‹ L'Algérie agricole en 1906Chapitre 20 sur 40 · IW · texte numérisé non relu

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La France importe aniiuellement de 18 millions (1903 et 1905) à 29 millions (1904) de kilos d'huile d'olive sur lesquels l'Algérie n'a contribué que pour 4.265 600 kilos en 1904. L'exportation de cette dernière dans les autres pays s'est réduite à 35.100 kilos.

La population algérienne préfère l'huile d'olive à toute autre, qu'elle ne consomme que par économie. L'Algérie pourrait exporter aussi des quantités d'huile considérables en Angleterre, en Russie, dans les Amériques du Nord et du Sud. L'Angleterre importe à elle seule 20 millions de kilogrammes d'huile d'olive, qui provient en grande partie d'Italie et de Turquie. Les États-Unis, en attendant que la Californie produise assez

pour leur consommation, importent 50.000 hectolitres malgré un droit d'entrée de 55 francs, et l'Allemagne 70.000 hectos.

Les prix de gros des huiles d'olive prises sur place sont actuellement de 75 à 85 francs le quintal pour les huiles de goutte et de 35 à 40 francs pour les huiles de revenu.

A ce prix, la culture de l'Olivier est encore rémunératrice, même lorsqu'il s'agit des plantations faites de toute pièce en terres irrigables dont on peut établir, ainsi qu'il suit, le prix de revient :

Achat de terrain , , 300 300

Achat de plants, 10, de 0 fr. 25 à 4 fr. . . 25 à 400

100 trous de 1 m. ' ô 0 fr. 50 50 50

Plantation à 0 fr. 25 par arbre 25 25

Frais d'irrigation la 1" année 20 20

Achat de l'eau . 7 à 8

Intérêt à 5 0/0 pendant 4 ans 85 43 à 100 60

Frais de taille de culture et d'irrigation

pendant 3 ans 210 210

Total 722 10 h 1.113 60

En arboriculture, une dépense initiale de i .000 francs donnant un revenu de 300 francs au bout d'une dizaine d'années constitue un placement de premier ordre.

Dès la quatrième année de plantation, des oliviers bien soignés, en terre perméable et irrigable comme la plupart de celles des environs de Tlemcen, de la vallée du Chéliff, de la Mina, etc., donnent un double d'olives par arbre d'une valeur de un franc, somme qui paie les frais de culture et l'intérêt du capital engagé.

Nous avons, à dessein, établis entre l'achat des plants dans les deux cas différents que nous avons envisagés,

une différence de prix. Dans le premier, en effet, nous avons supposé que l'oléiculteur les produisait lui même. Dans l'autre, nous les avons comptés au taux où les vendent actuellement les pépiniéristes. Cependant, on ne saurait conseiller à qn colon, au début de la création d'une olivette, de produire lui-même les plants qui lui sont nécessaires. Ce serait Tobliger à un retard de 4 ou 5 ans, parce que le jeune olivier doit passer ce temps en pépinière avant d'être bon à planter.

Le rendement de l'olivier, est du reste, progressif. Vers la douzième année, dans les olivettes irriguées et soignées, il atteint de 4 à 5 francs par arbre. A vingt ans il peut dépasser 15 francs sans autre augmentation des prix de culture que ceux de cueillette qui sont proportionnels au rendement et varient de 2 à 3 francs par 10U kilos.

Ne faut-il pas attribuer l'ostracisme dans lequel les colons ont longtemps tenu les oliviers à l'ignorance dans laquelle ils se trouvaient de ses besoins et au drainage des capitaux par la vigne dont les revenus rapides sont fascinateurs.

On remarquera qu'au début de la colonisation le greffe des olivettes fut seul usité.

Partout où les oliviers greffés furent défrichés et labourés ils donnèrent des résultats merveilleux. Les olivettes de Souma, de Chebli, toutes les olivettes Kabyles en font foi. Mais où on crut pouvoir greffer dans la brousse, les rendements furent insigniflants et la plupart du temps la récolte était anéantie par la mouche ou par la sécheresse.

Quelle différence cependant entre la culture de la vigne et celle de l'olivier. Combien moins coûteuse, combien plus commode est cette dernière.

I/olivier le mieux cultivé se contente de 2 ou 3 labours et d'autant d'arrosages. La taille est payée par le bois qu'elle donne elle a lieu en hiver après la cueillette. Cette dernière dure d'octobre à février et se fait concurremment avec la fabrication de l'huile.

