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Ce matériel : instruments et animaux, établit le fond réel de la richesse des populations agricoles. En mettant à part les charrues arabes, qui ne sont que des instruments primitifs d'une valeur très minime à tous les points de vue, on peut apprécier l énorme supériorité de l'outillage chez les Européens.
Le tableau de la richesse animale contient des indic^itions qui doivent être signalées. Le nombre des animaux de bat, surtout des chameaux, est relativement très considérable chez les Indigènes, l/explic^lion est facile si Ton se souvient que les Arabes n'ont qu'une quantité insignifiante de chariots, et (jue tous leurs transports se font à dos de mulets dans le Tell, et à dos de chameaux dans les Hauts-Plateaux, dont les Européens sopt complètement exclus par suite de l'attribution complète de ces terres, en I8()3, aux tribus qui les parcouraient.
Les chevaux et les bœufs paraissent distribués à peu près d'une manière proportionnelle entre les Indigènes et les Européens ; chez ces derniers, le nombre des mulets s'est rapidement augmenté de i8fi7 à 1876, et atteint à présent une répartition proportionnelle égale.
Mais, si au lieu de prendre le chiffre de la population génér*ale, nous ne tenons compte de part et d'autre que du chiffre de la population agricole, nous voyons alors que les colons possèdent un nombre de ces animaux relativement bien plus grand que celui des Indigènes. C'est là un fait considérable, car la plupart des Européens disposent de très peu de terres et, non seulement ils ne peuvent avoir de troupeaux, mais encore beaucoup d'entr'eux doivent acheter une partie de la nourriture indispensable à leurs bêtes de trait.
Les bœufs représentent toute la force agricole, du moins chez les Arabes ; chez les Européens nous voyons une tendance générale à donner aux animaux plus de poids et de vigueur. En outre, les colons cherchent continuellement à introduire de plus en plus dans leurs travaux l'action plus rapide des chevaux, des mulets et des locomobiles. Ils possèdent donc une bien plus grande force relative et un nombre réel bien plus considérable d'instruments perfectionnés pour mettre en produit une surface de terre 18 fois moins étendue que celle dont les Indigènes disposent ! Ces faits offrent une corrélation directe et intéressante, avec la régularité des productions et leur augmentation progressive chez les Européens, qui ne peuvent pourtant disposer de nombreuses jachères, cette ressource, la plus importante des cultures intensives, les seules généralement possibles et les plus sûrement productives dans un pays en voie de formation.
La plupart des autres produits agricoles ont aussi augmenté d'une manière remarquable; on peut s'en rendre compte par le tableau des principales cultures et leurs rendements.
BLÉS durs et BLÉS tendres
Européens
Indigènes
Total
Européens Indigènes .
ABACS
Total