CINNA, IL
Cet empire absolu sur la terre et sur l’onde,
Ce pouvoir souverain que j'ai sur tout le monde, Cette grandeur sans borne, et cet illustre rang, Qui m'ont jadis coûté tant de peine et de sang, Enfin tout.ce qu'adore en ma haute fortune D'un courtisan flatteur la présence importune, N'est que de ces beautés dont l’éclat éblouit,
Et qu’on cesse d’aimer sitôt qu’on en jouit.
L'ambition déplaît quand elle est assouvie, D'une contraire ardeur son ardeur est suivie,
Et comme notre esprit jusqu’au dernier soupir, Toujours vers quelqu’objet pousse quelque désir, Il se ramène en soi n’ayant plus où se prendre, Et monté sur le faite il aspire à descendre.
PPIGID UE