En somme le propriétaire d'une olivette, même s'il fabrique son huile et dirige toutes les opérations de son exploitation par lui-même, n'est occupé que du mois d'octobre au mois de mars, les beaux mois algériens. La culture de l'olivier, c'est la culture des hiverneurs qui veulent trouver à la fois un placement avantageux et une occupation intéressante sur des terres leur appartenant, tandis qu'ils demandent à la clémence du climat Algérien de les préserver des rigueurs de l'hiver européen.

Quant à l'écoulement des huiles algériennes il n'y a point lieu de s'en préoccuper. Leurs cours ne peuvent tomber au dessous de 0 fr. 80 le kilo. A ce prix elle concurrenceraient sur le marché local, qui les préfère, les huiles de graines dont nous avons plus haut indiqué l'importation considérable en Algérie. Or, ces huiles étant exemples de droits à l'entrée eh France comme à l'entrée en Algérie, ne peuvent tomber à un prix inférieur, d'autre part la consommation locale suffirait elle seule à l'écoulement de toute Thuile d'olive produite en Algérie si l'on en juge par le tableau suivant :

Consommation d^hoilo par ori|rin«

Par tôte Nombre d'habiUnts Total

Musulmans et Israélites. 2 k. 5 3 333.000 8.332.500

Kabyles 15 » 807.626 12.114.390

Européens 12 » 583.844 7.006.128

Total en kilos.. 27.453.018

Une marchandise que le sol national ne produit pas en quantité suffisante pour alimenter sa population sans cesse croissante, qui n'est protégée que par des droits de douane insignifiants, qui est concurrencer par des produits exempts de droits, n'a pas à craindre une baisse de ses prix. Aucune culture ne présente donc plus de sécurité que celle de Tolivier.

Le Figuier. — Le Figuier couvre en Algérie des surfaces déjà très considérables, on évalue à environ quatre millions le nombre d'arbres en rapport ; il est, en Kabylie particulièrement; cultivé avec beaucoup de soin par les Indigènes. La figue sèche est un produit qui fournit à l'exportation 80.000 quintaux et qui est encore loin d'encombrer les marchés de la Métropole. L'étranger n'oppose pas, à la figue, de droits de douane prohibitifs. Il est donc logique de donner de l'extension à cette culture qui est relativement facile.

Le Figuier n'est pas exigeant ; mais pour qu'il donne des produits rémunérateurs il faut cependant qu'il soit dans un climat convenable et qu'il y trouve un sol approprié. Pour bien mûrir ses fruits, le Figuier demande, en août et septembre, une atmosphère sèche ; trop près de la mer, les ligues restent trop aqueuses à la maturité et fermentent, il faut que le fruit mûr subisse, déjà sur l'arbre, un commencement de dessiccation naturelle qui le conserve.

C'est au pied des montagnes, dans les vallées chaudes, à une altitude de 300 à 800 mètres, que se trouvent les meilleures stations pour le Figuier.

Le Figuier a des racines très puissantes qui doivent

pénétrer profondément pour trouver de la fraîcheur, les terres légères lui conviennent particulièrement. Le plus souvent, c'est sur les coteaux que les figueraies sont établies, cependant, dans les alluvions des plaines, le Figuier prend un grand développement, mais son fruit n'est susceptibles de conservation que si l'atmosphère est suffisamment chaude et sèche.

Avant de planter cet arbre, il faut donc s'assurer que Ton peut compter sur les conditions de climat et de sol.

La généralité des figues cultivées pour la dessicationc sont des figues du type Smyrne qui demandent, pour se développer, une fécondation très particulière, opérée par une petite mouche développée dans des figues.

Fig. t Blastophaga, mouche du Dokkar

Fifj s

Figues mâles préparées

pour la capriflcation

venues sur des Figuiers mâles, que les Indigènes appellent Dokkar. Ces figues mAles laissent échapper, pendant tout l'été, ces insectes qui sont couverts de pollen. En pénétrant dans les figues cultivées ou figues femelles les mouches déposent, sur les nombreux stigmates, la

poussière fécondante qui détermine la transformation de l'ovule en graine.

Les indigènes, pour faciliter la fécondation, accrochent sur les artrres des chapelets de figues mâles.

