‹ L'Algérie en 1844Chapitre 29 sur 108 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

de la colonisation en général.

Fertilité du pays. - Grenier des Romains. - Trois cents évêques. “ Blés e“ po/tés. - Terres gratuites. - Propriété. - Valeur du sol en Afrique. - Valeur du sol en France. - Par qui cultiver? rar domestiques. - Par fermiers. - Par métayers. - Éssai» tentés. — Commandite. — Socialistes.

Fertilité du pays.

Grenier des Romains.

On n'a rien négligé pour faire croire à une antique prospérité et à une fertilité merveilleuse de l'Afrique.

C’était l'ancien grenier des Romains ; mais on a confondu la province d’Afrique ( Africa propria ) actuellement régence de Tunis et partie de celle de Tripoli, avec la Mauritanie césarienne et la Numidie, qui sont aujourd’hui l’Algérie.

Pline, dans une description très-détaillée de cette partie de la géographie romaine , enseigne que Numides vient de nomades , parce que ces peuples changent souvent de pâturages, et que la Numidie ne fournit que de beaux marbres et des

bêtes farouches 1 . . .

C’est au sud de Tunis qu’il place « le territoire

de Byzacium , région de deux cent cinquante

* Pline, livre V, chap. 2.

milles de circuit et d’une fertilité rare; les céréales y rendent cent pour un »

On a invoqué le nombre des évêques d’Afrique TK>i. *«. au quatrième siècle. Suivant M. Laurence , sur les six cent vingt-cinq évêques établis dans toute 1 Afrique à cette époque , trois cents environ devaient avoir leurs sièges épiscopaux sur la partie que nous occupons 2. D’où il tirait la conséquence que cette partie de l’Afrique était riche et peuplée. M. Laurence s’est mépris sur la qualité et 1 importance d’un évêque à cette époque A cette époque, on donnait le titre d’évêques aux pasteurs qui résidaient dans de simples villages.

Le concile de Laodicée et le concile de Sardique tentèrent d introduire l’ordre dans ces premières institutions. Les évêques d’Afrique s’étaient indéfiniment multipliés en s’instituant les uns les autres. Le pape saint Léon leur en écrivit d’une manière fort pressante; il jugeait qu’il était fort raisonnable de supprimer à l’avenir tous ces petits évêchés après la mort de ceux qui les occupaient.

« L épiscopat, disait-il, étant la royauté du sacerdoce, c’est l’obscurcir et ternir sa gloire que de placer son trône dans des lieux déserts et mal peuplés où il ne peut ni exercer ses divines fondions ni

‘ I’line, liv. V, chap. 3.

* ?!s,Trs à la (',lambre Jes députés. Moniteur des i" et 2

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