‹ L'Alexandrin Français: D'après la Phonétique ExpérimentaleChapitre 204 sur 282 · INTENSITÉ MAXIMA : MOYENNES DES MORCEAUX ENREGISTRÉS · texte numérisé non relu

INTENSITÉ MAXIMA : MOYENNES DES MORCEAUX ENREGISTRÉS

Il faut comprendre que pour le morceau d’Hernani, dit par A, le temps marqué maximum de chaque vers est entendu en moyenne à 86", que dans le morceau d’Andromaque, dit par le même sujet, il atteint 154" de distance d’audition, et ainsi de suite.

Ce catalogue prouve que si les hauteurs musicales et les intensités sont le plus généralement concordantes, elles ne sont pas absolument liées à la /production des mêmes effets. Les différences avec les acuités, sans être nombreuses ni très graves, sont cependant notables. S'il s’agit par exemple de l'élévation de la voix, le fragment de Cinna, I, l'emporte sur celui du Cid chez C, mais le rapport est inverse au point de vue de l'énergie déployée. Chez E, les Pauvres Gens réclament le registre le plus bas, mais la force la plus grande ; chez J, Bérénice demande une mélodie plus aiguë, mais une dépense de force plus faible. Il n’est pas jusqu’à « qui ne montre un certain désaccord entre les hauteurs musicales et le dynamisme articulatoire. Mais en somme les divergences sont limitées aux cas que nous venons d’énumérer, et le plus souvent il y a accord.

Naturellement tous les sujets n’ont pas compris leurs textes de la même façon, et les divers morceaux inscrits ne se classent pas chez eux d’une manière identique. On n’est pas cependant sans découvrir dans toutes ces déclamations quelques traits communs, et, d’autre part, plusieurs faits parlent assez clairement. Un certain nombre d’indications sont à retenir.

C’est dans les fragments enregistrés d’Hernani et de Bérénice que la voix, en moyenne, a été le moins intense. On en saisit facilement la raison. Le premier de ces deux passages a été dit par trois personnes différentes, A ER, et nous pouvons éliminer R, puisque nous avons déjà vu, à propos des durées et des hauteurs musicales, que son débit a des caractères tout particuliers et laisse apercevoir une émotion d’une nature originale. A et E au contraire sont d’accord ; ils ont parlé doucement, selon ce qu’exigeaient les sentiments exprimés par le texte : dans le recueillement de la nuit, dans la ferveur d’un amour profond et tendre, les alexandrins se modulent sans violence, et les mouvements de passion, quand ils existent, restent tempérés. La scène tout entière est enveloppée dans une atmosphère de bonheur et d’intimité qu'aucun sursaut ne va troubler.

Il en est de même pour le morceau de Bérénice. Titus, au moment de quitter la princesse qu’il adore, ne lutte plus : il succombe. C’est une plainte, presque une lamentation qu’il exhale ; les mots tombent, mornes et douloureux, comme assombris par la tristesse. Ici, plus qu'ailleurs, les éclats de voix, les cris feraient contre-sens et témoigneraient d’une énergie que le désespoir de Titus ne permet pas d'admettre. En d’autres termes, la mélancolie et l'abattement provoquent une dépression dans l'intensité articulatoire, et l'émotion que nous venons de définir, loin d’être dynamogène, est tout justement le contraire.

Les fragments du Cid, de Cinna, I et de Cinna, I], appellent d’autres observations. Dans le premier, le sujet x fait surtout prédominer l’expression élégiaque, mais C et J sont d’accord pour rendre par des intensités fortement marquées la volonté de Chimène, la résolution qu’elle a prise de venger la mort de son père. La parole devient alors pesante et solennelle afin de traduire le calme d’une décision inébranlable. Pour C, ce passage lemporte donc sur la majesté calme de Cinna, II, et même sur l'enthousiasme ardent dé Cinna, I. Mais ce dernier fragment présente cependant une énergie moyenne relativement considérable, à laquelle on peut comparer l’eflort déployé par À quand il a déclamé les invectives d’'Hermione.