Dans les montagnes les figues femelles sont souvent fécondées par des figues mâles que les Kabyles sont obligés d'acheter très cher dans les vallées plus chaudes.

Les variétés du Figuier sont très nombeuses sur les bords de la Méditerranée et dans chaque contrée on trouve d'excellents fruits.

Les races qui conviennent le mieux pour la grande culture, en Algérie, sont celles qui, déjà acclimatées, sont exploitées avec profit. On peut y ajouter quelques variétés de l'Europe méridionale et de l'Asie mineure. Dans certaines conditions, il faudra se contenter de races locales, souvent médiocres, mais fertiles et bien adaptées.

Une étude comparée des variétés du Figuier est encore à faire en Algérie, la Station botanique possède une collection des Figuiers qui sont cultivés sur les bords de la Méditerranée ; mais l'étude complète de ces matériaux n'est pas achevée, les sujets qui paraissent intéressants par leur fertilité et la qualité de leurs fruits sont multipliés et expérimentés en Kabylie, dans les conditions normales de culture et de préparation du fruit.

Les variétés à fruits gros cl moyens sont les plus recherchées par les cultivateurs indigènes ; mais il y a aussi des races à petits fruits très nombreux, très sucrés qui méritent d'attirer l'attention.

Les figues qui, en Kabylie, donnent les meilleurs produits pour l'exportation sont des variétés très voisines

du Figmen' de Smyrne, ce sont des fruits jaunes dorés à maturité, très pulpeux, riches en sucre et réclamant la caprification. Ce qui a pour conséquence le développement d'un grand nombre de graines fertiles.

Le rendement du figuier varie beaucoup suivant les conditions de culture et Tàgedes arbres. Dans une plaine à sous-sol perméable et frais, on obtient facilement, avec des arbres de 15 à 20 ans, 60 quintaux de figues sèches, mais les années à pluies précoces ou à orages, une grande partie de la récolte est compromise faute d'installations

Figue de Smyrne

pour le séchage à couvert. Ce rendement assure un bénéfice de 350 à 600 francs par hectare.

Sur les pentes à sous-sol moins frais, les rendements

diminuent de moitié ; mais la qualité du produit est supérieure, il reste encore un bénéfice de 250 à 350 francs par hectare. Ces chiffres sont pris en Kabyiie où les figues sont vendues en moyenne à 20 francs le quintal pour Texportalion.

Les rendements pourraient être augmentés par un

Le séchage des figues en Kabyiie chez les Beni-Djemor

meilleur choix de variétés et par une meilleure préparation du fruit.

Le figuier commence à rapporter sérieusement après cinq ans de plantation (10 à 15 quintaux).

Le séchage des fruits est une pratique bien ancienne dans la région méditerranéenne, les figues notamment,

dans les stations un peu élevées, sëcbent sur les arbres mêmes et il devait venir à l'esprit de conserver ce fruit après l'avoir exposé quelques jours au soleil. C'est celte industrie primitive qui est florissante (tains une grande partie de la Kabylie, notamment dans la région de Bougie.

Depuis des siècles, les figues sont préparées de la même manière par les Kabyles pour leur usage d'abord, pour l'exportation ensuite.

Dès que Ton suit les différentes phases de la préparation des figues sèches on ne tarde pas à comprendre que l'on pourrait, avec les excellentes figues kabyle, obtenir de bien meilleurs produits pour les marchés européens.

Le figuier ne donne de bons fruits, pour la dessiccation, que dans les régions qui ont un mois d'août très chaud et très sec. Pour que la récolte soit facile et les manipulations qui suivent possibles, il faut que, sur l'arbre même, la figue ayant achevé de mûrir, se ride et se dessèche, elle tombe alors au moindre attouchement. C'est dans ces conditions qu'est faite la cueillette par les Kabyles.

Cette cueillette est beaucoup plus facile qu'on ne le croit généralement ; il suffit de secouer les branches pour provoquer la chute des figues mûres, la récolte uhe à une sur les branches entraînerait des frais considérables de main-d'œuvre.

Ces figues demi sèches peuvent être transportées à de petites distances dans des paniers, puis étendues sur des claies au soleil, le soir ces claies sont empilées ou rentrées dans un gourbi.

Les figues fraîches perdent, par la dessiccation, environ

les deux tiers de leur poids, mais les figues ridées demi sèches, récoltées sur les arbreà bien exposés, ne perdent que la nioitié et même moins.

