AUS 0 SR
Dans la prononciation de certains acteurs, surtout dans celle d’une illustre comédienne, M"° Sarah Bernhardt, cette position du temps marqué est particulièrement sensible à l'oreille. Généralement cependant la syllabe féminine qui termine un groupe rythmique manifeste une dépression de la force articulatoire.
Les pieds qui constituent la nouvelle série dont il s’agit présentent la composition ci-après :
1° Forte +- faible A4. C'est le trochée d’intensité. Ce membre métrique, comme tous ceux que nous allons énumérer, peut être séparé de ceux qui l'entourent par une pause. Il peut aussi ne pas l’être et se laisse, même alors, facilement reconnaître, selon un critérium que nous exposerons. On notera cette combinaison trochaïque dans les deux vers suivants :
Porte, porte chez lui cette mâle assurance.
Donc vous n’avez ici pas d’autres intérêts.
Pôr tæ por tæ ce livi “ue Kæ) : mél. a su râ s@
A A A A (CM NNTICS)
Di kœ vu na ve x si pa dô træ zê le rè
2° Faible — forte + faible à A4 Ainsi que la vertu, le crime a ses degrés.
Ou quelque flûte au loin!... Car la musique est douce.
E si kœ la ver ti læ kri mæ a se dæ ore à 50-130 40-45 90 90 100 120-105- 115 120-100 65 35 65 I15 150-155 A h = 0m160 A 715 A
(XXII, H 2e.)
U kel kœ flut 0 luwvè Kar la mu zik e du sœ 35 50 90 90 80 85 90-25 30 30 30 50 40 45 35 A À 752 A A
(Hern., 28 E.) 3° Deux faibles + forte “ faible à à Aa :
IL se raméne en soi, n'ayant plus où se prendre. Comme si votre roi n’était plus qu’un fantôme...
Il sœ ra mèn d swa na ya pli zu sœ prâ dræ so 95 105 140 90 60 130 130 75 145 95 130 245-225 10 A AŸ4I À LA A
(Ci PT ee)
træ rwa ne Le pli 135 40 25 90 90 100 A A
4° Trois faibles + forte +- faible aaaAa :
Pur plèr
E Ja
Pour plaire à votre épouse, il vous faudrait peut-être. . Et Jeannie en pleurant l’appelle; et leurs pensées...
tre pu z@ il vu fo A 136 plæ râ la pl e lœr 55 30 20 30-5 5 10 A ASE
5° Quatre faibles + forte + faible as aaAa :
5 le 110 80 À Le flo 43 125-135 À
La
Il est nuit. La cabane est pauvre, mais bien close. Les flots le long du bord glissent, vertes couleuvres.
ka ba ne pô 40 50 90 145-85 A du bôr gli sœ ve CE 108 140 60 30 A
Les graphiques ne présentent aucun exemple, à l’état pur, de membres métriques plus étendus.
vræ
fa tô 1 55 90-55 20 À (R. B., 20 E.) pæœ lè 1ræ 135 150-115 95 A
(Andr., 16 A.)
Se œ 75-50 35 A (BG 42212) me byè klô z(æ) 115 5 60 105 A A (P.G.;1E.) ku (12 vræ 90 50-20 20 À (P. G., 38 B.)
Jusqu'ici les groupements d’intensité que nous avons classés sont rigoureusement semblables aux divisions temporelles et musicales du vers. La correspondance est encore exacte au point de vue de la fréquence, les pieds les moins complexes étant ceux qui se rencontrent le plus souvent. Cependant l'intensité se sépare de la durée, mais se comporte comme l’acuité, dans toute une série de formations rythmiques que l'analyse des
tracés permet de reconnaître, sans qu’on puisse dans l'articulation découvrir la moindre emphase. Il y a donc lieu de constater, au point de vue du dynamisme potentiel, une troisième série de combinaisons métriques.
L'enquête préliminaire à laquelle nous nous sommes livré a en effet prouvé que, quand il y a fin de phrase ou chute de sens, l'accent d'intensité
du dernier groupe rythmique, au lieu de demeurer à sa place ordinaire, remonte normalement d’une ou plusieurs syllabes. C’est là une loi générale de la prononciation française, et le vers, pas plus que la prose, ne saurait s’y soustraire. Plusieurs cas peuvent donc se présenter.
1° La/syllabe qui termine la phrase est masculine et le temps marqué tombe sur la pénultième. Le membre métrique ainsi constitué est de tout point semblable à Pun de ceux qui figurent dans notre seconde série, sauf que la finale faible ne comporte pas d’e muet. Ce vers où se clôt un sens :
Livrait à l’univers le reste de mes jours,
est identique par ses deux dernières syllabes à cet autre sur lequel le sens se suspend :
De quoi qu’en ta faveur notre amour m'’entretienne...
