‹ L'Algérie de la jeunesseChapitre 20 sur 21 · FIN · texte numérisé non relu

FIN

NOTES

(1) P. 62. — Ces termes de marine expriment les oscillations du navire eB pleine mer. Son balancement dans le sens de sa largeur, c’est-à-dire d’un bord sur l’autre, se nomme roulis. Le tangage est le mouvement de bascule saccadé qu’il éprouve, dans le sens de sa longueur, lorsqu’il court obliquement à la lame, que tantôt son étrave (pointe de l’avant) s’élève sur la crête des vagues, puis redescend rapidement dans le creux qui le suit, pour ne s’arrêter que par une brusque secousse. Le roulis modéré n’est pas toujours très-pénible pour les marins novices ; mais les moindres tangages causent des vertiges, précurseurs de ces violentes convulsions d’estomac que nous appelons mai de mer.

(2) P. 65. — L’avant et l’arrière sont les noms modernes substitués à ceux de proue et de poupe, usités sur les anciens navires, au seizième siècle. Ces deux parties des bâtiments de guerre étàient garnies de fortifications en bois appelées château d’avant ou d’arrière, et flanquées de petites, tourelles, pour abriter les combattants. Le château d’arrière est aujourd’hui remplacé par la dunette, espèce de cage qui renferme le logement du commandant. C’est du haut de la dunette que le chef d’une flotte observe ses mouvements, juge à l'aspect du ciel les prochains changements de l’atmosphère, et fait entendre ou transmet ses commandements.

(3) P. 66. — On appelle tribord le côté droit du pont d’un navire, en allant de l’arrière à l’avant ; et bâbord le côté opposé.

(41 P. 67. — Le loch se compose simplement d’un objet flottant auquel est attachée une ligne ou corde mince. On jette le flotteur à la mer ; on a soin de le laisser immobile en facilitant l’écoulement de la ligne, et la quantité qui en a été filée dans un temps donné indique la vitesse du bâtiment. C’est comme si un cavalier attachait à un arbre le bout d’une ficelle dont il conserverait la pelote; en partant au galop et la laissant se dévider, il mesurerait par la quantité de ficelle déroulée dans tant de secondes, l’espace qu’il parcourrait en une heure au même train. Quelque soin que l’on prenne, jamais le flotteur n’est aussi rigoureusement fixe qu’un arbre , on parvient cependant à lui donner une stabilité très-grande par sa forme. Ce corps flottant, le bateau de loch, est un morceau de planche taillé en forme de triangle ; un de ses bords est chargé de plomb pour qu’il se tienne droit dans l’eau ; trois bouts de ligne partant de ses angles viennent se réunir en un seul, la ligne de loch, et formant ainsi la patte d’oie, tiennent le bateau dans un plan perpendiculaire à la ligne de loch, à laquelle il oppose ainsi une forte résistance, car personne n’ignore la difficulté qu’il y a à mouvoir une planche dans l’eau, perpendiculairement à ses faces planes. Quand on .veut ramener à bord le bateau de loch, une forte secousse fait échapper, de l’espèce de bobine placée sur la ligne, la cheville de bois qui tient à deux des bouts de corde placés aux angles du bateau ; la patte d’oie est ainsi défaite ;

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le bateau de loch, tenu par un seul angle, se pose à plat sur l’eau, et n’offre plus de résistance; on le ramène aisément à bord. — Le temps de l’expérience sur la vitesse du navire est ordinairement de 30 secondes, 120e partie d'une heure; on la mesure au moyen d’un sablier. La ligne de loch est divisée en nœuds, longueur de 4 7 pieds, 120e partie d’un mille. Autant l’on file de nœuds pendant la 120e partie d'une heure, autant le navire parcourt de milles marins dans une heure. Le mille est le tiers de la lieue. On compte 20 lieues pour chaque degré de la terre, et la circonférence de la terre est de 360 degrés pareils. La quarante millionième partie de cette circonférence est le mètre, base du système des mesures adoptées en France. N’est-ce pas une idée noble et grande que d’avoir cherché dans la plus exacte dimension de la nature terrestre l'invariable étalon de nos mesures et de nos poids? C’est encore une des gloires de notre patrie.