Restent enfin les deux morceaux de Ruy Blas et des Pauvres Gens. Dans le catalogue dressé par nous, ils n’apparaissent pas comme possédant un caractère très net. Si l’on se souvient cependant que R débite le duo d’Hernani avec une force inconnue aux autres sujets, on pourra reconnaître que les paroles véhémentes du laquais, devenu ministre, réclament chez lui une intensité moyenne assez importante, dépassée d’une façon un peu inattendue dans la bouche de E par le début du poème de la Légende des Siècles. Ceci encore n'est pas inexplicable et la différence des registres sufht à rendre compte de l’anomalie constatée. Le monologue de Rwy Blas est en effet prononcé sur des notes beaucoup plus aiguës que le passage enregistré des Pauvres Gens. À hauteur égale, nul doute que le premier ne l’eût emporté.

Ainsi donc, la classification, qui résulte des calculs consignés dans le précédent tableau, est satisfaisante. Elle concorde avec les observations présentées au cours de ce chapitre, et l’on ne doit pas oublier que les comparaisons ne doivent pas être faites au point de vue absolu. Elles sont valables seulement de sujet à sujet, tel fragment ayant demandé une énergie plus grande que tel autre chez C d’abord, puis chez J. Il ne saurait être question, pour des raisons indiquées ailleurs, d’opposer directement des intensités maxima moyennes à d’autres intensités maxima

Lote. — L’alexandrin. 44

moyennes, de dire par exemple que x a articulé le texte du Cid qui lui était proposé avec la même énergie que E le texte d’Hernani. Ceci n'au-

rait aucun sens.

Ces considérations n’épuisent pas la matière. Tous les alexandrins ne contiennent pas soit un termeexclamatif, soit un mot important qu'il faut faire ressortir. Aussi bien, la prédominance de l'accent peut-elle dépendre d’une autre cause : la constitution même de la période. On sait en effet que dans le médium de la voix il y a renforcement de l'articulation quand il y a suspension de sens, affaiblissement au contraire quand il y a conclusion. Lorsqu'il s’est agi des acuités nous avons posé cette loi : toutes choses restant égales par ailleurs, le temps marqué le plus aigu du vers est celui qui coïncide avec la coupe suspensive la plus forte, le fait se constatant toutes les fois que le texte ne laisse place à aucune divergence d’appréciation entre les sujets, et toutes les fois qu'aucun mouvement pathétique ne vient troubler le rapport normal des membres de phrase.

Théoriquement, et souvent même en fait, la règle est semblable dans l’ordre dynamique. Soit par exemple cet alexandrin qui termine l’une des périodes du Cid :

Je ne t’accuse point, je pleure mes malheurs.

Les deux sujets C et J sont unanimes. Nous transcrivons la déclamation de C :

Jæ n(œ) ta ku : 7(œ) piè jæ pl& r(œ) me ma l@r : 14 8 9 8 22-20 15 20-9 20 13 8 A À 746 A A 95 50 so 45 220-190 105 145-55 145 95 30 A AN À À

Le cas est caractéristique, et les intensités, brutes ou potentielles, sont d’accord avec les hauteurs musicales ; les deux hémistiches s'opposent et sé répondent; la coupe principale ne tombe ni sur accuse, ni sur pleure, mais bien sur le mot point qui supporte l'accent le plus fort. La voix diminue au contraire d’ampleur sur les derniers groupes rythmiques qui terminent réellement le sens.

A côté de ce vers nous placerons le suivant :

Regarde. Plus de feux, plus de bruit. Tout se tait (Hern., 9.) On comparera deux dictions différentes :

Rœ gar dæ Plu de f& plu dæ brivi Tu Set PEER 3 ATMEET S 4 13 9 11-7 7 8 8 11-7 I1-9 8 8-8 VAN AT A AN 9 20 À AL UTN AA 25 15 4 35 40 25-40 10 20 $ 5-40 20-40 30 20-45 A A A A A Res 13 6 23 LA 14-11 40 . 21 18 9 17 16 TI A ADR 1352 149 FA * 82 90 95 15 140 150 155-70 LORS 110 50 90 85 55

