OLIVES DE LA RÉGION DE CONSTANTINE
Olive de Gastu, fruit moyen, très fertile.
Olives du Hamma de Constnntine :
a Grosse olive ronde pour conserve ; h Grosse olive ovoïde, très belle pour conserve, rappelle l'olive Beshassi de Tunis.
Cette olive de Constantine est la plus grosse olive de conserve que j'ai vue en Algérie, la chair est fine et savoureuse, le noyau moyen. Ces oliviers sont cultivés dans des jardins arrosés.
En dehors des oliviers que Ton peut considérer comme indigènes on trouve dans les plantations quelques Oliviers introduits, tels que le Piqalc, le Pen lonlicr, le Rouget,
La difficulté de bien caractériser les variétés d'Olivier ne doit pas conduire à nier leur existence, ces races locales ont bien leur importance et un travail complet
qui mettra en lumière avec les caractères morphologiques les qualités propres à chaque forme sera une œuvre des plus utiles pour la colonisation algérienne.
Culture de l'Olivier, — La culture de l'Olivier en Algérie est faite avec beaucoup de soin sur quelques points du territoire de colonisation ; mais très négligée dans la plus grande étendue du domaine de l'Olivier.
Les anciennes Olivettes présentent de nombreux vides que personne ne songe à combler et sur bien des points aucune plantation, aucun greffage n'a été effectué depuis des siècles.
Les Indigènes qui détiennent la plus grande partie des Oliviers se bornent à récolter et laissent l'Olivier sans soins. La récolte se fait à la gaule, l'arbre n'est pas soumis à la taille, ne reçoit aucune fumure et n'est même pas cultivé au pied.
Sur d'autres points l'Olivier est mieux traité et est l'objet d'une véritable culture. Le sol est labouré et les sillons tracés horizontalement permettent à l'eau des pluies d'imbiber le sol.
L'eau de pluie est même amenée par des sillons dans une cuvette au pied de l'arbre ; mais on ne voit pas comme en Tunisie de meska ou surface de réception des eaux de pluie destinées à être conduites dans les bas-fonds plantés en Oliviers.
L'Olivier occupe les sols les plus différents et prospère dans les gneiss des terrains primitifs de la Kabylie, dans les grès et dans les terres marneuses et les schistes ou sur des calcaires travertineux.
Les rendements varient beaucoup suivant la nature du sol, le maximum est obtenu dans les terres très calcaires et les climats secs et chauds.
La multiplication de FOlivier est facile, cependant cet arbre est assez rare dans les pépinières et le prix en est resté élevé.
Les semis d'Oliviers sont rarement pratiqués, les races ne se conservent pas par ce moyen, mais les semis ne donnent pas toujours des Oliviers inutilisables comme on le croit généralement.
Les olives traitées par macération dans l'eau par les
01lvelteIcl'Adjcras';dans les marnes du CnHacô infiVieur ù Seddouk.
Indigènes^^^de certaines régions donnent des noyaux qui germent très bien et peuvent être utilisés pour constituer des pépinières, mais le plus souvent on trouve facilement de jeunes Oliviers de semis (|ue Ton peut transplanter en pépinières pour les greffer l'année suivante.
Les sujets ainsi obtenus ont des racines plus résistantes au pourridié que les sujets bouturés.
Le bouturage de TOlivier est le procédé le plus employé. On bouture généralement des branches vigoureuses, coupées en fragments de 30 centimètres et plantés droits dans un soi bien préparé et bien arrosé Tété.
Si le bois qui a fourni les boutures était très sain et très vigoureux Tenracinement se fait très bien, si les racines sont prises sur des arbres souffreteux, la reprise est très difficile.
Si ces boutures sont placées dans un sol bien défoncé et fumé, après trois ans elles forment un arbre bon à mettre en place et qui vaut 2 à 2 fr. 50, prix exagéré qui est dû à la rareté des sujets.
En Amérique on a adopté, pour multiplier TOlivier, le système des petites boutures de 8 centimèlres failesavec des bois d*un an bien ao.fttc, les boutures doivent être placées dans du sable pur et sous verre. Ce procédé a le grand avantage do permellro la multiplication rapide et en grand des bonnes variétés ; l'enracinement obtenu, on place en pépinière les jeunes plants et à 3 ans l'arbre est bon à planter.
Ce procédé ne réussit pas avec toutes les variétés, il réclame une certaine habileté et un matériel spécial ; il n'est, dans Télat actuel, praticable que chez les horticulteurs. Le mois de janvier est le moment le plus favorable pour le bouturage. Les Espagnols emploient encore un système de bouturage qui est décrit par Ibn-el-Aouan dans son livre de TAgriculture :
« On multiplie TOlivier au moyen de grosses bran- (( ches qu'on divise à la scie en divers endroits sans « couper entièrement, on pousse seulement le trait de (( scie jusqu'au tiers de la grosseur. »
« On dispose dans le soi pour recevoir les brancties a des fosses daos lesquelles on les pose en long ; on les « couvre de terre sur une épaisseur de 25 centimètres « en formant un espèce de bassin à Tentour et Ton a arrose.
« La végétation s'établit aux t)ords des traits de scie « et quand les jeunes pousses ont atteint la hauteur « d'une coudée on replante celles qui se montrent vigou- « reuses ».
(Ibn-el-Aouan, chap. Vil).
Les grosses branches ainsi couchées sous terres peuvent donner d'abondants rejets que Ton détache avec un empâtement qui assure la reprise. Malgré ces avantages le procédé espagnol est peu employé ; on préfère les boutures ordinaires plantées droites ou inclinées.
En Tunisie, les Oliviers sont généralement francs de pieds et multipliés au moyen d'éclats détachés de la base renflée des vieux arbres. L'éclat est déposé au fond d'un trou de 60 centimètres de profondeur et de 50 de côté, on jette 25 centimètres de terre par dessus. Au printemps, les rejets se montrent et le trou se comble naturellement. Ces plantations sont arrosées trois fois pendant les deux premiers étés.
Ce procédé n'est pas employé en Algérie ; quand les Indigènes étendent leurs olivettes c'est par la greffe sur les Oléastres ; les européens greffent aussi ou plantent des arbres élevés en pépinière.
Les jeunes oliviers de bouture bien soignés se développent assez rapidement ; nous avons vu chez M. Bertrand, à l'Arba, de très beaux sujets non irrigués qui, à la sixième année donnaient une moyenne de 32 kilos d'olives par arbre.
Le greffage des Oléastres est, pour beaucoup de localités, le moyen le plus économique de propager l'Olivier, des versants boisés présentent l'Olivier sauvage en très grande abondance ; ailleurs les sujets sont rares et réunis seulement dans les bas-fonds.
Suivant les circonstances, les Oléastres se présentent très gros, très vigoureux, ou bien au contraire fortement endommagés, réduits à des vieilles souches donnant des rejets.