(6) P. 68. — Maskara (en arabe El-Maskar), l’une des villes principales de la province d’Oran, dans l’ouest de l'Algérie, s’élève sur l’emplacement d'une ancienne colonie romaine nommée Victoria. Elle est bâtie sur deux mamelons que sépare un ravin où l’eau coule en tout temps. Longtemps capitale de l'émir Abd-elKader, elle fut prise et incendiée en 1835, par le maréchal Clauzel. Abd-el-Kader s’y rétablit, et en fut chassé de nouveau, le 30 mai 1841, date'de notre occupation définitive.

(6) P. 68. — Le Sig est une rivière de la province d’Oran, qui prend sa source au sud-ouest dans les montagne* des Beni-Ameur-Gharaba, et qui se jette dans la Méditerranée, à l’est du port d’Arzew.

(7) P. 69. — L'Habra prend son nom de la riche plaine qu’il arrose avant de joindre ses eaux à celles du Sig. dont il est un affluent.

(8) P. 70 — Né à Palerm^ le 3 septembre 1810, Ferdinand-Philippe-Louis- Charles-Henri, duc de Chartres, fils aîné du roi des Français, eut pour berceau la Sicile. Conduit à Paris après la seconde restauration, il entra, le 23 octobre 1819, au collège de Henri IV, où il reçut une éducation nationale, sous la direction de savants professeurs, et entouré de condisciples dont il fut le modèle, dont il était resté l’ami, et qui pleurent toujours sa perte prématurée.

Nommé colonel du 1er régiment de hussards, le 13 août 1825, et pair de France l’année suivante, il visita en, 1829, l’Angleterre et l’Ecosse. De retour en France, il prit le commandement de son régiment, qu’il ramena de Lunéville à Joigny. A la nouvelle des événements de 1830, il accourut à Paris, où son entrée fut une ovation ; et par l’avénement de sou père au trône de France, il succéda au titre de duc d’Orléans, auquel celui de Prince Royal ajoutait l’hérédité monarchique. A partir de ce moment, l’histoire de toute sa vie est écrite sur les drapeaux de l’armée, dans la mémoire des savants qu’il aimait et des artistes dont il fut le Mécène.

(9) P. 7 1 — Le plaid est une sorte de manteau que portent les montagnards écossais.

(10) P. 75. — Voyez la description du système montagneux de l’Algérie, p. 164.

Les Romains avaient donné au Djerjerah le nom de Mons ferratus, montagne de fer, parce que la chaîne du Petit Atlas, dont il est le plus haut pic, abonde en riches filons de ce minerai.

(11) P. 78. — L’origine d’Alger fait depuis longtemps l’objet des discussions des archéologues. Quelques savants modernes prétendent que» c’est l’ancien lcosium , ainsi nommé du nombre de ses fondateurs. Léon l’Africain, géographe arabe, l’appelait Mesganah ; l’historien espagnol Marmol Caravajal lui donnait le nom de Mas-

NOTES

ganah, en mémoire de la tribu des Beni-Mosgane qui l’aurait bâtie ; enfin les Turcs le nomment El-Djezaïr. cité de î’île, parce que le môle oriental de son port était séparé du continent par un îlot qu’au seizième siècle Kheïr-Eddin Barberousse fit réunir à la terre ferme par une digue d’un merveilleux travail.

(12) P. 78. — Toutes les villes du nord do l’Afrique sont munies d’un château fortifié qui porte le nom commun de Kasbah.

(13) P. 78. — Bab-el-Oued signifie porte de la rivière ; Bab-Azou n, porte d’Azoun. D’Arvieux, dans ses mémoires, tome V, rapporte, comme une tradition, qu’Al ■ ger aurait été assiégé, au Moyen Age par un chef maure, nommé Azoun, et que la porte devant laquelle ses efforts échouèrent aurait gardé son nom. N’oublions pas qu’en 1541, lors de l’expédition de Charles-Quint contre Alger, un chevalier français de l’ordre de Malte, nommé Savignac, à la suite d'une lutte acharnée contre les Turcs qui furent contraints de se rejeter en désordre derrière leurs murailles, vint, en signe de défi, planter son poignard dans la porte Bab-Azoun.

(14) P. SI. — Le mot Dey ou Day, en langue turque, signifie patron.