INTENSITÉ MAXIMA : SUSPENSIONS DE SENS, CONCLUSIONS ET SCHÉMAS MÉLODIQUES 347

C'est une énumérätion à plusieurs termes, où les audibilités sont d’ailleurs déterminées par les acuités et les timbres qui modifient parfois les indications données par les amplitudes. De telles combinaisons, nous l'avons vu, peuvent être traitées de façon différente, certains membres étant considérés comme suspension, d’autres comme conclusion. La coupe principale varie donc au gré des sujets. Dans bien des cas, comme dans celui- -ci, on ne peut préjuger, avant d’avoir procédé à une inscription, de la place où tombera l'accent le plus important. Comme dans l’ordre musical, on le peut d'autant moins que souvent la voix s'empare de certains mots auxquels elle fait un sort, en leur accordant un relief qu’ils ne paraissent pas mériter : alors la suspension de sens ne produit pas l'effet qu’on pouvait escompter. Pour reprendre un vers déjà cité, nous donnons cet exemple : |

Cet empire absolu sur la terre et sur londe, (Cire)

On attendrait que l'intensité la plus forte se manifestàt sur le dernier groupe rythmique, la voix devant faire attendre le verbe qui va suivre. Cependant C accorde au premier membre métrique une intonation soutenue et le met en valeur :

Se ia pir ap 50 lu sur la tèr e sur 16 dæ

12 47 7-10 ù 15 16-13 I II 16-10 13 10 14-12 5 A À A A A

110 220 SO-II10 55 145 110-90 75 80 115-80 110 60 130-115 20 À ; A mA À A

Comme dans l’ordre musical encore, il y a parfois une certaine difficulté à reconnaitre pratiquement les suspensions de sens et les chutes de phrase. Le texte n’est pas décisif, car la ponctuation est à chaque instant modifiée par les sujets. Il ne semble pas d’autre part que l'accent d’intensité, quand il remonte d’une ou deux syllabes, suffise à lui seul à produire limpression d’une conclusion. De plus, si l’audibilité ‘ conserve sa position ordinaire tandis que l’acuité marque une fin certaine, il ne semble pas non plus que cette audibilité contrebalance l’effet mélodique constaté. Force est donc, dans tous les cas, de juger d’après les hauteurs musicales. Mais alors nous retombons dans les incertitudes signalées ailleurs à propos des mouvements mélodiques, et nous tranchons d'après les principes exposés dans les deux chapitres où la question est plus amplement

discutée.

Mais revenons à notre objet. Nous avons vu que le vers français, du moins à notre époque, ne connaît pas de place privilégiée où doit tomber nécessairement l'intensité principale. Celle-ci est conditionnée — théoriquement du moins —, en l’absence des phénomènes pathétiques déjà

classés, par la structure de la période et par les coupes du texte. Il ne s’agit plus ici à proprement parler des membres rythmiques, mais de fragments moins réduits où tel accent peut dominer une série de plusieurs autres. Ces fragments eux-mêmes peuvent être d’étendue diverse, s'opposer en mouvements de inforzando ou de decrescendo, l’affaiblissement de l'effort articulatoire commençant aussitôt que le point culminant a été atteint, et s'opérant de plus par échelons, selon les temps marqués du vers. Il en doit donc résulter des modulations d’une grande variété qui donnent à la poésie une partie de son harmonie en faisant se succéder, selon des rapports toujours nouveaux, des périodes de force croissante ou décroissante.

Nous avons vu que ces oppositions basées sur le sens se manifestent d’une façon assez régulière au point de vue musical, sauf accidents dus à l'effort oratoire ?. On ne serait pas sans trouver des exemples semblables dans l’ordre dynamique; ou, si l’on veut et en d’autres termes, il arrive que les longues phrases mélodiques, embrassant plusieurs accents, se doublent de phrases semblables à caractère intensif, si bien qu'entre les acuités et l'énergie déployée il y a concordance et parallélisme. On pourrait classer comme suit 5 toute une série d’alexandrins en indiquant schéma-

. Elléne le fait, nous le montrerons, que sous l'influence de l'emphase.ou du timbre. ©: de FE SV aussi que tous les sujets n’aperçoivent pas toujours les mêmes effets et ne éomprennets pas le texte de sembla ble façon. 3. Cf. p. 228, note 1.