Les beaux oliviers ont depuis longtemps attiré l'attention et depuis 50 ans les colons en greffent un certain nombre.
Quand les arbres sont sains et bien constitués on greffe en couronne sur les grosses branches.
Pendant l'hiver, l'arbre est élagué ; toutes les branches jugées inutiles sont supprimées.
Cette greffe a de nombreux avantages : le plus important est de mettre les jeunes pousses à l'abri de la dent du bétail ; on lui reproche par contre de nécessiter des frais considérables pour éliminer les repousses qui tendent à se montrer de toute part.
Depuis longtemps, on a opéré plus radicalement en coupant les Oliviers ras de terre, les greffes sont ensuite placées sur la souche A Tazmalt, on greffe en couronne ; on maintient les greffons au moyen d'une lanière de cuivre fixée par des clous. Après la pose des greffons, on recouvre la souche de terre fine puis on accumule autour des grosses pierres qui servent à fixer des fagots épineux, de jujubier sauvage. Ces greffes doivent être surveillées pour enlever les gourmands ; trois ans après, la récolte commence sur des sujets vigoureux auxquels il est facile de donner, par la taille, une belle forme.
Kït Txuùsie, on » intime fait des greffes sur les racines en \ue Je n^Miert^r de vieux Oliviers de^^repis.
Kn Al^^rie et eu Tunisie, les In ili^^nes pratiquent la jjnMÎe en tvussiiMi : jn^ur i> U. les Ol'-astres mhiI coupes rA> de tern\ et. ;iu printemps suixan: les tn>is ou quatre p;as Ivlu^ jHMiss^^i S4>nl irrt^iTt-s en ei u>s<'n- Les kabxles dt'tA^i>eut It^i tvus^>us en ^^^n: -.îr:;*:.! ie t»'*'îri:-oo avec U |vxn\te du a:re:îvMr, lev>^T\>* f?sî cj^^ee [lerpeodicu- Uîreïi>ent à U surîj^iv et t>>nser\e sur îrrs tonls toute ^^n e^vAiss^ur : lis ^f-r.Uxer.î er.su.:^ Iî^^'•^or a\ec l'otil jKÎ^erent s^ns ^ >^v.;, ;T.r eu Uxs, ;l es; rane que Tcril se \u:e. l fN'us^^n es4 j- -jsr.v ijê:.s \::if ::>. \s-:c e^ T et assez îvAs; u^ rAn>eAn\ s^v*.î rjït**::-.s a :~.»*>.^r* ç.je le U>uri^\-ï Na^ ,nx^ K^; ;< : îr>.s ix: : .t:^ *.;s >; ^^^ !- irre^ii^e, i?"^ V ,^.>i's O \ 'tr^ *v-" ■*>• •.>• ■ » ,*> t. 1 'T
iWî M Iv \x r a '^-: ?vr V . ^-j - •-> <'-:<rrs a
;v*T * ' ,■ i '.'»".,»■'>'";•' «"^ j »,,* . ;■•-* .V> t^ - *> ;■ >- -> wî, ^> »;^ V» \ïv :> ïS .■'^■; » »r. tv J-îi-î-t- A la
^C">x^î ^*:^ i\-;;ss,^r, ,:>, o: U*. -r ,ir. :«-m : >.:??.' :at-r avec
^^» ; :r,^ ^•^v* « «^î^ u i * »"^ ^*'^'^*^ >»••!. t*^ i rt>sa:r s^» <'iv ;%^ • u s,>'^ i.v* ' *> î''*!^^ u : ■ I .»'*> * »>^ iiD-
*^ t \^ tîv u *<î ,^:U»^;' *•' *. î"^ *; ; I— .^* u S'UiIi'-
Aberkan de Tizi-Ouzou
Eq Tunisie, on a même fait des greffes sur les racines en vue de régénérer de vieux Oliviers décrépis.
En Algérie et en Tunisie, les Indigènes pratiquent la greffe en écusson ; pour cela, les Oléastres sont coupés ras de terre, et, au printemps suivant, les trois ou quatre plus belles pousses sont greffés en écusson. Les Kabyles détachent les écussons en contournant le bourgeon avec la pointe du greffoir, l'écorce est coupée perpendiculairement à la surface et conserve sur les bords toute son épaisseur ; ils enlèvent ensuite l'écorce avec l'œil adhérent s^s se soucier du bois, il est rare que l'œil se vide. L'écusson est placé dans une incision en T et assez bas ; les rameaux sont rabattus à mesure que le bourgeon se développe ; trois ou quatre ans après le greffage, les jeunes Oliviers commencent à donner.
Chez M. Dufour, à Iglizer Amokran, les Oléastres à greffer sont d'abord nettoyés, préparés et même sevrés par l'amputation des racines autour du pied. Ces sujets greffés en écusson, sur place, sont Tannée suivante transplantés dans les Olivettes en création et planté. A la greffe en écusson déjà facile on peut substituer avec avantage une greffe de côté d'un petit rameau.
La greffe en fente de l'Olivier est aussi employée sur des sujets jeunes.
Plantations, — Les anciennes plantations d'Oliviers sont très irrégulières ; tantôt les arbres sont les uns sur les autres, formant une véritable forêt ne recevant le jour que par le sommet des arbres, tantôt des vides importants se sont manifestés et les arbres sont isolés. Il est très facile de constater, dans la vallée de la Soummam notamment, que ces forêts denses d'Oliviers sont
Aberkan de Tizi-Ouzou
d'un médiocre rapport, qu'au contraire dans les mêmes terrains les arbres isolés sont remarquablement fertiles. Dans les sites non irrigables, 20 Oliviers à l'hectare paraissent sufllsants ; en terrain irrigué, on plante souvent 100 arbres ; mais on obtient les meilleurs résultats si les arbres sont à iO mètres dans les lignes distantes de 15 mètres.
Pour beaucoup de raisons, il est utile que le terrain soit tenu très propres sous les Oliviers, les arbres qui restent entouré de broussailles, comme cela arrive quelquefois, sont peu fertiles et sujets aux attaques de nombreux parasites, surtout du ver ou Dacus.
La perméabilité du sol sous les Oliviers est nécessaire pour faciliter l'aération et surtout Timbibition. Dans la Kabylie de Bougie, les Indigènes labourent les Oliviers en traçant autant que possible des sillons horizontaux qui retiennent les eaux de pluies. A Tlemcen et sur bien d'autres points, l'arbre est entouré d'une cuvette qui reçoit les eaux de pluies qui s'écouleraient dans les bas fonds. Ces cuvettes sont parfois disposées en V et peuvent, si elles sont bien entretenues, jouer un rôle considérable, car l'Olivier végète dans des régions à pluie peu abondantes et cependant il ne craint pas les bonnes irrigations. Le terrain doit toujours être préparé pour retenir toute l'eau tombée et pour la conduire aux racines.