Au commencement de la conquête du littoral barbaresque par les Turcs, les sultans de Constantinople choisissaient eux-mêmes parmi leurs courtisans, les Pachar ou lieutenants , qui allaient gouverner en leur nom les régences africaines , et les troupes turques, sentant le besoin de s’appuyer sur l’intelligence d’un chef, vouaient à ceux qui leur venaient du sérail une aveugle obéissance. Mais après la bataille de Lépante, en 1571, la ènilice des janissaires apprit à mépriser un empire affaibli, et trop occupé de sa propre défense pour envoyer au loin des armées et des flottes au secours de ses lieutenants. Dès cette époque, les pachas ottomans trouvèrent dans l’agha, ou chef des janissaires, un rival naturel et dangereux. Ce fonctionnaire, investi du pouvoir pendant l'intérim qui s’écoulait entre la mort d’un pacha et l'arrivée de son successeur, ne remettait à celui-ci qu’à regret l’exercice du commandement; et la milice elle-même, travaillée par ses intrigues, ne voyait pas sans mécontentement survenir, à chaque nouveau règne, un chef impérieux qu’elle ne connaissait pas, et qui ne dirigeait ses expéditions que pour en accaparer tous les fruits. Lorsque la marine ottomane, décimée par les ligues des puissances chrétiennes, perdit peu à peu la domination de la mer; lorsque, réduits à leurs seules ressources, les Barbaresques renoncèrent à l’esprit de conquête pour borner leur rôle politique au simple métier de pirates, le titre de pocha d’Alger cessa d'être envié. Les sultans eux-mêmes, soit ignorance, soit dédain, n’accordèrent plus aux régences africaines qu’une valeur presque nominale; et les fonctions du pachalik ne furent plus que des titres qu’ils donnèrent à leurs favoris, ou qu’ils vendirent à des ambitieux. Mais les milices algériennes n’avaient senti diminuer ni leur orgueil ni leurs forces. Dès qu’elles virent des individus sans caractère, sans mérite et souvent sans courage, prétendre au droit de régner sur elles, elles s'en vengèrent par le mépris d’abord, et bientôt par la révolte. L'agha, chef militaire, ne craignit pas de lutter contre le chef politique, et s’empara peu à peu de l’exercice réel du pouvoir exécutif.

C’est vers Tan 1594 que les janissaires de Tunis firent le premier pas vers leur indépendance par l’élection d’un chef tiré de leurs rangs, et qu’ils (Macèrent à côté du pacha sous le titre de Dey. L’exemple donné par cette régence fut suivi par la milice algérienne. Mais ce n’est qu’en 1710 qu’Ali-Baba, monté au pouvoir à la suite d’une insurrection, prit l’énergique mesure d’expulser le dernier pacha venu de Constantinople, et de joindre ce titre à celui de dey. Le sultan n’avait alors ni les moyens ni le temps de réduire par la force des armes l'insolence des Barbares-

ques. 11 savait dans quel discrédit ses pachas étaient tombés depuis plus d’un siècle, et ne crut pouvoir mieux rallier les Turcs d'Afrique à son obéissance qu’en paraissant sanctionner un état de choses auquel il ne pouvait mettre obstacle. Ali-Dey reçut donc l'investiture des pachas ; mais ce surcroît de dignité n’imposa point aux turbulents janissaires le respectées chefs qu’ils se donnaient eux-mêmes. Chaque élection s’accomplissait ordinairement au milieu de. scènes effroyables et d'un tumulte anarchique. 11 était rare que le prédécesseur du nouveau dey n'eilt pas péri par le fer, la corde ou le poison. Celui qui avait l’audace de rechercher ou d’accepter ce dangereux pouvoir périssait souvent, immolé par ses rivaux, avant d'avoir pu faire acte de souveraineté. 11 arriva même une fois que six deys furent égorgés dans la même journée, et que le septième ne dut son salut qu’à la foudroyante énergie qui lui fit abattre les têtes de ceux mêmes qui lui avaient frayé au trône une route sanglante.