348 L'ALEXANDRIN FRANÇAIS tiquement le dessin constaté, Pour le premier cas, nous donnons d’abord les amplitudes, puis les audibilités. Ensuite, ces dernières suffiront jus-

qu’au développement par lequel nous terminerons cette partie de notre discussion. 1° Le crescendo de la voix est terminé à l’intérieur du premier hémistiche, et le decrescendo remplit le reste du vers. Cet aflaiblissement de l'effort

articulatoire se fait, comme il faut s’v attendre, par le moyen des temps marqués qui diminuent progressivement de valeur ù ; Y 5

De servir, serviteurs qui pillez la maison.

se? 12-17 sel Da II 110-90 9 vi à $ 80 A 55 12 t@r 80 TS 14-14 ki 95-90 9 pi A 40 9 yé 40 TT la Dos) 10 me A 6er II 7x0 $ A 55 13-72 TS-I (R.B., 3R.)

Ici la disposition définie est très claire et elle concorde au point de vue : la distance auditive et du travail fourni, pou É fortes amplitudes

du dernier groupe rythmique sont uniquement causées par l'extrême gravité des voyelles prononcées. 2° Le crescendo de la voix est terminé par la syllabe de l’hémistiche et la voix descend ensuite par degrés jusqu’à la rime. Il y a pour ainsi dire

équilibre entre les deux parties de l’alexandrin :

Je me dois, par ta mort, montrer digne de toi.

nor

la 410-275 mû par 290 A 310 tre diva 140 310 “di ÿ(@) mæ 140 340-85 A 195 dœæ Ja 235 A 95 tva 115 A 10 15-3 (Cid, 28 C.)

3° L'opposition est analogue à cellé du premier exemple, mais en sens inverse. Ici le renforcement de la voix, commencé avec la première syllabe du vers, déborde sur le second hémistiche, et les accents sont d'énergie croissante, tandis que le dernier membre métrique est moins fort :

Les flots le long du bord glissent, vertes couleuvres ;

INTENSITÉ MAXIMA : SUSPENSIONS DE SENS, CONCLUSIONS ET SCHÉMAS MÉLODIQUES 349

gli bor 140 sœ du 105 A 60 ver 16 95 30 tœ læ 65 30 ku fé 65 90 læ

Le 125-135 A 50-20 Urœ

Le vers est intéressant parce que l’acuité des trois temps marqués est la même (280 v. s.). Il y a donc une de ces suppléances dont nous avons signalé plus haut la possibilité, et l’effet que se propose le sujet est très évident : il veut rendre la rapidité et la violence de la vague. L’affaiblissement brusque de la puissance articulatoire qui se note à la fin de l’alexandrin fait contraste avec le choc de la septième syllabe. Les déclamations de Eet R au contraire ne laissent pas apercevoir les mêmes intentions.

4° Le crescendo de la voix peut commencer avec le début du premier groupe rythmique et se terminer avec la rime, sans être contrebalancé par aucun groupement de force décroissante. C’est qu’alors la plus forte suspension de sens coïncide avec la rime, ou bien qu’il y a une gradation

pathétique produisant le même résultat :

Mais voyez, regardez, ayez quelque pudeur.

dr pu 165-55 kœ 140 A Ÿ22 kel 125 | ye 130 € 130 A dé 90 ga I10-55 1@ 50 A 133 yé 55 vwa 70-45 A Me 35 75 7 28 79 A (R.B., 10 E.)

5° Le vers peut se partager en deux phrases ascendantes à sommets rarement égaux, le point culminant de chacun étant déterminé par une coupe

du texte :

Aux yeux de tous les Grecs indignés contre vous :

Grék , vu le 85 træ 120-70-65 tu 80 A kô 105 A dæ 40 ué 65 v& 30": F æ O 25 80 ê 50 265 DE: TA 30 À (Andr., 31 À.)

Ici les deux crêtes qui terminent le premier et le second hémistiche, auxquelles les autres accents restent subordonnés, sont proportionnelles à la

suspension du sens.