En Tunisie dans les pays mamelonés où il ne tombe pas plus de 350°»°» de pluie par an, les oliviers sont plantés dans les fonds et les pentes des mamelons sont disposés pour recevoir l'eau qui est conduite par de petits canaux au pied des arbres. Cette surface de réception se nomme une Meska, il est bien reconnu que les
Olivettes qui sont pourvues d'une Meska donnent des rendements plus abondants et plus réguliers. Cette disposition a une très grande importance et devrait être imitée en Algérie sur bien des points où la culture de rOlivier amènerait l'aisance si non la richesse.
Les Oliviers devront être le plus souvent plantés à d'assez grandes distances. On a de tout temps fait quelques cultures dans les Olivettes, les céréales y prospèrent mais au détriment des Oliviers. En Tunisie les ensemencements qui avaient envahi les Olivettes sont interdits et deux labours sont obligatoires.
Dans les régions qui reçoivent, en hiver, suffisamment d'eau, la culture de la fève et de quelques autres légumineuses ne peut qu'être conseillée.
Bien que l'Olivier s'accomode de terres pauvres en pays sec, il vient encore mieux dans les terres riches avec irrigation.
C'est dans l'Oranie que l'on trouve les plus anciennes plantations d'Oliviers à l'irrigation, à St-Denis-du-Sig, Relizane, elles sont en pleine prospérité et s'étendent autant que la multiplication des Oliviers le permet.
Les plantations sont faites de préférence en terre légère à raison de 100 arbres par hectare.
On donne en temps ordinaire au moins cinq irrigations, l'eau est amenée dans de larges cuvettes au pied des arbres.
Quand les hivers sont pluvieux on donne deux irrigations en hiver et quatre en été. Chaque irrigation est suivie d'un binage.
Certaines légumineuses comme les Vigna, Soja, Mucuna, pourraient avec avantage être cultivées entre les lignes pendant l'été et donneraient un fourrage abondant en même temps qu'une fumure.
Fumure. — Un kilogramme d'olives contient plus de 7 grammes de potasse, près de 3 grammes d'azote et 1 gramme d'acide phosphorique. D'un autre côté on sait que la potasse domine dans les bonnes terres à Olivier, à Sfax d'après M. Bertainchand. Les terres des Olivettes contiennent 3 et 4 0/0 de potasse.
La potasse est donc l'élément principal que l'on doit s'elïorcer de restituer à l'Olivier. Il ne faut pas perdre de vue que ce sont les sols calcaires qui produisent les fruits riches en huile et que l'huile des régions calcaires est de meilleure qualité.
L'usage des engrais verts peut rendre de grands services pour la fumure des Oliviers.
La fumure potassique et phosphorique sera appliquée à la légumineuse choisie et la récolte enfouie en totalité ou en partie dans le sol.
Taille. — La taille des Oliviers n'est faite méthodiquement que dans quelques cultures dirigées par des colons, elle consiste à évider les arbres en gobelets. Chez les Indigènes souvent on ne pratique aucune taille, surtout dans les tribus qui recollent au moyen du gaulage.
Au contraire, dans les pays où les olives sont ramassées à la main, les femmes chargées de ce soin abattent tous les ans à coup de hachette un certain nombre de branches, elles cherchent surtout à donner à l'arbre une forme rendant la récolle plus facile. '
En Tunisie il existe des tailleurs qui pendant longtemps ont reçu comme rémunération le bois qu'ils abattaient, aussi trouve-t-on souvent dans ce pays des arbres qui sont réduits par la taille à un véritable
télard. Des tailleurs brevetés ont élé formés depuis Toccupation et doivent seuls tailler les Oliviers.
Animaux nuisibles et maladies. — Un grand nombre d'insectes nuisent à l'Olivier et constituent un obstacle très sérieux à Textension de sa culture.
La Mouche ou Dacus est le plus redouté de tous les parasites de l'Olivier ; dans certaines localités le Dacus se multiplie dans de telles proportions que la récolte des olives est complètement détruite. La Mouche des olives présente au moins trois générations qui donnent un nombre croissanl'd'individus. Quand les premières olives atteintes sont ramassées on limite le mal, c'est ce qui se passe dans une grande partie de la Kabylie, les Oliviers sont très surveillés et dès que les premières olives tombent elles sont ramassées par des femmes et des enfants, parfois ce sont des n)Outons qui se chargent de les utiliser. Ce n'est que par une récolte hâtive des fruits attaqués et par les binages fréquents du sol qu'il sera possible de combattre etiicacement ce parasite très abondant, surtout dans les régions où beaucoup d'Oliviers sont laissés sans soins et où la récolte trop véreuse n'est pas ramassée.
La présence du ver dans les olives diminue beaucoup la quantité et la qualité de l'huile, il est à noter que certaines variétés sont préférées par le Dacus.
Les Cochenilles que l'on rencontre sur l'Olivier sont nombreuses.
Le Lecnnium ou grosse Cochenille détermine la Fumagine en couvrant les feuilles d'un enduit sucré qui entretien le Champignon noir. Ce parasite est assez fréquent, mais ce n'est que rarement qu'il se multiplie assez pour devenir très nuisible.
Le Psylle de l'Olivier est beaucoup plus fréquent, il forme dans les grappes de fleurs une masse cotonneuse qui le fait parfois nommer par erreur Puceron lanigère. Quant le Psylle est abondant, au moment de la floraison, il cause des dégâts très sérieux car, installé dans les inflorescences, il détermine Tavortement du fruit.
VAspidiotus Ncrii en vaWt parfois rOlivier et recouvre les feuilles et les fruits qui sont déformés et sans valeur. C'est dans les olivettes en terre sèche que ce parasite se développe avec beaucoup d'intensité; il n'est limité que par d'autres insectes qui le dévorent. Le Parlatoria calianthina a été observé en Oranie.
La Coccinelle noire R\ec tache rouge (Chilochorm) fait une grande consommation de ces cochenilles, ses larves velues sont parfois très nombreuses sur les arbres atteints. Des Hyménoptères parasites en détruisent aussi un grand nombre. Quand on fait des plantations d'Oliviers il est bon de s'assurer que les sujets plantés ne sont pas atteint par ces cochenilles
Les cochenilles de l'Olivier doivent être combattues par des pulvérisations de Polysulfure de calcium assez légères pour ne pas brûler le feuillage.
L'Olivier est assez rarement atteint par le Pourridié ; ce mal apparaît quand les racines rencontrent trop d'humidité dans le sol ; il paraît surtout envahir les arbres de bouture.