Cette particularité de la dessiccation sur Tarbre indique ijue lé (Iguier est dans son milieu et que la variété observée est susceptible d'être facilement mise en œuvre. Sur le littoral, souvent les figues laissées sur Tarbre restent aqueuses, fermentent et deviennent acides. Quand celte fermentation acide se produit on peut être assuré que Texploitation n'est pas établie dans de bonnes conditions.

Quand la dessiccation est complète, ces figues sont entassées à l'abri de la rosée et des pluies qui peuvent survenir ; mais elles sont alors visitées par de petits papillons du groupe des Teignes (Myelois Ceratoniœ) qui pendent des œufs, devant plus tard se transformer en une larve rougeâtre assez grosse qui rongera l'intérieur de beaucoup de fruits.

Ces figues, transportées en sac ou confins au point d'embarquement sont encore entassées dans les entrepôts pour y être triées et mises en caisses ou en coufins.

Pendant ces longues manipulations la figue perd une grande partie de sa valeur ; ce fruit serait incomparablement supérieur si, après avoir été exposé quelques jours au soleil, il était mis de suite en caisse et livré à des industriels qui opéreraient les triages et manipulations nécessaires à l'obtention de figues sèches pouvant rivaliser avec celles d'Italie ou d'Orient.

Il faudrait substituer aux claies primitives des claies régulières en bois, pouvant se superposer facilement et former une pile le soir.

Les figues, triées dès le début des opérations de

séchages, sécheraient beaucoup mieux et resteraient très propre tandis que souvent les figues écrasées engluent les fruits intacts.

Café de figues. ~ La préparation, en Autriche surtout, d'un Café de figues, a attiré, depuis quelques années, Tattention des pays producteurs de ce fruit.

Cette industrie est appelée à un certain avenir, car de l'avis de nombreux dégustateurs le Café de figue est infiniment supérieur au Café de chicorés avec lequel il entre en concurrence.

Les figues employées pour la fabrication du café sont des figues noires de peu de valeur, elles sont payées de 12 à 15 francs les 100 kilos. Ces figues sont assez communes en Algérie et appartiennent aux variétés Azenjar, Thaberkane, Averane, etc.

Une qualité importante de nos figues, pour la préparation du café, provient de la fécondation, parla caprification, qui a pour effet de développer une petite amande dans chacune des nombreuses graines. Ces graimn pleines donnent, par la torréfaction, un parfum vanillé, assez agréable, qui corrige le goût de mélasse de la partie charnu4i du fruit.

Il semble que le moment est venu de tenter l'installation en Algérie de l'industrie du Café de figues, la matière première est abondante et les manipulations ne sont pas très compliquées.

Les figues séchées sont passées dans un torréfacteur, puis soumises à une pilerie mécanique.

L'industrie du café aurait aussi pour effet de débarrasser les marchés des figues défectueuses provenant des triages faits avant l'expédition.

Cependant la vente du Café de figues fabriqué en

Kabylie ces dernières années n'a pas été suffisante pour pemettre à quelques petites usines de continuer la fabrication. Il est même arrivé que, par une interprétation abusive de la Loi sur les fraudes, il a été défendu par rautorité judiciaire, à Bougie, de vendre ce produit sous le nom de Café de figues.

Oranger. — Production el consommation. — Les contrées qui bordent la Méditerranée ont depuis une époque relativement récente reçu de TExtrême-Orient les excellents fruits que produisent les différentes espèces du genre Citrus. Ce sont les arabes qui ont propagé les oranges dans le bassin de la Méditerranée, la dénomination oranger dérive de l'arabe Narandj f-^j^

Les oranges sont aussi appelées par eux Tchina, nom qui indique leur origine chinoise.

Les Limons ont conservé le nom arabe et indien de Lime.

Vers le XV« siècle, les navigateurs portugais ont introduit directement de Chine de meilleures variétés qui reçurent le nom de Portugal (Bordigane en arabe), il est possible que la première orange introduite, cinq siècles plus tôt, par les arabes ne soit qus la Bigarade, mais c'est le Cédrat qui paraît avoir le premier, vers le commencement de notre ère, pénétré en Occident.

