‹ L'Algérie en 1844Chapitre 30 sur 108 · CHAPITRE ill · texte numérisé non relu

CHAPITRE ill

répandre ses célestes richesses » A celte époque le titre de pape était aussi donné aux évêques1 2 3. M. Laurence aurait pu parler de trois cents papes aussi bien que de trois cents évêques.

Deux ministres sont venus à la tribune répéter

ces erreurs historiques.

On a parlé, des importations considérables de

blé faites en Italie. On n’a jamais pu apprécier ces quantités, et l’on a confondu un fait commercial avec le résultat des tributs en nature prélevés sur les populations soumises, soit à titre â'ager decumanus, soit à titre de census soli ».

On a voulu tirer avantage de quelques fournitures de blé que l’Afrique a faites à la France à certaines époques. A juger des exportations en blé d’Afrique par le commerce général de ce pays, ces exportations n’ont pu être que très-minimes , et les états de douane en donnent la preuve. Pendant les quatre années qui ont précédé la conquête d’Alger, nous avons reçu de toute provenance 5,205,664 hectolitres de blé ; et des états barbarésques réunis 14,444 seulement4. En supposant qu’ Alger soit entré pour moitié dans ces produits barba resques , cela donne une importation en

1 Diicipline de l'Église, par le R. P. Thomaisin, 1678, première partie, liv. I, chap 14.

2 ibidem, chap. 13.

3 Voir le discours si remnrquahlc de M. Pnssv, du 1" mai 1834.

4 Tableau décennal 1838, p. 104

France de 1 ,805 hectolitres, soit 30 ou 32,000 ir. par an. Il y a dans la Brie et la Beauce nombre de fermes qui produisent davantage.

Aussi voyons-nous aujourd’hui , qu’ayant envoyé en Afrique une armée et des consommateurs, il faut leur porter des blés et autres farineux alimentaires, pour les nourrir. En 1842, on en a porté pour 16,447,676 fr. l, qu il a fallu aller chercher partout, principalement à Odessa.

Voilà pour la prétendue fertilité de la terre • Terres

I \ lit. gratuites.

Quant à sa disponibilité, on a dit que les Arabes n’y avaient aucun droit et que nous pouvions nous en emparer.

Au moment de la conquête, on croyait la propriété musulmane constituée comme la nôtre ; cette croyance avait été confirmée par le gouvernement, qui a déclaré que 1 occupation française a trouvé la propriété constituée dans l’ancienne régence comme dans les pays civilisés , pouvant comme partout ailleurs donner lieu à des transactions autorisées par la loi2.

Depuis, des recherches faites sur la constitu- propncic. tion de la propriété musulmane ont suggéré à

quelques personnes l’opinion que les indigènes 0

africains n’étaient possesseurs du sol qu’à titre d’usufruit, et que l’état était le seul ayant droit

1 Tableau des établissements français en 18 !2, p. 328.

• Tableau des établissements en Algérie en 1838, p. 287.

Si

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