La Tuberculose de l'Olivier ou Rogne est une affection
Psylle->"yrnphe
grave déterminée par un bacille (Hacillm Oleœ) qui provoque des tumeurs parfois très nombreuses et très volumineuses qui peuvent épuiser l'arbre et le faire périr. En Kabylie, ce mal est connu sous le nom de Tiffiri, il est surtout très fréquent dans la région de Fort-National, Tizi-Ouzou, chez les Beni-Aïssi, les Beni-Raten et les Beni-Zemenzer où il semble faire du progrès depuis une quinzaine d'années. Cest en sol siliceux, dans les basfonds humides, que le Tifïiri arrive à faire périr de vieux Oliviers.
Dans les plantations atteintes depuis quelques années la présence des tumeurs ne parait en rien diminuer la fécondité de Tarbre ; mais à la longue, quand les conditions sont favorables au développement du parasite, les branches trop envahies se dessèchent et Tarbre tout entier périt.
La tuberculose de TOlivier doit se transmettre très facilement par le greffage et le bouturage, il est donc de la plus grande importance de ne prendre des boutures et des greffons que sur les arbres absolument sains ; les instruments du greffeur et du tailleur peuvent inoculer le mal.
Aucun traitement n'a jusqu'à ce jour été opposé à la rogne. On remarque cependant que les régions saines, où rOlivier n'est pas gaulé et où il est taillé présentent très peu ou pas du tout d'arbres malades du Tiffiri.
Le Cycloconium olcaginum qui a été observé dans le midi de la France et en Italie existe aussi en Algérie ; il est assez fréquent sur les Oliviers irrigués dans le département d'Oran. Ce Champignon noir vit dans l'épaisseur de la cuticule, il forme des cercles sur les feuilles et finit par les altérer suffisamment pour en déterminer la
chute ; les arbres fortement atteints dans les fonds humides souffrent sérieusement, mais en général ce parasite n'occasionne pas de dégâts sérieux. On peut le combattre avec les préparations cupriques.
CueilleUe.
La cueillette des olives commence dès
Cueilictte des olives en Kabylie
octobre pour les olives vertes de conserve qui sont vendues en assez grande quantité sur les marchés. Ces olives sont destinées à la consommation familiale et arrivent rarement dans les conditions nécessaires pour une bonne préparation pour le commerce.
Les usines de conserve en pays indigène trouvent quelques difficultés pour acheter les olives cueillies
vertes. Cette cueillette est souvent faite par des voleurs qui profitent de ce que les olivettes ne sont pas encore gardées, de là des réclamations justifiées et la nécessité d'une réglementation.
Les olives pour Thuile sont cueillies de deux manières différentes par le gaulage ou à la main. Le gaulage n'est facile que si les olives sont bien mûres, il a le grand inconvénient de briser beaucoup de brindilles qui devraient porter les olives Tannée suivante. Ce procédé est généralement reconnu comme défectueux. Dans les tribus plus laborieuses qui ont plus de soin des Oliviers, la récolle est faite k la main ; les Kabyles appellent cette opération du terme caractéristique « traire les olives ».
Ce sont les femmes et les enfants qui se chargent de faire la récolte. Les olives sont portées dans des paniers en roseau et en brindilles d'olivier. Depuis quelques années une grande partie de la récolte est portée aux moulins européens établis à portée, les olives sont alors vendues à la mesure ou au poids ; la mesure esl le double-décalitre qui, rempli normalement, doit peser 16 kilogrammes. Parfois Tacheleur exige une chéchia qui s'élève aussi haut que possible au-dessus de la mesure.
Les prix varient beaucoup suivant les rendements, ils oscillent entre 5 et 11 francs les iOO kilos.
Dans les cultures européennes il faut prendre des ouvriers pour faire la récolte ; le quintal d'olives, à Saint-Denis-du-Sig, coAte 1 fr. 25 k I fr. 50 de frais de récolte ; les frais de main-d'œuvre sont parfois si considérables que certains colons en sont effrayés et pensent que les frais de cueillette annulent les bénéfices réalisables avec les prix très bas des bonnes huiles d'olive. C'est aussi pour atténuer, autant que possible, ces
dépenses que les grosses olives sont toujours recherchées pour les cultures irriguées et exploitées par les colons.
En Tunisie, la cueillette est faite à des époques réglées en raison de l'impôt prélevé par FElat. Les Tunisiens ont adopte un procédé particulier qui consiste à se garnir
Femmes Kabyles portant des olives au moulin européen
l'extrémité des doigts avec des cornes de chèvres et à peigner les rameaux avec la main, ainsi armée les olives tombent sur une pièce d'étofleou natte et sont ramassées dans des corbeilles.
Les olives cueillies pendant la saison froide se conservent assez bien à condition de ne pas être mises en tas trop élevés, étendues sur des planchers, sous une épaisseur de 25 à 30 centimètres elles peuvent attendre
quelques jours avant d'être mises en œuvre. Pendant ce temps, dans beaucoup d'usines, eUes sont soumises à UDe manipulation qui a pour but de séparer les feuilles apportées avec les fruits.
Chez les indigènes, les olives sont souvent conservées pendant plusieurs mois avant d'être triturées et pressées. Dans quelques tribus, dès que les olives sont arrivées à la maison elles sont plongées dans Teau bouillante puis étalées et enfin mises en tas et recouvertes de feuilles et de branchages.
Toutes ces olives ainsi conservées subissent des fermentations qui augmentent le goût de fruit et détermine un rancissement qui est très recherché par les consommateurs indigènes.
Les Kabyles sont convaincus que les olives ainsi traitées rendent plus d'huile que les olives fraîchement récoltées. D'après eux cette maturation déterminerait Taugmenlation du taux de Thuile et rendrait son extraction plus facile.
La conservation des olives dans les usines est une question qui présente un certain intérêt. Le plus souvent dans les moulins à huile on cherche à éviter autant que possible l'encombrement causé par les livraisons qui se font parfois d'une manière irrégulière.
Le procédé qui donnerait les meilleurs résultats, au point de vue de la qualité de l'huile, consisterait à placer les olives dans des citernes où elles seraient recouvertes d'eau que l'on renouvellerait tous les jours, en vidant la citerne par le bas.
Les olives cueillies peuvent avoir atteint trois degrés de maturité qui sont indiqués par la couleur du fruit.
Les olives encore vertes donnent une huile fruitée qui a une légère amertume et se conserve bien.
Les olives violettes donnent une huile fine fruitée généralement très appréciée et de conservation facile.
Les olives noires donnent une huile très douce, mais plus sujette au rancissement.
Jeunes Kabyles employées à la cueillette[des olives
Il est très important quand on recherche la qualité de faire cueillir chaque variété d'olive suivant le degré de maturité qu'elle exige pour atteindre son maximum de rendement en quantité et en qualité.
Les olives qui tombent et les olives piquées doivent
autant que possible être traitées séparément, leur rendement est non-seulement inférieur mais la qualité laisse beaucoup à désirer.
