‹ L'Alexandrin Français: D'après la Phonétique ExpérimentaleChapitre 9 sur 282 · LEE · texte numérisé non relu

LEE

FiG. 5. — A,B, C, D, E, appareils inscripteurs : F, pile ; G, chariot; HH, ses roues ; I, son rail ; J, règle qui le tient en équilibre ; A’, son frein ; K, commande de la règle ; K', commande du cylindre (1/4 de tour) et du chariot (1/2 tour) ; L, cylindre ; M, plateau du cylindre ; N, son galet ; P, plateau du chariot; Q, frein; R, turbine ; S, arrivée de l’eau; T, manomètre; UU, poulies; VV, régulateur ; X, arbre de couche.

FIG. 6. — A gauche, mon plus mauvais tracé, à droite un des meilleurs. C’est le mauvais tracé (encore très acceptable) que la photographie a le mieux rendu. Mais on remar-

quera qu’il est beaucoup trop appuyé et que la ligne du nez ne donne presque rien. Le fragment placé à droite n’est pas empâté, et l'original laissait apercevoir au microscope les formes caractéristiques des voyelles.

réduits. Le bénéfice était doublé; économie de place en premier lieu, ensuite finesse beaucoup plus grande dans le détail des vibrations. J'obtins ainsi tous les tracés que j'ai utilisés pour l’analyse de l'intensité.

Naturellement tous les graphiques recueillis ne présentent pas la même perfection ; il y a eu des réglages de plume médiocres, des températures

1. Ces tambours à l’aide desquels ont été faites à Juilly les expériences de M. l'abbé Rousselot sur l'intensité, mesurent 17 millimètres de diamètre d’un bord extérieur à l’autre.

LES TEXTES 5

plus ou moins favorables, et des sujets plus ou moins habiles à se servir de l'appareil : les uns voulaient pour leur nez une olive trop petite, d’autres appuyaient un peu trop l'embouchure contre leurs lèvres et certains enfin l’en éloignaient tellement qu'elle recueillait mal Pair expiré. Je donne ici deux échantillons : l’un du meilleur tracé obtenu, l’autre du plus mauvais (fig. 6). Maïs, en somme, toutes les feuilles d’expériences conservées peuvent être considérées comme satisfaisantes.

Du palais artificiel enfin, tel que M. l'abbé Rousselot : l’a décrit, je ne dirai rien. Je ne m'en suis en effet jamais servi dans mon enquête et la seule fois que j'aie dû invoquer son témoignage, j'ai fait appel à des travaux déjà imprimés et au secours que m'offraient mes devanciers.

LES-SEBARRES

Ils se divisent en deux catégories. La première se compose d’alexandrins isolés, choisis dans trois siècles de littérature, sans qu’on ait jugé nécessaire de descendre plus bas que le romantisme ni de remonter au delà de l’époque classique. On a essayé de faire entrer dans cette série les types les plus divers, afin d’avoir au moins un exemple de toutes les combinaisons rythmiques reconnues par les théoriciens. L’un des vers de la série, celui qui porte le numéro XXI bis, a été spécialement forgé pour les besoins de ce travail. Sans nul doute des recherches patientes auraient fait découvrir des échantillons semblablement construits. Le catalogue est le suivant :

I Meurs, s’il y faut mourir, en citoyen romain. (Corneille, Cinna, I, 4.) Il Je suis romaine, hélas, puisque Horace est romain. (Corneille, Horace, I, 1.) III Il est beau de mourir maître de l’univers. (Corneille, Cinna, IT, 1.) IV Apprends que mon devoir ne dépend pas du sien. (Corneille, Polyeucte, IIT, 2.) V L’Éternel est son nom, le monde est son ouvrage. (Racine, Esther, IIT, 4.) VI Le ciel? n’est pas plus pur que le fond de mon cœur. (Racine, Phèdre, IV, 2.) VII Ce ne sont que festons, ce ne sont qu’astragales. (Boileau, Art poétique, I.) VIII Le vrai peut quelquefois n’être pas vraisemblable. (Boileau, ibid., III.) IX Grands mots que Pradon croit des termes de chimie. (Boileau, Épitres, X.) X C’est à vous, s’il vous plaît, que ce discours s’adresse. (Molière, Misanthrope, I, 2.) XI C’est moi qui vous le dis, qui suis votre grand’mère. (Molière, Tartufe, 1, 1.) XII Bois, prés, fontaines, fleurs, qui voyez mon teint blème. (Molière, Princesse d'Élide, I, Intermède.) XIII Tel Satan à travers vaux, monts, rocs, bois, lacs, prés. (Baulaton, traduction du Paradis Perdu, 1778, cité par Quicherat.) XIV Laissez-moi m’endormir du sommeil de la terre. (Vigny, Moïse.) XV Accourez, mes faucons, jai le nid, j'ai la proie. (Hugo, Hernani, IV, 1.) XVI Les grelots des troupeaux palpitaient vaguement. (Hugo, Légende des siècles, Booz endormi.) XVII Des flots bénis, des bois sacrés, des arbres prêtres. (Hugo, 1bid., Sacre de la femme, 7.)

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