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CHAPITRE X

il résigna ses fonctions d'éféque d'Alger, pour aller continuel dans la retraite une existence toute ronsaerée à la gloire de Dieu et au salut des àuies.

En mai 1846, Mgr Pavy, doyen de la faculté <'e théologie de Lyon, fut sacré deuxième éfèque d'Alger. A peine ai rivé en Afrique, il ne songea qu'à consolider et à étendre les institutions fondées par son prédécesseur.

le r>o décembre 1848, il adreesi à son clergé une lettre qui fait connaître la situation de son diocèse; en voici quelques extraits :

« Nul plus que nous, dit-il , n'apprécie à leur juste valeur les services rendus à l'Algérie par le clergé actuel. C'est lui qui a fondé nos autels ; lui qui , à travers mille périls et nulle l'aligues, a définitivement assis nos trente et une paroisses que l'année prochaine verra s'augmenter d'un tiers ; lui qui a donné l'impulsion aux œuvres de charité qui couvrent déjà notre colonie; lui enfin qui a rendu le nom du Christ glorieux et adoré sur cette vieille terre qui reniait sa divinité depuis quatorze siècles.

» A notre arrivée en Afrique, nous avons trouvé soixantetreize prêtres employés aux diverses fonctions du ministère ; aujourd'hui le ministère actif de l'Algérie en compte quatre-vingtquatre. Ce nombre est de beaucoup insuffisant. Des centres déjà nombreux de population restent encore sans prêtres. Pour remplir cette lacune , qui ne peut que s'agrandir avec l'accroissement de la population , il fallait de toute nécessité prévoir le moment où nous ne pourrions plus compter sur de suffisantes recrues arrivant du dehors ; il fallait donner immédiatement à notre grand séminaire un développement proportionné aux besoins, et fonder un petit séminaire. »

Le grand séminaire , transféré dans un vaste local , réunit aujourd'hui vingt-deux élèves. Le petit, créé le 20 novembre, est placé à l'ancien consulat de France à la Bouzaréah. C'est de la que partit, il y a seize ans, la dépêche qui provoqua les

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vengeances de la France et amena Ja conquête de l'Afrique. De là monteront désormais de tendres vœux qui appelleront sur elle la miséricorde du Très-Haut et achèveront sa conquête morale par l'Evangile.

« Pourquoi l'Eglise d'Afrique, dit le prélat eu terminant, autrefois si fertile en évêques et en prêtres , semée et cultivée maintenant par le zèle apostolique , ne reprendrait-elle pas son ancienne fécondité? Pourquoi ces germes naissants ne se développeraient-ils pas un jour au soleil de la Foi? Pour nous, grande est notre confiance dans l'avenir religieux de cette providentielle conquête. Agissons chacun dans la plénitude de nos forces , de notre charité et de notre dévouement , et l'Eglise se réjouira, et la France s'enorgueillira , et le monde s'étonnera de la rapidité et de la multiplicité des triomphes de l'Evangile. »

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