Rendement, — Il est fort difficile d'évaluer le rendement de rOlivier. Cet arbre est susceptible de se montrer d'une fertilité extraordinaire, il peut aussi dans des conditions moins avantageuses rester à peu près sans rapport.
Ce n'est que vers la sixième année que TOlivier commence à rapporter à Sfax, d'après M. Bourde l'Olivier ne donnerait à cet âge que deux ou trois litres d'olives. Chez M. Bertrand, à TArba, j'ai vu une plantation de 6 ans dans de bonnes conditions, mais non irriguée, donner 32 kilogrammes d'olives par arbre, ce qui représente, à iOO arbres à l'hectare, un rendement de 448 litres d'huile.
Des Oliviers greffes par M. Dufour à Ighzer Amokrane dans des pentes assez rocailleuses rendent à 6 ans, 6 kilogrammes d'olives et à 10 ans, 16 à 20 kilogrammes.
Dans les Olivettes de St-Denis-du-Sig on obtient d'après M. Deloupy à 6 ans, 10 kilogrammes par arbre; à 10 ans, 40 kilogrammes ; à 20 ans, 80 kilogrammes. Ce qui représente dans cette région un rendement en huile de 160 litres, 640 et 1. 1:280 litres. Il faut se rappeler aussi que l'Olivier saisonne et qu'on ne peut pas compter tous les ans sur ce rendement.
A Relizane, les résultats sont à peu près les mêmes, à 10 ans un arbre rapporte pour 5 francs d'olives, à 20 ans pour 10 francs.
Il paraît évident que pour l'Olivier comme pour
beaucoup d'autres plantes de nos cultures, les rendements peuvent devenir très élevés quand on arrive à réaliser toutes les meilleures conditions sur le choix du sol, de la variété et du mode de culture.
Il est aussi certain que TOlivier, tout en étant l'arbre des terrains secs, donne des produits abondants sur-
Ruines d'une huilerie romaine entre Tébessa et Bir-Oam-Ali (photographie de M. Gsell)
tout quand on lui donne un peu d'eau.
L'Olivier ne porte pas régulièrement ses fruits. Les arbres saisonnent, une bonne année est généralement suivie d'une médiocre et d'une mauvaise si bien qu'on ne compte qu'une bonne récolte et demie en trois ans.
La taille bien conduite, les labours fréquents, les irrigations ont pour effet de régulariser la production.
La valeur des olives varie plus encore que. la quantité, on ne tient corapte pour l'apprécier que du rendement en huile. Ce rendement varie de 8 à 20 0/0. La moyenne obtenue généralement est de 12 à 15 pour 100, c'est-à-dire de 13 à 16 lilres pour 100 kilogrammes d'olives.
Le tourteau pressé ou grignon qui représente à peu
Huilerie romaine à Bir Ouiii-Ali (photographie de M. Gsell)
près la moitié du poids des olives contient encore 10 0/0 d'huile.
11 serait intéressant de pouvoir apprécier rapidement la quantité d'huile contenue dans les olives, une méthode sûre et rapide d'appréciation réglerait les achats faits dans les usines. J'ai essayé de prendre la densité des olives qui est très variable et d'établir une relation entre cette densité et la quantité d'huile, je ne peux pas, sans
les avoir vérifiés plusieurs fois, donner des chiffres précis, mais on peut je crois admettre que moins une olive est dense plus elle contient d'huile. Pour appr^ier cette densité il suffit d'avoir des éprouvettes contenant de Teau pure et de Teau avec un sel qui augmente la densité, j'ai employé le nitrate de soude, la densité du liquide est facile à prendre au moyen d'un densimètre, quand les olives restent à peu près en équilibre c'est qu'elles ont la même densité ; j'ai noté comme densité extrême 1145 pour une petite Cbemlal et j'ai trouvé dans les Beni-bou-Melek des olives Oualetb moins denses que l'eau.
Les analyses d'olives ont surtout été faites avec beaucoup de soins en Tunisie, par M. Bertainchand, directeur de la Station Agronomique ; de ces analyses il résulte que les olives de quelques variétés ne contiennent que 7 0/0 d'huile dans leur pulpe, tandis que les bonnes races comme les Chemlali de Sfax, Nabdjemel donnent à l'analyse jusqu'à 30 0/0 d'huile. Les olives des régions chaudes sont plus riches, le rendement est plus considérable dans le Chélif que dans la Mitidja.
Exiratiion Je l'huile. — L'extraction de l'huile est la plus ancienne industrie du Nord de l'Afrique, elle a acquis même, sous la domination romaine, un degré élevé de perfectionnement si on en juge par les vestiges que Ton. trouve dans toute la région de l'Olivier.
Les huileries romaines différaient peu de nos huileries modernes, les bâtiments étaient parfois très grands et faits avec un véritable luxe, comme l'huilerie de Bir- Oum-Ali, près Tébessa.
Les Romains employaient au détritage des olives des
meules qui permettaient d'écraser la pulpe et le noyau ou la pulpe seule. Le premier modèle est le plus fréquent et est toujours en usage.
Le moulin qui n'écrasait que la pulpe est plus rare, il en existe un assez bien conservé à Tipaza, dans la propriété Trémeaux ; il se compose d'une grande vasque
Pressoir de l'époque romaine d'après les ruines de Bir-Oum-Ali (Croquis de M. Gsell)
en pierre du pays portant au milieu une colonnette, sur cette partie était fixé le pivot sur lequel était appuyé une barre en bois qui traversait les deux meules ainsi suspendues, les olives étaient dépulpées et broyées sans que la pression fut assez forte pour écraser le noyau. Ces moulins portaient le nom de Trapetum. Le Trapete était évidemment destiné à la préparation de l'huile
fine, car les anciens savaient déjà que l'huile des olives dépulpées était supérieure. Les meules ou molae roulaient sur les olives et écrasaient la pulpe et le noyau comme cela se pratique encore de nos jours.
Les anciens avaient encore d'autres types de moulins, entre autres le tudicula qui était formé d'un cône de
Plan de l'huilerie romaine de Bir-Oum-Ali ; A, poteaux verticaux ;
B, dalle avec rigole : C, Bassins circulaires
(D'après un croquis de M. Gsell)
pierre sur lequel roulait une meule qui s'emboîtait.
Les pressoirs étaient généralement constitués par deux poteaux verticaux entre lesquels s'engageait une longue poutre (Lingula) faisant levier ; au-devant, sur une dalle munie d'une rigole circulaire étaient placé les cabas {fiscinae oleariae). Ces fiscines étaient parfois remplacées par de véritables claies en pierre, comme
celle de Thala trouvée en Tunisie, l'exlrémité du levier devait être abaissée au moyen d'un treuil ou d'une vis.
Les liquides s'écoulaient du pressoir dans des bassins placés en avant, là devait s'opérer la décantation et la séparation des margines.