6° Inversement, mais moins souvent, deux périodes décroissantes sont possibles si l’alexandrin contient deux conclusions ou deux membres de

phrase traités comme conclusions. Ou bien la ou les périodes d’affaiblissement peuvent se terminer à l’intérieur du vers, une période de crescendo

commençant ensuite pour finir avec la rime. Les exemples seront :

Bon appétit, messieurs! — © ministres intègres ! Bo Ô 105 na 125-200 mi J | A 45 pe A 75 mis 55 H 100 trœ 65-50 me A 60 C A 45 sy® 80 tè A ÿ 10-5 A 25-10 græ 760 20 f CRAB OR) C’est la mère. Elle est seule. Et dehors, blanc d’écume, kum Se e de 105 11 so la 35 le bla 65 A 55 A 30 mêr 70 sœl rœ 65 :

AO A6 À 60-35 41 Ô 65 de 95-35 Le e 80 A ;

7° Ajoutons enfin et pour mémoire que les reliefs de mots pathétiques ou Roue peuvent amener eux aussi des dessins logiques dans

ae des divers éléments du vers. Il suffira de citer :

INTENSITÉ MAXIMA : SUSPENSIONS DE SENS;- CONCLUSIONS ET SCHÉMAS MÉLODIQUES 351

DEVRA Quelle honte pour moi, quel présage pour elle. HART CIN

ü {(æ) À a j(æ) / læ 200-205-195 mwa - pre 250-250 rè. (læ) Ra Ventes . pur 1$ 30-130 kel 245 à Pepe. 120 125 à =: 2°70 ALES 0) 145 BASS EAS

(Bér., 23 C.)

Nous avons mentionné à propos des sacuités l’opinion de Becq de Fouquières ‘ : « La période mélodique, dit-il, correspond exactement à la phrase logique. De même que celle-ci peut se composer d’un ou plusieurs membres de phrase, de même la période peut se composer d’un ou plusieurs membres. Dans toute période mélodique, si lon considère les syllabes les plus hautes de tous les membres, la plus haute sera celle du membre dans lequel se concentrera avec le plus d'énergie la pensée exprimée, et les hauteurs relatives des autres seront proportionnelles à leur importance relative. » Nous avons fait observer que, dans le domaine musical, seuls l'effort oratoire, la négligence ou l’érreur des sujets pouvaient troubler le rapport défini.

On pourrait croire, d’après les alexandrins précédemment transcrits, que dans l’ordre dynamique la même loi est valable dans les mêmes limites. Cependant l'intensité n’opère pas toujours avec la sensibilité que laisse apercevoir le régime des acuités. Il est parfois impossible au diseur d’escompter d’avance, d’une façon sûre, l’effet qu’il veut produire.

Les causes de cette impossibilité nous sont connues. D'abord, involontairement peut-être de la part des sujets, mais sans que les tracés laissent un doute sur le fait, l'influence de certaines consonnes rend l'effort beaucoup plus facile à telle place qu’à telle autre. Par suite l’audibilité v est plus grande sans qu’il y ait à proprement parler suspension de sens plus importante. Le manque d'équilibre logique, s’il n'est pas constant, est

cependant assez fréquent. En voici un exemple :

Que peut-on refuser à ces généreux coups ?

Kœ pœ 1ô rœ fu zé ra se je ne rc ka 300 300 340-320 260 320 320 260 340-380 200 300 300 200 280 260 280 240 280 200-160 O O e O 18 19 20-19 17 10 17-8 6 7 Lo) 8 9 12-8 À A A A AN 130 145 185-170 120 55 165-55 30 40 65 so 55 20-10 À A À A A Ù (Andr., 30 A.)

Le vers se partage régulièrement en deux parties : une ascension de la ligne musicale, puis une chute réclamée par la terminaison de sens : les acuités se conforment aux indications du texte, et le point culminant est atteint à la césure. Au point de vue des intensités, le prémier hémistiche doit retenir-notre attention. Les deux syllabes aiguës sont la troisième et la sixième ; les tranches de force, dans chacune d’elles, sont de 340 v. s.; cependant le premier temps marqué est plus énergique que le second, ce que font ressortir à la fois les amplitudes et les distances d’audition. Aucun eflet littéraire ne commande le rapport constaté, bien au contraire. Il y à au phénomène une seule explication ::le ? projette plus énergi-

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