‹ L'alexandrin d'apres la phonétique expérimentaleChapitre 64 sur 250 · SI · texte numérisé non relu

SI

(CiW, 19 R.)

6° Le pied de six syllabes dont les 5 premières sont brèves et la dernière longue. Il est infiniment moins fréquent que les précédents, pour les raisons qu'on indiquera plus loin :

De mon aimable erreur je fus désabusé.

Comme il faut calculer la marée et le vent !

lllô

ne

ma

hier

fu

lie

:^fl

yj

{Bér.

Ko

mil

kal

lé

la

ma

re

va

vy '-z ^^ ^y t^y __ \-/ iw/ „ v-* >^ .^

(P. G., 36 R.) Nous n'avons pas rencontré plus d'une dizaine d'exemples dans tous les vers inscrits et les altérations sont pour ainsi dire de règle.

72 l'alexandrin français

7° Le pied de sept syllabes dont les six premières sont brèves et la dernière longue. Il paraît ne se rencontrer que dans des cas exceptionnels, car je ne l'ai constaté qu'une fois, et cela dans l'un des vers inscrits pour l'étude de l'enjambement :

j'ai déjà

Su comment votre main divine protégea. . .

Su ko ma vo trtÈ nié di vi n(œ) pro te ia 53 13 15 16 18 18 27 67 22 21 21

{Eiij., I, 2.)

8° On peut aussi concevoir un pied de huit syllabes dont les sept premières seraient brèves et la dernière longue, mais je n'ai jamais pu le reconnaître à l'état pur et les mensurations faites ne le laissent pas apercevoir. Il se peut cependant qu'à un moment donné, et dans telle prononciation qu'on peut supposer, il apparaisse au milieu des groupes qu'on a déterminés : mais ce n'est jamais qu'un fait extrêmement rare, si bien que le pied de huit syllabes appartient plutôt au domaine de l'hypothèse qu'à celui de la réalité.

Cette première série de membres rythmiques a été assez bien définie par les différents métriciens, soit que, comme Pierson, ils aient accueilli l'idée d'un rythme temporel, soit que, comme Clair Tisseur et d'autres avec lui, ils aient cru que seul l'accent d'intensité marque les coupes du vers. L'abbé Scoppa distingue déjà la plupart des pieds dont nous avons donné des exemples. Lubarsch, dans sa Franzpsische Verskhre admet l'existence de l'iambe, de l'anapeste et du péon, suivant les classifications déjà présentées par Ackermann '. Clair Tisseur et Becq de Fouquières constatent la réalité de ces mêmes groupements que le premier considère comme les éléments les plus parfaits de l'harmonie.

Pourtant, chez presque tous les critiques, il faut signaler plusieurs erreurs. La première consiste à ignorer généralement le monosyllabe long et le membre de cinq syllabes, afin de donner quelque vraisemblance à la théorie du vers numérique, théorie dont il sera parlé ultérieurement, et selon laquelle l'alexandrin serait basé sur le nombre 12, de telle sorte que chacun des fragments constitués par l'accent doit pouvoir diviser ce nombre parfait. La seconde consiste à admettre que les pieds de six, sept (et huit) syllabes se rencontrent couramment, illusion partagée par tous les spécialistes, et dont les livres de Clair Tisseur, de Becq de Fouquières et plus récemment encore de M. Braunschvig ^offrent des preuves abondantes.

Enfin il est toute une nouvelle série de membres rythmiques qui a échappé aux métriciens, et cela presque sans exception.

Aucun d'eux pour ainsi dire, sauf l'abbé Scoppa et Clair Tisseur > qui admettent l'existence de trochées, formation très rare selon ce dernier auteur, ne se rend compte que chacun des groupes précédemment déterminés peut se faire suivre d'une syllabe brève composée d'une consonne et d'un e muet. Cependant l'on constate dans les vers les combinaisons métriques suivantes :

1° Longue -[-brève (~ ") :

Porte, porte chez lui cette mâle assurance... Rome obser\e aujourd'hui ma conduite nouvelle.

Por tœ por te ee Iwl se t{œ) mal a su là sœ

— \j 4*^ — \j \j — V — \j \j -^ yj

1. Ackermann, Traite de l'accent appliqué à la théorie de la versification . Paris et Berlin, 1843.

2. Cf. en particulier Braunschwig, op. cit. On trouve à la p. 39 le tableau qu'il dresse des formes rythmiques que peut revêtir l'alexandrin. Il admet sans réserves les formations 6 + 6 et 8 + 4.

3. Tout récemment M. Landry (L« rythme du français déclamé, p. 225) a noté lui aussi ces groupes croissants-décroissants.

Ro

op

ser

Ib

VO

jur

dwi

ma

dïbl t(œ)

nu

{Bér.

2" Brève + longue + brève ( "^ ^) :

Cette grandeur sans borne et cet illustre rang... Le peuple — j'en ai fait le compte et c'est ainsi !

Se

^rà

dàr

se

lus

trœ

pla-

ne

is

3° Deux brèves -j- longue -|- brève ( "^ " '^) ;

Ce ne sont que festons, ce ne sont qu'astragales. Que remplir votre poche et vous enfuir après !

4° Trois brèves -|- longue -j- brève ( "^ ^ "^ ^)

Le siècle ingrat, le. siècle affreux, le siècle immonde. Pluie ou bourrasque, il faut qu'il sorte, il faut qu'il aille.

{Ci,,., II, 3 C.)

Wâ?

sô

^fli

?ra ^a

Ap

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