CHAPITRE PREMIER
ses intérêts, sa sécurité, et, plus que tout, son honneur.
Nous avons principalement combattu les idées de colonisation, idées nées du plus complet oubli des faits qui ont couvert le globe; ces faits, nous les avons rappelés, et ils prouvent que la France ne peut tenter en Afrique, qui repousse toute colonisation, ce qui, autre part, n'a réussi que par exception et dans des circonstances favorables.;. L'ignorance et la cupidité seules peuvent confondre ensemble , pour appuyer l'idée fixe de colonisation , des états sociaux ou politiques qui n'ont aucun rapport avec la chimère caressée par les colonistes.
Ces faits prouvent que nous ne pouvons coloniser à la façon des Grecs et des Romains; — qu'il est impossible d'introduire à Alger le mode de gouvernement des Anglais dans l'Inde; — qu'Alger ne possède aucun des élémens de colonisation qui font la prospérité des États-Unis d'Amérique; — qu'on ne peut établir, ni sous le rapport du sol , ni sous celui des habitans , aucune comparaison entre Alger et l'Egypte; — que les colonies pénales sont aujourd'hui condamnées comme moyen pénitentiaire; — et qu'enfin le régime colonial ne peut être introduit en Afrique au moment où il croule de toutes parts , aux acclamations unanimes des colonies et des métropoles.
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EXPOSlTiON. 5
A la place des déterminations incohérentes, et jusqu'à présent funestes, que la France prend au hasard lorsqu'elle vient à s'occuper de l'Afrique, nous avons proposé un système plein d'avenir sous le rapport politique et humanitaire, le seul qui concilie l'honneur et l'intérêt de la France, le système arabe.
Depuis cinq ans, nous avons constamment re- ^e proche au Gouvernement de tromper le pays au ^"°emeut
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sujet des affaires d'Afrique; et les divers minis-p^y^*tères qui se succédaient venaient protester de leur loyauté. Nous ne nous attendions pas à trouver comme auxiliaire dans cette accusation un Ministre qui, depuis i85o, avait à peine quitté les affaires \ nous lui témoignons notre reconnaissance de ce qu'il a profité du premier loisir que lui laissa le pouvoir pour faire avec loyauté un aveu pénible. M. Thiers disait à la Chambre des Députés, en 1837 : u La vérité n'était pas facile à faire entendre; eh bien, aujourd'hui ]e me suis imposé le devoir de dire toute la vérité ' . . . . En montant à la tribune, j'ai eu l'intention de bien avertir la Chambre de la gravité de cette entreprise, de bien l'avertir de l'ignorance dans laquelle elle avait vécu d'une partie de la vérité '. n M. Bresson, intendant civil d'Alger, ajoutait;
■ Moniteur du 22 avril 1837.
' Ibid.