L'huile était ensuite reçue dans de grandes jarres que
Irapeluin roinaiii ù Tipa/a
l'on retrouve partout et qui sont encore en usage dans la région méditerranéenne.
Des vestiges nombreux de l'industrie ancienne des huiles, on peut conclure que l'extraction se faisait avec beaucoup de soins et surtout que les anciens ont opéré sur de grandes quantités.
Chez les Indigènes, la fabrication de l'huile est la plus importante industrie, l'outillage est parfois très rudimenlaire. Dans le cercle de La Galle, les olives sauvages sont recueillies et traitées par l'eau chaude puis écrasées, l'huile qui surnage est recueillie.
Des procédés plus compliqués sont en usage dans le pays où rOlivier est cultivé, cependant toutes les manipulations des indigènes sont défectueuses, car elles tendent à obtenir une huile rance qu'ils aiment, mais qui est d'une valeur très inférieure pour le commerce qui la paie 50 V» de moins que l'huile des mêmes olives faites par les procédés modernes.
Chez les Kabyles de la région de Tizi-Ouzou, on extrait encore l'huile suivant les anciennes traditions dans toutes les tribus ; mais cependant une grande partie des olives est portée chez des industriels français qui préparent une huile très estimée.
Dans les tribus moins bien outillées, les femmes sont presque uniquement chargées de la préparation de l'huile.
A mesure que les olives rentrent, elles sont soumises à Tébullition, puis mises en tas. Après une quinzaine, ces olives ont perdu une partie de leur eau, elles sont séchées puis réduites en pâte par le piétinement. Cette opération se fait souvent sur des surfaces rocheuses creusées de trous.
La pâte laisse suinter l'huile qui est recueillie. On place aussi la pâte dans des vases percés de trous par où l'huile s'écoule lentement.
Quand la pâte a été ainsi triturée plusieurs fois elle est portée à la rivière où elle est traitée par l'eau froide dans de petits bassins dits Ahadoum.
L'eau est détournée du ruisseau par une séguia qui remplit le bassin, la pâte d'olive apportée dans des jarres et des plats est délayée dans l'eau, pour cela les femmes troussées jusqu'au dessus du genou foulent avec les pieds la pulpe, pour achever la mise en sus-
pension, Teau est vivement agitée au moyen d'un petit bAton (thisrouith), L'écunie qui se produit alors à la surface (Ihachelabals) conlienl l'Iuiile abandonnée par la pulpe, elle est recueillie dans un vase spécial ; cette opération est recommencée tant que l'écume est grasse, puis le Ahadoun est ouvert et souvent le liquide est entraîné dans un bassin plus grand qui reçoit les rési-
Jarre ù huile de la période romaine à l'ipaza
dus de tous les ahadoun particuliers Ce bassin appartient à la communauté.
Lliuile obt(*nue dans les bassins est très forte et de (|ualité inférieure.
Les olives sont aussi écrasées sur un rocher plat au moyen d'une pierre (|ue deux femmes poussent alternativement, ce mouvement écrase les olives et forme bientôt une pulpe huileuse.
Dans beaucoup de tribus celte pierre (Aberra)') est remplacée par une grande meule qui tourne (Ar' arel)
dans une cuvelle en maçonnerie. Cetle meule est traversée par une longue perche qui aboutit à un arbre vertical au centre de la cuvette et qui est muni d'un
Claie d'un pressoir ô h .iie â l'époque roinaino h Thala (d'après une photographie de M. Mouline).
pivot en fer roulant dans une crapaudine, Textrémité supérieure est maintenue par une traverse en bois posée sur deux montants.
Souvent c'est un mulet ou un bœuf qui est attelé à ce manège, mais on y voit aussi les femmes.
Lorsque les olives sont réduites en pâte on en remplit les escourtins d*alfa (thisenalin) qui sont empilés sur la table d'un pessoir en bois.
Les grignons sont ensuite traités à la rivière dans l'Ahadoun. Cette installation est celle qui existait dans la Provence au moyen-âge.
Partout où rOlivier est abondant on trouve des moulins modernes avec un outillage perfectionné permettant de traiter rapidement les olives à mesure qu'elles arrivent.
Les olives sont achetées aux indigènes souvent à la mesure double-décalitre qui, bien coiffé, représente 16 kilos et se paye des prix très variables suivant l'abondance du produit, la maturité, la teneur en huile. Les prix oscillent entre 5 et II fr. les 100 kilos.
Les moulins sont assez nombreux pour que les indigènes puiSvSent trouver une certaine concurrence dans les achats qui leur est avantageuse. Ils savent du reste très bien qu'en dehors de l'huile dont ils ont besoin pour leur propre consommation ils ont intérêt à ne pas fabriquer, puisque pour la vente leur huile ne vaut pas celle qui est obtenue par les moulins modernes, qui est vendue toujours 50 0/0 plus cher et est demandée de plus en plus.
Les huilerie Algériennes ne peuvent èlre comparées aux grandes usines de Tunisie, cependant d'importants progrès ont été réalisés dans ces dernières années et il est maintenant bien établi que les olives peuvent, en Algérie, donner des huiles très fines si toutes les minutieuses précautions sont prises pour la fabrication.
Les grandes usines marchent à la vapeur et ont un assez grand débit qui permet d'éviter Tencombrement et la fermentation des olives. Aussitôt livrées les olives sont soumises à un triage, les feuilles toujours très nombreuses sont enlevées, c'est une bonne précaution, car la feuille triturée avec Tolive lui communique une amertume désagréable.
Les manipulations après le triturage et le pressurage sont assez délicates pour bien priver les huiles d'eau et de morge, la chambre des piles est souvent chauffée, ce qui permet à Thuile de déposer plus facilement. La filtration est une importante opération qui doit être faite aussitôt que la décantation est terminée. Les filtres en coton sont généralement préférés, il serait à désirer que quelques progrès fussent réalisés dans les appareils en usage. La fîltration débarrasse les huiles d'impuretés qui contribuent au rancissement.
Lesgrignons sont parfois vendus à Marseille au degré, ils sont utilisés pour la nourriture des porcs ou même comme combustibles. L'extraction de l'huile au sulfure de carbonne est pratiquée à Bougie. Les morgrs ou margincs sont sans emploi et jetées ; cependant M. Bertainchand a récemment appelé l'attention sur la composition de ce liquide qui est riche en matières minérales : un litre donne 24 grammes de cendres contenant plus de 12 grammes de potasse. Les margines peuvent donc être assimilées aux vinasses des distilleries. Par évaporotion et calcination on a obtenu à Tunis un salin d'une valeur de 22 à 23 les 0/0 kilos. La potasse retirée des margines pourrait être utilisée sur place à la préparation de savons et les autres résidus constituent des engrais.
a © «a £)Cca 0)
c ad 2 »- «j ^ «^2
•w ^ « S si 5 ^r 5 ?- ^ ^ :2i '^' ^ 1-^
Un nouveau procédé d'extraction a été mis en usage Tannée dernière dans quelques usines algériennes, il est dû à M. Tanquerel de Sousse.
