‹ L'Alexandrin Français: D'après la Phonétique ExpérimentaleChapitre 86 sur 282 · LV 122 V VU — VU LV LV V VU · texte numérisé non relu

LV 122 V VU — VU LV LV V VU

(Prospectus)

28 syllabes ont été prononcées, séparées par un silence à la seizième. De la seconde à la dernière, elles n’ont entre elles qu’une différence de 16°, si l’on ne tient pas compte de la première, composée d’une voyelle.

Ce qui frappe surtout, c’est le fait qu'un certain nombre d’accroissements de durée ne sont dus qu’au nombre des articulations qui composent les syllabes ; on notera de même le peu de valeur des brèves et aussi l’insignifiance des temps marqués, sauf à la seizième et à la vingt-huitième place, quoique ces derniers allongements encore n’atteignent pas la longueur moyenne de ceux que nous avons rencontrés dans la poésie : dans l’ensemble cependant ces accents constituent l'embryon d'un rythme analogue à celui du vers. Quant au second exemple, il nous sera fourni par le sujet G :

en priant les adhérents d’attendre le prochain envoi de gravures...

CRE SES le xd de râ da ta dr(@) le pro 7 nû vwa d(æ) gra vur 13 16 15 is I4 16 14 12 20 10 16 17 10 L4 24 22 1° LV VU VU VU V VU V É L

(Prospectus)

Il ya ici une succession de huit brèves. Dans une inscription que je n’ai pas conservée du portrait de Charles XII par Voltaire, j'en ai rencontré treize consécutives, sans aucun accident intérieur.

Mais que l’on prenne un ton solennel pour déclamer le prospectus dont il s’agit. Il y aura sans doute contresens, car il ne réclame pas l’expression qu’on lui accorderait ainsi. Du moins verrons-nous apparaître des sectionnements plus rapprochés, des divisions plus menues, et des longues plus longues, comme dans les courtes phrases qui terminent notre précédent chapitre. Le deuxième exemple cité se couperait alors comme suit :

en priant — les adhérents — d’attendre — le prochain envoi — de gravures.

et nous retrouverions ainsi les pieds rythmiques que nous avons constatés dans le vers.

Lore. — L'alexandrin. 14

Nous les retrouvons en effet toutes les fois que nous sortons des conditions de la conversation journalière et que nous élevons notre style, car la lecture d’un fait divers de journal ne réclame pas la même tension oratoire qu’un discours de Mirabeau. On pourrait apporter toute une collection de textes en prose où l’on verrait le rythme, dans un accord convenable du sens et du ton qu'il comporte, s'élever par degrés jusqu’à son état le plus parfait par suite de la disparition progressive des lignes invertébrées dont nous parlions plus haut. Il conviendra du moins de prendre un exemple où se découvre le dernier terme de l’évolution dont il s’agit : ce sera le début de l’oraison funèbre d'Henriette de France. Le tracé ', qui remonte à 1903, ne contient qu’un petit nombre de syllabes, à cause de l’exiguité du cylindre dont nous disposions alors. Il suffit ? cependant pour faire la preuve de ce que nous avançons :

Celui qui rêgne dans les cieux et de qui relèvent tous les empires.

Sæ ‘ki ki ré. u(æ) dâ RATE tt Ce ki rœ lé v(æ) tu le GE CNE A Ep

me A —

26 54 28 34 26 19 66 11 15 0020 59 20 18 30 so 23

Ü = VU = VY Ÿ = VU VU ŸY VU = VU VU VU a [0]

Ce sont ici les mêmes membres métriques que dans les vers, les mêmes accents temporels, le même sectionnement par courts fragments ; nous sommes au point où le rythme de la prose rejoint celui de la poésie : c’est donc la majesté et la lenteur du discours qui déterminent le nombre et l'importance des points d’appui que la voix exige.

Est-ce à dire pourtant que prose et vers soient semblables ? Non point : il reste que les vers, par suite de l’ampleur expressive qui leur est inhérente, n’admettent jamais les pieds de huit syllabes et au delà, ou, si lon aime mieux, ils répugnent aux successions qui atteignent ou dépassent sept brèves et qui sont fréquentes dans la prose familière. Déjà les membres de six syllabes sont rares, et on les rencontre seulement quand il s’agit de produire un effet de simplicité, mais alors le vers en paraît plat, tant il est vrai que la poésie n’existe que par les éventualités du rythme qu’elle représente. On ne peut donner le nom d’alexandrin à un groupement comme celui-ci :

L'administration de l'enregistrement, ni à cet autre que M. Monval découvrait naguère à la fin d’un palmarès : La rentrée est fixée au lundi trois octobre,

ni à certains vers de théâtre comme on en rencontre chez M. Rostand, non plus qu’à un grand nombre de ceux qu’écrivit Coppée. Il en est de même quand la structure grammaticale de la phrase exclut la possibilité d’accents nécessaires. [l y a quelques exemples de ce dernier phénomène dans les textes que nous avons-enregistrés, et nous pouvons citer celui-ci :

Si je t'ai fait parler, si jai voulu t'entendre…

Si jæ te Je par lé rt je vu lu 1à ta drie 20 14 20 23 26 44 19 25 20 20 24 47 21 VU Le] ; Le] 192 VU + VU U 102 Le] Le] el

Le rythme n’est pas assez net, malgré les subterfuges du sujet pour l’établir. On peut en dire autant de ce vers de Corneille : Je suis romaine, hélas! puisque mon époux l’est,

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