La Mandarine est d'introduction toute récente, elle était une curiosité dans les jardins botaniques italiens au commencement du XIX*' siècle, ce n'est que depuis 1850 que sa culture s'est étendue. L'Algérie en fut dotée, dès cette époque, par la Pépinière du Gouvernement, dirigée par Hardy.

ijQ^ Pamplemousses sont aussi d'introduction toute récente et nous n'avons que depuis quelques années les races comestibles.

Le Citrus Japonica ou Kunquat signalé aux acclimateurs par R. Fortune en 1848, ne fait que de débarquer du Japon dans nos cultures du bassin méditerranéen ; mais il est déjà très répandu en Floride où il a beaucoup de succès.

Le Sud de Tltalie et la Sicile virent rapidement les orangeries se multiplier et à mesure que les voies de communication devenaient plus nombreuses, une exportation considérable, dans tout le monde, s'organisait. Les orangeries d'Italie produisent autant que toutescelles des pays où l'on (ait des statistiques réunies. L'Italie cultive environ 45. 000 hectares d'orangeries produisant plus de 17 millions de quintaux de fruits, dont la valeur est de 75 millions.

La péninsule Ibérique a des orangeries dans les plaines côtières. En 1879, l'Espagne cultivait 8.000 hectares d'orangeries, actuellement cette superficie est d'environ 20.000 hectares, produisant 3 millions de quintaux de fruits, soit 150 quintaux de fruit à l'hectare.

Le Portugal a de belles orangeries, sur le continent, dans les vallées de l'Algarve et de Setubal, l'exportation est faible: 60.000 quintaux en Angleterre. Aux Açores, de belles orangeries existent depuis très longtemps, les arbres y atteignent des proportions colossales, leur envergure est de 15 à 20 mètres, certains produisent jusqu'à 7 à 8 mille fruits, mais ces orangers, francs de pieds,ont été ravagés par les cochenilles et la gommose et de nouvelles orangeries se reconstituent, l'exporta-

tion, d'environ 35.000 quintaux est dirigée en entier sur l'Angleterre dès octobre. Celte exportation fut beaucoup plus importante avant Tinvaslon des maladies parasitaires (en 1857, 130.000 quintaux).

La France produit environ 40.000 quintaux d'oranges et 16.000 quintaux de citrons.

La Corse récolte 2.300 quintaux d'oranges, 1.200 quintaux de citrons et 30.000 quintaux de cédrats.

L'Algérie produit environ 250.000 quintaux d'oranges et en exporte 53.000. La statistique indique 1.205.000 arbres, ce qui doit représenter environ 2.500 hectares, les arbres étant généralement plantés à très petite distance dans les anciennes orangeries.

La Tunisie n'a pas 100.000 agrumes, dont 30.000 cédrats et 30.000 citronniers. Ces fruits y sont cependant de très bonne qualité.

En Syrie, la culture des orangers s'étend rapidement, spécialement à Jafïa, malgré les difficultés qui proviennent de cochenilles parasites. Jaffa et Tripoli expédient 400.000 caisses de 300 fruits. Chio est devenu célèbre par ses mandarines. Candie cultive le Citronnier, les autres îles de l'Archipel ne sont pas moins agrumifères. L'exportation se fait surtout en Turquie, Russie, Serbie, Roumanie, Trieste et en Angleterre.

Malte exporte de très beaux fruits. Oranges de Malte et Mandarines, pour environ 150.000 francs Les prix de vente sont élevés car la production ne dépasse pas 3.600 milliers de fruits.

L'Egypte cultive l'Oranger sur la côte et dans le Fayoum, mais n'exporte que des Mandarines très appréciées en Angleterre. Les Cochenilles contrarient la culture .

Tripoli de Barbarie fait aussi la culture de TOranger et expédie environ 2.000 quintaux d'oranges et mandarines en France.

Dans tous les centres agrumifères de la Méditerranée la culture des Orangers est en voie d'extension rapide ; ritalie, seule, éprouve quelques déboires depuis que ses expéditions vers l'Amérique ont diminué ; beaucoup de ses citrons ne trouvent pas une place avantageuse sur [es marchés européens pour des raisons variées, transports onéreux, droits trop élevés. Mais c'est là une crise qui sera conjurée par une plus grande initialive des producteurs et du commerce, car le citron est, tous les étés, rare dans les centres de consommation.

Consommation, — La consommation dis Agrumes varie avec les facilités de transport et parf jis avec les droits de douane.