Les olives sont broyées par des moulins, le broyage est continué pendant un temps plus long que dans le procédé ordinaire de façon à désagréger le plus possible les cellules. Les olives restent une heure sous les meules.
La pâte est portée dans une cuve cylindrique en maçonnerie garnie de carreaux de faïence, d'une capacité de 0.000 litres, déjà presque complètement remplie d'eau de mer (ou d'eau salée). Dans cette cuve est disposé un serpentin de vapeur percé de trous et un agitateur à palettes mù mécaniquement ; l'agitateur tourne avec une vitesse de H tours à la minute, le mélange est ainsi doucement brassé aiin de ne pas émulsionner l'huile ; en même temps on donne de la vapeur pour élever la température au voisinage de 30^.
Après que la cuve a reçu sa charge de pâte broyée qui est de 1.000 à 1.500 kilos, on continue Tagitation pendant une heure. Au bout de ce temps l'huile surnage, une addition d'eau de mer permet de la décanter par un tuyautage spécial et de la conduire dans une série de bassin où la décantation s'achève.
A l'arrivée dans les bassins, cette huile est débarrassée d'abord des débris grossiers des cellules de l'olive par son passage sur un tamis ; ces débris qui contiennent encore de l'huile sont reportés sous les meules des broyeurs.
Un courant d'eau chasse doucement l'huile du premier bassin dans un autre, l'huile est obligée de traverser une toile métallique qui arrête les impuretés.
Quant à Teau qui a servi à rexlraction. elle est dirigée d'abord dans un bac, où se déposent les débris de noyaux et de là dans des enfers, où on peut récolter encore une petite quantité d'huile.
Pour alimenter deux cuves sans interruption de travail, cinq moulins recevant une charge de 500 kilos sont nécessaires.
D'après M. Tanquerel, les avantages de ce procédé sont les suivants :
l*' Rendement supérieur ;
2<» Obtention en une seule opération de la presque totalité de Thuile contenue dans les olives ;
S*» Obtention directe d'une seule et môme qualité d'huile aussi bonne sinon supérieure à celle de la première pression ;
4*^ Suppression, dans ce procédé, d'un matériel s'usant rapidement et coûteux à reparer (presses hydrauliques, pompes, etc.) ;
5** Suppression de l'emploi des scourtins d'un prix d'achat assez élevé, exigeant une main-d'œuvre considérable par suite des manipulations qu'ils nécessitent, et cause de perte dans le rendement ;
6<* Réduction notable du personnel ouvrier ;
7^ Suppression des grignons ;
8** Production d'huile neutre, s'acidifiant plus difiicilement, moins colorée et plus limpide.
Quelques-uns de ces avantages sont pen-éire un peu exagérés, il n'en est pas moins vrai que le procédé est très séduisant : Le travail peut être fait tout entier automatiquement, la main-d'œuvre est considérablement réduite, l'huile obtenue est de l'avis de tous les dégus-
tateurs que nous avons pu consulter de très bonne qualité, et les résidus ne paraissent contenir qu'une minime quantité d'huile.
Le procédé Tanquerel est l'application industrielle du procédé darb-el-mah qui donne, comme on le sait, les meilleures des huiles arabes. L'action de l'eau de mer n'a pas l'importance qu'on lui attribue; sauf peut-être pour ce qui concerne la décantation qui est incontestablement d'autant plus aisée que la différence entre les densilés de l'huile et de l'eau employée est plus grande, il semble que les résultats obtenus en employant l'eau douce ne seraient pas sensiblement différents.
M. Tanquerel estime que la quantité d'huile qui reste dans ces pulpes ne dépasse pas i. 70 0/0 du poids de l'olive, une grande partie de cette huile est d'ailleurs recueillie dans les enfers.
Le procédé Tanquerel est ingénieux ; mais il est impossible avant d'avoir vu fonctionner une usine de se prononcer sur sa valeur pratique.
Huile. — L'huile algérienne fut longtemps connue surtout par l'huile Kabyle fabriquée comme nous l'avons vu, par une population qui recherche l'huile forte et qui va jusqu'îi conserver des levains de margine rance d'une année à l'autre.
Les usines modernes ont beaucoup amélioré la réputation dos huiles d'Afrique, il reste peu à faire pour obtenir des produits aussi lins qu'en Provence et qu'en certaine contrée de l'Italie où la fabrication est très soignée.
Les dégustateurs d'huile d'olive reconnaissent aux huiles certains caractères importants qui sont le goût,
l'odeur, la couleur, la pâte. Le goût est doux généralement et souvent d'une manière très nette, mais il y a aussi des échantillons amers, cette amertume peut tenir à la variété d'olive, à un défaut de maturité, à un mélange de feuilles. L'odeur a une importance assez grande et se confond avec le goût ; la rancidité se manifeste par une mauvaise odeur ; pour obtenir des huiles n'ayant pas d'odeur laissant à désirer, il faut beaucoup de précautions dans le triage des olives et dans toute les manipulations, l'huile fixant avec la plus grande facilité les parfums développés par les moisissures ou toute fermentation complexe même ceux provenant de la fumée. La filtration faite, le plus tôt possible, est une bonne précaution contre les odeurs pouvant provenir des liquides aqueux restant en contact avec l'huile.
La couleur est très variable et les consommateurs ont des goûts différents. Les huiles vert clair sont généralement peu recherchées, on préfère les huiles ambrées ; avec certaines variétés de Chemlal, on obtient dans la vallée de la Soummam des huiles blanches très remarquables. La limpidité est obtenue par des décantations et filtrations, c'est une qualité trop souvent négligée. La pâte désigne Timpression onctueuse, visqueuse que laisse dans la bouche une huile dégustée, on dit aussi qu'une huile est grasse quand elle a de la pâte. Les huiles surfines devant être consommées sans coupage ne doivent pas avoir de pâte, les huiles de Chemlal sont dans ce cas. Mais la pâte est quelquefois recherchée par le commerce pour faire des coupages, Thuile grasse d'Azeradj convient pour améliorer les huiles de coton démargarinées si abondantes sur le marché. Kn dehors
de ces caraclères, on trouva dans les huiles, comme dans les vins, des crûs. La nature du terrain, la variété cultivée, le mode de fabrication et de conservation jouent alors un rôle prépondérant.
La densité des huiles d'olives algériennes varie de 0.917 à 0.919 i\ 15".