On trouve en effet ces chiffres :
Li Uré ta lu ni vêr læ 100 80 20 135 100 65-40 10 A A Dœ kwa ka ta fa vœr no tra 60 ÿ 210-60 55 40 40 55 40 60 A À A
nur A
in
deæ mé iur 20 80 55-2 AN (Bt a2rC:) træ Lyè nœæ 65 55 80-75 30 AN (Cid, 25 J.)
2° La syllabe qui termine la phrase est féminine et l’accent tombe sur l’antépénultième, c’est-à-dire sur la syllabe qui précède immédiatement celle que les grammairiens nomment tonique. Le groupe rythmique ainsi constitué n’a plus rien de commun avec ceux que nous avons rencontrés, puisque deux faibles succèdent à la forte. Celle-ci peut d’ailleurs être la première du groupe ou se faire précéder d’articulations moins énergiques
Et monté sur le faite, il aspire à descendre. Un autre était chargé de l’empire du monde.
PNEUS.) té sur læ fét î las 110 ET TO 165 65 180 130-190 65 105 À À 26 F nÔ tre le car fé de 1 65 95-40 25 55 60 90 65 80 A À
de na dræ 185 175-5 25 À
(Cin., Il, 14 C.)
mû dæ 25-10 10
(Bér,11C) *
3° La syllabe qui termine la phrase étant masculine ou féminine, l’accent remonte de deux ou trois syllabes avant celle que les grammairiens nomment tonique. La forte est donc suivie de plusieurs faibles sur lesquelles s’opère la descente de la voix après que le point d'énergie maxima du
groupe a été atteint.
ù Vous vous abandonniez au crime en criminel.
Couronner tour à tour l’esclave et la princesse. * # Lore. — L’alexandrin. ; E
298 L’ALEXANDRIN FRANÇAIS Vu vu za bà do nyé xo kri me â kri mi nél 95 75 105 120 105 75 130 145 140-65 25 45 65 : 40 30 À A A 48 A |
(Andr., 4 À.)
Ku ro né tu ra tr les klav e la prè sè sœ 100 70 70 55 55 120-50 105 45 105 85 85 55-10 20 A A A A
(Andr., 13 A.)
En résumé les combinaisons rythmiques dues à la position des accents dynamiques dans le vers sont les suivantes :
IY€ SÉRIE 2© SÉRIE Ft Aa (trochée d'intensité) A (iambe d’intensité) a Aa à à À (anapeste d’intensite) aaAa aaaA (péon d'intensité) AaaAa A144À AAAAAa A41444A
3° série. Elle résulte de la modification, dans les fins de phrase, de l’un des pieds précédents autres que À et A4, par suite du déplacement du temps marqué. Tout porte à croire que l'accent, quand il remonte de plus de deux syllabes, accomplit ce mouvement par suite de l’effort oratoire, que par conséquent le phénomène n'existe plus à l’état pur et que ses conditions sont complexes. On notera que les chutes de sens introduisent dans le vers français des rythmes descendants tels que le dactyle A14. Nous avons vu se produire le même fait lorsque nous avons étudié les hauteurs musicales; l’analyse des durées au contraire ne nous offrait rien de semblable.
Toutes ces formations cependant ne sont point particulières à lintensité potentielle. L'intensité brute ou intensité-travail connaît les mêmes combinaisons, et il suffira pour nous en convaincre de nous reporter aux quatre vers que nous avons transcrits au début de ce chapitre (XXIV, K 2° — XXII, G 2° — Cin., 17 C — Hern., s A). Nous ÿ rencontrons les pieds À (di : Hern., 5) à À (mæsyæ : XXIV) 14 (iu Pari : XXIT) qui figurent dans notre première catégorie. En voici d’autres qui appartiennent à la seconde : Aa (pôriæ: Cin., 1,7) à Aa (si eédæ : XXIV),4 à Aa (dæ Rodrisæ : XXID). Il est inutile d’allonger ce catalogue en donnant de nouveaux exemples. On y retrouverait, mesurés seulement par le calcul des amplitudes, tous les membres métriques qui subsistent encore, une fois que la réduction des chiffres obtenus a été opérée d’après les indications des acuités et des timbres. D’autres alexandrins feraient également apparaître le traitement spécial des fins de phrase.
Nous nous contenterons de signaler ce cas : | |
Qui rayonne à travers ce crépuscule obscur.
Ki re yon a tra vêr sæ kre pus #9 Ware lop shkur Ci) on) OT j 8 8 10 7 17 41 0 2 7 A A A (CPICGERIE")
Ici, l'idée étant achevée, la voix s'affaiblit de plus en plus jusqu’au moment où elle s'éteint, et le groupe rythmique, qui devrait être s’il y avait