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main un livre de prières. Dr pieux camarades s'étaient réunis à eeQi <|ui allaient communier puni la pnemière fois. La plupart des matelots assemblés pour le festin des anges avaient plus de vingt ans. Ils n'étaient pas de ceux qui unt Bueé le christianisme avee le lait; des années s'étaient passées Bans qu'ils fussent instruits «les vérités de la foi. Ces matelots n'avaient connu de Dieu que le nom. quoiqu'ils vécussent au milieu de ses plus formidables merveilles; ils n'avaient pas découvert la grandeur divine dans les belles nuits d'Afrique, d'Orient ou d'Amérique, ni dans la magnifique étendue des Ilots, ni dans les terribles colères de l'Océan ; ils n'étaient jamais descendus un seul moment dans les profondeurs de leur âme pour y étudier ses besoins infinis, ses raisèrss et sa destinée ; la vie humaine n'était pour eux qu'un livre fermé , et le plan divin de la création n'existait point pour eux. Nulle lumière n'était venue traverser la nuit de leur existence mêlée de durs travaux, d'asservissements sévères et de jouissances brutales. C'est à Alger que la pensée religieuse les attendait.
» Il y avait alors à Alger un prêtre dont le zèle fécond eu bonnes œuvres se faisait sentir de toutes parts : c'était l'abbé Tissier. Il se montrait, à bord de nos bâtiments de guerre qui arrivaient à Alger, comme un missionnaire d'amour religieux : sa parole , à la fois grave , douce et familière , instruisait, touchait les matelots. Les devoirs du bord n'étaient jamais négligés ; ce sont les heures de l'oisiveté qu'on donnait aux entretiens sur les intérêts les plus élevés de la destinée humaine. C'est ainsi qu'une portion de notre marine de guerre a été évangélisée à Alger. Il est possible que quelques matelots trompent le prêtre, mais des actes partiels d'hypocrisie infâme ne sauraient détruire la valeur morale de l'ensemble d'une œuvre. On admire comment des marins touchant à tant de contrées diverses , et se trouvant fréquemment eu France, vont renaître à la religion précisément sur cette terre africaine où le christianisme renaît. Ne semble-t-il pas que ce rivage d'Alger ait particulièrement
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reçu une mission chrétienne? C'est là que la foi attend une foule d'hommes longtemps retenus dans les ténèbres de l'ignorance ou du vice; c'est là qu'on devient chrétien, /huit chrisliani , comme aux derniers temps du paganisme. Souvent des matelots se disent adieu à Toulon, partent pour des expéditions lointaines, et se donnent de pieux rendez-vous à Alger. On est séparé de longs mois par l'Océan et les tempêtes , et l'on se retrouve au pied d'un autel en Afrique , en présence de Celui qui tient les mers dans le creux de sa main et qui arrête ou déchaîne les orages. »
Tels sont les admirables effets de la religion. C'est là l'élément civilisateur qui doit consolider notre conquête et féconder le chaos de ce monde naissant qu'on nomme l'Algérie. Les institutions catholiques qui ont jadis vivifié cette terre , sont appelées à la vivifier une seconde fois et pour toujours. La gloire du catholicisme , comme puissance civilisatrice , a éclaté par tant d'oeuvres depuis dix-huit siècles , qu'on ne peut douter des admirables résultats qu'elle produira encore.
« Ce que les Arabes comprendront le mieux de notre religion, c'est la charité. Or la charité, le dévouement aux misères de l'homme, voilà les plus solides bases de la domination d'un peuple. 11 faut que les établissements de charité s'élèvent en grand nombre dans nos trois provinces de l'Algérie , et que nous accoutumions les Arabes et les Kabyles à recevoir nos soins. L'art de guérir est un merveilleux moyen d'influence sur les Arabes. Nous leur montrerons une science plus difficile, la science du dévouement inspiré par le christianisme.
Le respectable évèque d'Alger comprenait admirablement cette vérité , et son àme ardente ne pouvait supporter les entraves qui étaient apportées à sa charité et à son z^le. Pour venir en aide aux nombreuses fondations qui lui semblaient de nécessité urgente, il se créa des difficultés et des embarras financiers qui brisèrent sa carrière apostolique. Après avoir créé, sous sa propre responsabilité, une multitude d'établissements utiles,