La détermination et le dosage des acides gras des huiles Algériennes n'ont pas encore été faits avec le même soin et la même précision qu'en Tunisie. Mais il est déjà évident que les huiles Algériennes, comme les huiles Tunisiennes, peut-être à un degré moindre, ont une tendafice exagérée à se solidifier sous l'influence des basses températures. En général, la solidification de l'huile d'olive ne se produit qu'entre 0 et -|- 4<», les huiles Algériennes se figent parfois à une température plus élevée. Certaines variétés d'olives donnent des huiles plus margarinées. L'acidité des huiles est parfois assez élevée ; mais c'est là un défaut dû à une mauvaise conservation. On évite l'acidité par une fabrication rapide et soignée et par la filtration faite aussitôt que possible.
Les huiles d'olive sont classées en deux catégories: les huiles comestibles et les huiles industrielles ; mais chacun de ces groupes se subdivise.
Les huiles comestibles sont loin d'avoir la même valeur. On distingue ordinairement les huiles de première pression qui sont dites huiles vierges surfines et fines et vendues de 140 à 120 francs.
Les huiles de deuxième pression sont mi-fine», ordinaires, mangeables, kabyles et se vendent de 100 francs à 80 francs.
I^es huiles industrielles ou lampantes sont en grande
partie produites par les indigènes et proviennent d'une mauvaise fabrication, le mauvais goût provient de la fermentation des olives et du rancissement, elles peuvent devenir très fortement acides et conviennent alors très bien pour la savonnerie ; elles valent de 80 à 70 francs. Les huiles de ressence d'enfer, de crasse sont utilisées par les industries et valent encore 50 francs ; rhuile de pulpe obtenue par le traitement au sulfure n'est pas acide et très propre au graissage des machines, la production de cette huile tend à se généraliser dans le pays de l'Olivier ; il est à désirer que les industriels algériens examinent les avantages que cette nou- ,velle manipulation pourrait leur donner.
Un certain nonibre vendent leurs grignons au degré, le prix est généralement de 30 cent, le degré.
Comvrves. — L'importance des conserves d'olives est peut-être un peu méconnue en Algérie. De tout temps, les peuples qui ont vécu au contact de l'Olivier ont consommé son fruit. Chez les Romains, les conserves d'olives étaient très recherchées et les formules de préparation, que nous ont fait connaître leurs auteurs, sont très compliquées. En Grèce, en Espagne, en Orient, on mange des quantités très considérables d'olives conservées. Les populations pauvres trouvent dans ce fruit un aliment très sain et d'un prix peu élevé. Les gourmets peuvent aussi trouver des olives très bien choisies et préparées qui peuvent constituer un véritable régal. En dehors des lieux de production, les olives conservées sont consommées surtout sous forme d'olives vertes salées. En Californie, où les plantations d'Oliviers prennent une grande extension, presque toute la récolte
est destinée à la préparation de conserves. Les Anïéricais ont reconnu que, sans conteste, ie& meilleures conserves d'olives étaient obtenues avec les olives mûres et c'est avec le plus grand soin qu'ils préparent les grosses olives noires qui sont fort recherchées.
En Algérie, une part importante de la récolte est chaque année consommée par les Européens et les Indigènes sous forme de conserve. Les olives doivent subir une préparation destinée à enlever l'amertume et à assurer la conservation.
Suivant une pratique importée d'Espagne, les premiè. res olives vertes sont écachées avec un maillet en bois, puis mises dans de l'eau pure où elles ne tardent pas à perdre leur amertume. Ces olives sont ensuite salées et consommées de suite, elles n'ont pas une très belle apparence, mais sont bonnes et peuvent fournir pendant quelques mofs un appoint à l'alimentation. Les olives que l'on conserve sont généralement les grosses olives indigènes comme VAdjeraz et la Tefah; en Tunisie il existe quelques très belles races comme les Besbassi, le Limi, Marsalina, Souaba el Aljia qu'il y aurait intérêt à propager en Algérie. Les meilleures olives de conserves observées en Algérie, viennent des jardins du Hamma de Constantine. A TIemcen et dans l'Oranie, on trouve aussi de belles olives pour cet usage. Les conserves verlos ne sont pas faites en grand pour alimenter même le commerce local, cependant, depuis quelques années, l'exportation des olives de conserve tend à augmenter.
Mais les conserves que l'Algérie devrait surtout préparer pour l'exportation sont les conserves des olives mûres qui, bien présentées, trouveraient une place importante sur les marchés d'Europe.
pour assurer ^^^.^^ :::::X Pe^ ^^^^^ pasleuriser les ^a^'ls dco"^« ^^^u^ et envoyer
^uver à U vapeur les ^^'^^J'^^^^.^ou d'agiter de ma- «n iel de vapeur en ayant la pr^«^ , go». 05".
:;e.cha«fleruni.or.«^rn nU^^^ ^^^„, ,,,,-..
0.ue Pr^-»-" .\X "c:!- tous les climats et a uoe conservation absolu
toutes les saisons. ^ j ,,au (ac.lement
%,ur «ne conserve à bas prjl ^.^^ p,„
^ produite en grande q"«""; .^„, et se borner à Z sl«.P«fier «---"«^.f j: :s les olives mûres
^^„,i,#es. viendraient pas à iS centimes le
L- "1"- ""'T "^"" ,7:,1, placées dans un r«.- ,„,.« ,,'- ^V""»'" ; :^r,..„ sons nnllne»'^ J" *' ;,H.,„ H .Bil'^ "".j",re "nlralne 1, principe a»«.
ou des jarres, avant de les manger on les fait treniper dans de Teau salée ou dans de l'huile.
Ces olives très mûres, un peu desséchées et imbibées d'huile sont fort appréciées par les populations riveraines de la Méditerranée. On peut en choisissant bien les fruits, en soignant la préparation pour éviter les moisissures, obtenir un excellent hors-d'œuvre que Ton peut aromatiser aves des truffes dont l'olive mûre flxe très facilement le parfum.
De très belles olives noires sont importées en France, de Grèce, d'Italie et d'Espagne.
En dehors d'une importante production d'huile, l'Olivier doit certainement en Algérie, donner des olives de conserve, il peut être bon de préparer des olives, vertes à la Picholine comme en Provence ; mais il serait probablement plus avantageux de créer l'industrie des olives rotures. Les olives mûres constituent un aliment très agréable, de digestion facile, elles sont riches en principes nutritifs, surtout en huile, tandis que les olives vertes ont tous les défauts des fruits non arrivés à maturité, elles sont indigestes et peu nutritives.
Commerce
L'Algérie consomme plus de vingt huit millions de kilogramme d'huile par an. Elle produit, à l'exclusion de toutes autres huiles comestibles, une moyenne de vingt cinq millions de kilos d'huile d'olive. Elle en exporte de quatre à six millions, et pour combler le déficit qui représente le tiers de sa consommation, elle importe environ dix millions de kilogrammes d'huiles de toutes graines.
Les importations se décomposent comme suit :