Habitués à de fréquentes révoltes, les janissaires mettaient toujours le sabre ou le lacet au service de leurs caprices; et le souverain, quel qu’il fût, était difficilement à l’abri de leurs violences. Nous avons eu, en 1830, une dernière preuve de ce fait. Après l’explosion du fort de l'Empereur, dernier boulevard d’Alger, les chefs des janissaires, réunis en conseil, avaient fait sortir de la ville, à l’insu du dey Hussein, un parlementaire chargé d’offrir sa tête au général de Bourmont, en échange de la promesse que les Français se retireraient, et que le gouvernement turc serait maintenu par un traité. M. de Bourmont repoussa avec indignation cette proposition de meurtre, et répondit qu’en prenant la ville il ferait passer tous les Turcs au fil de l’épée, si Hussein avait à se plaindre de la moindre insulte de leur part. La retraite de notre armée serait devenue, dans tous les cas, le signal de la mort de ce prince algérien, qui, depuis douze ans, n’avait été occupé qu’à maintenir la milice et a déjouer ses complots. Échappé peu de temps après son élection, en 1818, à une tentative d’assassinat, il avait quitté son palais de ville pour se retrancher dans la citadelle, dont les canons étaient sans cesse braqués sur la seule rue que pouvaient suivre les révoltés pour arriver jusqu’à lui.

Voyez l’organisation du gouvernement turc à Alger, page 226.

(15) P. 81. — Le mot Divan signifie conseil, assemblée politique. La cour du Divan se nommait ainsi parce qu’elle était, sous le gouvernement turc, le lieu où se réunissaient les ministres du dey et les principaux officiers de la milice, pour délibérer sur les affaires publiques.

Voyez, plus loin, le tableau du gouvernement turc (pages 226 à 232).

(16) P. 84. — Le mot Harem désigne en Afrique les appartements des femmes, soit dans le palais du chef de l’Etat, soit chez les simples particuliers. La même partie du logis se nomme Serai (sérail), à Constantinople et en Orient.

(17) P. 84. — Le Yathagan est un large sabre recourbé en dedans, et qui tranche à la manière d’une faux. Les Kebaïles de l'Algérie qui ont à peu près le monopole de la fabrication des armes, possèdent, pour la trempe de l’acier, un procédé dont nous u’avons pas encore pu leur surprendre le secret. La lame d’un yathagan est si dure quelle peut entamer, sans s'ébrécher, une barre de fer ordinaire. Les riches portent cette aVme dans un splendide fourreau de velours, garni d’argent ciselé, et quelquefois orné de pierreries. Les pauvres et les gens de la montagne se contentent de deux lattes de bois serrées ensemble par des liens faits de boyaux.

I.es Kebaïles fabriquent aussi une sorte de longue épée, droite et large, qu’ils nomment Flissi. Cette arme, dont le tranchant se creuse en dedans, est fort pesante, et

NOTES

se termine par une pointe acérée en forme de broche, et longue de quatre à cinq pouces.

(17 bis) 1*. 1 16. — Le promontoire de Sidi-Effroudj, ou Sidi Ferruch, est illustré dans l’histoire par le souvenir du débarquement de l’armée française , dans la nuit du 13 au 14 juin 1830. — C’est une langue de sable hérissée d’épaisses broussailles, qui s'avance à une demi lieue dans la mer, où elle plonge tout à coup ses falaises escarpées. Cette pointe est couronnée par un plateau qui porte le marabout de Torre-Chica (la petite tour). La mer creuse de chaque côté deux baies peu profondes , dont la plage unie offre un facile accès. L’armée prit terre par celle de l’ouest. A partir de ce point jusqu’à deux lieues, le sol n’est accidenté que par de faibles ondulations, couvertes de bruyères, et qui s’élèvent jusqu’au plateau de Staouëli, fameux par la victoire du 20 juin. (Voyez page 237.)

(18) P. 29t. — Les chaouchs étaient des espèces d’huissiers attachés à la personne du souverain turc, de ses lieutenants, ou des juges. Ils ne portaient d’autre arme qu'une baguette, et l'individu qu’ils en touchaient ne pouvait, quel que fût son rang, ni fuir ni résister, lorsqu'ils le sommaient de les suivre, soit devant un magistrat, suit devant le chef du pays. — Les chaouchs placés près du dey, de l'agita, du mézouar et du kadi, remplissaient l’office de bourreau, pour l’exécution des condamnés à la bastonnade ou à la peine capitale.

