COMBINAISONS FACTICES : DURÉE DES VOYELLES
attribuer les variations du temps, dans ces deux dernières séries d’expériences, à un mouvement rythmique qui s’est fait sentir à l’insu de l’expérimentateur, et qui frappe le dernier monosyllabe du groupe. En résumé cette première partie de l’enquête confirme pleinement les résultars auxquels était arrivé M. l’abbé Rousselot dans l’étude de son patois : « Je comparai les différents tracés, écrit-il ‘, et je fus frappé du désaccord complet qui existe entre la durée des sons et l’idée que je m'en faisais. Des voyelles que je croyais toujours longues sont souvent brèves ; d’autres, où je ne voyais que des brèves, depassent souvent en durée celles que je considérais comme longues. »
Mais comment ces mêmes voyelles se comportent-elles dans les mots ? Deux voyelles de même timbre ou de timbre différent placées l’une au commencement, l’autre à la fin d’un mot sont-elles semblables, manifestent-elles des variations qui ne sont soumises à aucune loi, ou peut-on déterminer ün rapport quelconque entre la première et la seconde? Pour le savoir on a composé des groupes artificiels dont les divers éléments étaient connus par les expériences précédentes, sauf la consonne dont il sera parlé plus loin.
Les voyelles examinées ont été 4 et 4, éet é, à et 6, & et & et elles ont été inscrites un certain nombre de fois consécutives dans les groupes : 414, té, dtà, àt4, été, été, été, èlé, dtd, 616, 610, 016, dt&, dt, dit, &tæ. Il était inutile d'étendre plus loin l'enquête, car il est évident que si toutes ces combinaisons présentent des caractères identiques, on en peut légitimement conclure que sf par exemple se comportera comme elles, et d’ailleurs le premier tableau a démontré qu’il n’y a pas de différence de nature entre les voyelles moyennes, ouvertes ou fermées. On a obtenu les résultats suivants où les durées moyennes ont été établies dans chaque groupe, d’abord pour la première voyelle (V. 1), puis pour la seconde
On voit que partout, et quel que soit le timbre, la dernière voyelle est la plus longue. A vrai direelle n’a pas une durée constante, malgré l'opinion de Brücke cité par Sievers ?, qui soutenait que la valeur temporelle des voyelles habituellement longues, n’étant jamais dans un rapport du double au simple avec les brèves, présentait du moins une proportion de $ à 3. L’écart entre la première voyelle et la seconde n’est en effet assujetti à aucune règle fixe, et l’on peut s'étonner que la différence, relativement assez considérable quelquefois, soit ailleurs toute minime. J'ai recommencé plus tard la même enquête sur le groupe 66 et j'ai alors obtenu une moyenne de 8% pour le premier 6 et de 38“ pour le second. Je ne puis expliquer ce fait que par l'état de fatigue dans lequel je me trouvais le jour où j'avais inscrit, après une série déjà longue d'expériences, les combinaisons qui précèdent, fatigue qui m'avait fait appuyer de façon anormale sur la première voyelle. M. l'abbé Rousselot s'est, lui aussi, trouvé en présence du même phénomène qu’il interprète pareillement 5. Quoi qu’il en soit, il y a plusieurs choses à retenir du tableau qui précède :