GI, N
répond à ces conditions : d’ailleurs pour que le mot waftre reçoive lui aussi toute l'ampleur oratoire qu’il exige, il faut qu’il se détache du mot antécédent. Alors il frappe l’oreille bien davantage, et la déclamation de tous les sujets, dans ce cas particulier, a été unanime.
Pourtant deux longues successives ne vont pas sans quelque difficulté, et les tracés prouvent qu’on a peine à les prononcer. Pour obvier à la dureté de la rencontre, on use de divers moyens facilement reconnaissables. Le premier consiste à séparer les deux longues en faisant intervenir entre elles, quand le sens ne l’exige pas absolument, un silence qui interrompt la progression rythmique et qui isole les groupes en présence : l'effet est produit et le heurt est évité. Ce procédé, qui constitue un véritable artifice de déclamation, se constaté fréquemment, et l’on peut citer des exemples :
: Non, non, la perfidie a de quoi vous tenter. Dans des ruisseaux de sang Troie ardente plongée.
N5 nô la Det Ee di a: de kwa vu là té 67 78 DR AO ET 24 RUSSE 14 36 19 SN 176 | pe vi 12 == +65 U YU UV = w] W] 24 (W] UV Les (Andr.; 7 A.) Dà de rtvi s6 de sa Trwa ar dû Ko) plüo jé (æ) 21 19 22010625 La 48 16 212 24 38 ©] UV UV — e7 — 747 — UV — VU —
(Andr.; 29, 1.)
1. Les mêmes observations sont valables. pour le trochée, que nous lui assimilons dans cette partie de notre exposition.
Ou bien un e muet non écrit peut intervenir entre les deux longues. Cet e muet est alors comme un léger point d'appui sur lequel la voix prend son élan, pour articuler le second accent :
Viens voir la belle nuit. — Mon duc, rien qu’un moment ! Les flots le long-du bord glissent, vertes couleuvres.
Vyè vwar la bé le navi m0 du kœ ryè k& mo ma ro) 86 25 36 18 44 33 43 24 61 17 21 31 (Hern., I R.) LESC læ vo) du bo ræ gli sœ ver tœ ku l@ vr@ 20 3 II 20 18 57 9 38 28 27 16 16 40 20 Le] = 739 UV [9] (®] a VU Æ VU 19 YU UV U on (P.G., 38E.) Enfin il arrive que les deux procédés, e muet en surnombre et silence, sont combinés : Maître de mon destin, libre dans mes soupirs… Mé trœ dæ mÔ des tè æ li bræ dà me su pir 33 I] 8 17 31 39 8 32 17 15 19 23 s2
(Béns127107)
« Deux syllabes fortes qui se rencontrent, remarque M. Guilliaume ?, sont destructives du rythme; elles produisent un choc blessant pour l'oreille », et il cite cet exemple :
Les loups maïgent gloutonnement,
C’est justement le cas qui nous occupe. Nous venons de voir par quelles tricheries on s’efforce de corriger la dureté de la collision. Si le sens ne commande pas le maintien des deux longues en présence, et même quelquefois quand il le commande, pour de simples raisons de commodité, il se produit une assimilation des deux accents l’un à l’autre : au lieu de dire: « les loups mangent », on prononce tout simplement : « les loups mangent ».
Becq de Fouquières, scandant comme il suit cet alexandrin de Racine :
Le sang de vos rois crie et n’est point écouté,
l’accompagnait de cette déclaration 3 : « Il faut que la voix s’applique à rendre leffet qu'a voulu produire le poète et qu’elle résiste à la tentation de rejeter l’accent sur le mot crie. Ce serait outrager Racine que de lire ainsi ce vers :
1. C’est sans doute pour la même raison que K, dans le vers XIX, a prononcé iyèr au lieu de yér (hier) indiqué par le texte. 2. Guilliaume, op. cit., p. 204.