(19) P. 292. — Le nom de Roumi se donne, chez les Arabes, aux chrétiens de tous pays. Ils nomment Jésus-Christ Sidi-Aïssa, et la vierge Marie Leilah-Mariem.

(20 ) P. 340. — Médéah, ancienne forteresse romaine, et depuis habitée par les différentes races qui se sont succédé en Afrique, est la clef de l’intérieur de l’Algérie, après avoir franchi, au sud d'Alger, la coupure de l’Atlas. Les Romains y avaient fait passer une route qui reliait leurs communications entre la Mauritanie tingitane (le Maroc actuel) et leur province d’Afrique proprement dite (aujourd’hui la régence de Tunis).

(21) P. 340. — Le mot arabe Semalah , difficile à traduire d'une manière précise, représente à peu près l’idée de quartier- général. C’est la réunion des tentes d’un chef puissant, le centre qui abrite sa famille, ses drapeaux de commandement, ses équipages, ses serviteurs et ses richesses. La semalah suit tous les mouvements de son chef, s'avance avec lui dans les terres cultivées quand la fortune des armes lui est favorable , et, en cas d’échec, s’enfonce rapidement vers les horizons du désert, sous la garde d’une troupe d’élite. Abd-el-Kader et ses khalifas avaient chacun leur semalah, dont la prise ou la destruction équivalait à la perte d’une balaille.

(22) P. 346. — Abd-el-Kader avait fondé, au commencement de 1 84 1 , trois places de ravitaillement pour ses troupes régulières : Takdimt, à deux journées de Maskara ; Bughar, à une journée de Médéah, et Thaza, à une journée de Milianah. Ces établissements lui servaient à la fois de magasins, d’arsenaux et de forteresses. La même année 1841 les vit détruire successivement par notre armée.

(23) P. 347. — Le Djebel-Amour est le dernier anneau, vers l'ouest, d'une grande chaîne de montagnes qui sépare le Tell (zone cultivée de l’Algérie) et le désert do Sahara. Il étend ses ramifications sur un espace de quinze lieues en longueur, et de huit à dix en largeur. Des rivières et des sources nombreuses en rendent la végétation si active , que la marche semble d’abord impraticable à travers ces forêts vierges ; puis on arrive à d'immenses éclaircies où campent les tribus. En cas de guprre, le Djebel-Amour offrirait à ses défenseurs de véritables Thermopyles.

(24) P. 350. — Tanger, ville et port du Maroc sur la Méditerranée, est le Tingis

«les Romains. Sa position, sur le point le plus resserré du détroit de Gibraltar, en faisait un des plus redoutables abris des anciens pirates musulmans qui, de là, capturaient au passage les navires venant des deux mers.

Mogador élait sur 1 Océan l’entrepôt le plus actif du commerce marocain avec l'Europe.

Ces deux villes, flanquées de remparts armés de tours et d’une formidable artillerie, ont été, la première le 6, et la seconde le 15 août 1844, foudroyées par l’escadre française que commandait le prince de Joinville. Ce double désastre a mis fin aux hostilités que l’empereur de Maroc avait le projet de pousser en Algérie, et «|u’il avait déjà commencées en faisant violer notre frontière par un corps d’armée.

(25) P. 350. — L’empire de Maroc a trois capitales, Maroc. Fez et Méquinez. Fez est la plus célèbre ; son origine date du huitième siècle; au douzième elle était à l’apogée de sa splendeur. La conquête d’une partie de l’Espagne par le chériff Yakoub-el-Mansour lui ôta, pour un temps, son orgueil de capitale. La chute de la domination des Maures dans la Péninsule y ramena, plus tard, les débris de la grande civilisation arabe dont Grenade fut le dernier flambeau. Mais les révolutions et les guerres de dynasties qui désolèrent l’empire marocain ne tardèrent pas à faire retomber Fez dans une profonde barbarie. Des sept cents mosquées qu'énumèrent les historiens du Moyen Age, il n'en reste qu’une, et quelques masures décorées du nom de zaouïa ou chapelles.

On y compte à peine de nos jours trente mille âmes; et , des grandes traditions de ce foyer de science, dont parlent avec admiration les andales du passé, il nv reste plus que des souvenirs confus, errants parmi des ruines.

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