabe âpl, elle n'est plus que de 19^5 dans le dissyllabe àploèr, de 12", 5 dans le trisyllabe àplifyé, de 10", 5 dans

àplifihasyô (5 syllabes), et on voit que cette régression est analogue, mais non identique à celle que subit Vô dans les trois mots liôt, kôtyé, kôtwayé. Les voyelles se comportent donc conformément à la règle que nous avons formulée, selon laquelle les syllabes sont d'autant plus longues qu'elles se rapprochent davantage de la tonique.

Les mêmes observations sont d'ailleurs valables pour les consonnes. Le k initial, pour prendre un seul exemple, est de 14" dans kôt, de 10, 5 dans hôtyé, de 10 dans kôtwayé, mais ici la loi peut être altérée par le retard que manifeste quelquefois la consonne première intervenant après un silence. Dans la dernière syllabe également la consonne perd de sa durée quand elle n'est plus terminale. L'^ est de 19", 5 dans ramâs et seulement de 15'=^ dans raindsé.

Ce dernier tableau nous permet aussi de contrôler définitivemenr les opinions communes à MM. Viëtor, Sievers, P. Passy et Beyer. En syllabe finale ouverte, c'est-à-dire dans une syllabe finale que ne clôt pas une consonne réellement prononcée, la voyelle, enseignent-ils, est brève, tandis qu'elle est longue quand elle est suivie par une fricative sonore, avec cette exception que Yr pénultième ou antépénultième n'allonge pas. Or, si Va de àkaj est en effet plus long que celui de ba dans les moyennes que nous avons présentées, c'est là seulement un hasard d'expérience que d'autres tracés pourraient contredire, et les lois de la durée ne sont pas celles que ces phonéticiens ont posées. Ils déclarent que les voyelles ô, à, à, l, œ sont longues, quelle que soit la consonne consécutive : or, s'il est vrai que Va de àpl a une valeur temporelle considérable, comment se fait-il qu'il dépasse de 6" Vô de hôt et qu'il soit inférieur à Va de àr; comment se fait-il que deux séries d'inscriptions du mot pàt (analogue dans sa constitution à kôt : occlusive -j- voyelle fermée -)- occlusive) fournissent les moyennes i8"% 5 et 13" pour le sonâ, tandis que pour le mot àt la moyenne est de 33", 5 ?

De même on ne peut dire qu'en syllabe non finale certaines voyelles restent longues, comme le croient les auteurs précités : il n'y a en effet de voyelle longue, du moins dans une prononciation non emphatique, que celle qui se trouve dans la syllabe tonique et par rapport à celles qui la précèdent. Les règles que nous critiquons ici ont donc le tort de classer les voyelles selon des durées spécifiques et constantes, et recouvrent malles faits auxquels elles prétendent s'appliquer. Quant aux classifications plus simplifiées encore, celles qui considèrent Va comme bref dans pat et long dans pàt, il n'est pas besoin de les discuter aussi longuement. S'il est vrai que la théorie paraît confirmée par quelques exemples, s'il est vrai que â àzns pât (I) est plus long que a à-ans pat (I), que Va dans ramàs, àt, àtr dépasse à dans àrhr, a dans pat (I) et dans ha, que Vô de kôt l'emporte sur Vo de som, d'autres constatations laissent voir que la règle est loin d'être absolue : a dans àkaj est plus long que le même a dans ba, que à dans pàt (I), ramàs, àt ; il l'emporte dans pat (II) sur Va de pàt (II), dans ba sur Va de pàt (I et II) et sur Va de àrbr ; enfin Vo de someyé est l'exact équivalent de Vô de kôtwayé.

I. Il s'agit du premier a, non du second. Ce tableau et le précédent, dans lequel, pour des commodités de composition, j'ai mis à part mes monosyllabes hors série Qml, pat etc.), s'appliquent au même groupe de phénomènes. On s'y reconnaîtra facilement.

àpl

àploèr

àplifyé

àpUfikasyô

ramàs

ramàsè

àkaj

àkajc

kôt

kôtyé

kôtwayé

ba

balày

batayô '

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