En Italie, le professeur Savastano estime que chaque Italien consomme 80 fruits.

Aux Etats-Unis, un habitant consomme par an 50 Agrumes, dont 25 d'importation.

En Angleterre, un habitant en consomme 20 de provenances très variées, en raison des grandes lignes commerciales de ce pays et de l'entrée libre.

La France vient ensuite avec 12 fruits par habitant.

En Allemagne, la consommation est réduite à 2 Agrumes par habitant ; il en est de même en Suisse, Norwège, Suède. En Russie, la consommation des Agrumes n'arrive pas à un fruit par habitant.

Le marché français absorbe environ 588.000 quintaux d'Agrumes provenant de :

Espagne 500.000

Algérie ; 53.000

Italie 20.000

Autres pays (Angleterre, Grèce, Syrie, Tripoli). 15.000

L'Angleterre importe de plus en plus d'Agrumes ; en 1881, la valeur de ces fruits importés était de 37 millions, elle est actuellement de G5 millions.

Le Royaume-Uni reçoit plus de 2 millions de quintaux d'Agrumes et environ 250.000 y sont réexportés. Tous les pays agrumicoles approvisionnent le marché anglais qui est librement ouvert.

L'Espagne a elle seule fournit les 3/5, soit environ 1.200.000 quintaux.

L'Italie vient ensuite pour 1/5, soit 400.000 quintaux. Il reste 1/5 ù partager entre l'h^ypte, la Turquie, les Açores et le Portugal, le Brésil et les Etats-Unis.

Il n'est pas douteux que l'Algérie pourrait trouver une place sur ce marché important.

L'Allemagne consomme peu d'agrumes ; l'Italie expédie environ 160.000 quintaux, Ttspagne 10.000, les droits de 5 francs par quintal, trop élevés, viennent d'être abaissés. Cet abaissement de tarif permettrait une importation plus considérable, l'Allemagne étant bien desservie par ses ports et par ses chemins de fer.

Les Oranges d'Algérie y parviendraient économiquement par Hambourg ou par Marseille et Gênes. La Russie s'approvisionne en Italie directement (150.000 quintaux) ou par l'intermédiaire de l'Autriche, la Grèce, la Turquie et Syrie, contribuent aussi à son approvisionnement qui est très limité en raison des droits prohibitifs de n francs par quintal brut, soit environ 19 francs par quintal net.

La Suisse consomme environ 15.000 quintaux, 10

mille sont fournis par Tllalie, le reste par TEspagne via Marseille.

Les produits algériens pourraient dans de bonnes conditions pénétrer dans ce pays, les droits sont de 2 francs le quintal.

La Suède et la Norvège, la Hollande, le DaneR>ark, sont approvisionnées par des réexportations d'Angleterre.

Les époques d'exportation, — L'exportation des Agrumes peut durer toute Tannée, en hiver ce sont les Oranges qui sont expédiées sur les centres de consommation; en été, les citrons sont recherchés, ils proviennent surtout de la deuxième récolte sur les citronniers remontants. Ces Verdelli, comme les appellent les italiens, ont moins de valeur que les citrons d'hiver (Bianculi), la mise en réserve de cette récolte donnerait de meilleurs produits ; mais la conservation de ces fruits de janvier à juillet n'a pas encore été réalisée, en grand, bien qu'elle soit possible.

Les régions agrumières. — Les Orangers trouvent sur le littoral africain des sites qui leur conviennent admirablement. Les Indigènes qui ne savaient pas établir des abris n'ont planté des Orangers que dans les situations naturellement protégées contre les grands vents, qui nuisent particulièrement k cet arbre. C'est surtout dans les gorges de la base des montagnes qu'ils avaient créé denombreusesorangeriesoii l'on trouve encore des fruits délicieux.

Mais toutes les plaines du littoral conviennent à cette culture qui peut s'étendre vers la base des montagnes jusqu'à une altitude de 6 à 800 mètres. C'est le plus

SnccessioD des exportatioDS des diverses régions

(D'après le professeur Savastano) 10 indique le maximum^ î le minimum de l*exporiation

Palerme .

Messine. .

Catane . .

Sorrente Malaga .

Portugal

Brésil...

Agores .

Valence .

Malaga..

Séville . .

Portugal Sicile . . .

Jaffa .. \ Sorrente Algérie. .

Si

eo

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