PRÉFACE
ture qu’un soldat de Tlemcen fait de cette position. Voici un extrait littéral de sa letttre :
« Tlemcen, décembre 1843.
» On avait laissé les Arabes tranquilles du » côté de Thaza, Nédrona , les Angades , les » Harchgouns, enfin tout le territoire qui borde » le Maroc et la mer. Après avoir récolté et en- » semencé, le général leur a demandé les impôts; » ils se sont refusé de vouloir les payer. La co- » lonne s’y est transportée par une marche de » nuit. A la pointe du jour les tribus se sont » voulu échappes* mais cela leur fut impos- » sible, car, dans h première journée, tout fut » pillé, brûlé, une grande partie égorgée, et » toutes les femmes furent faites prisonnières » et conduites à la prison de Tlemcen.
» Cela était bien cruel à voir; ces pauvres » femmes pieds nus, portant leurs enfants der- » rière leur dos : encore le général leur avait dit » qu’ils n’habiteraient plus leur pays, qu’il met- » trait d’autres tribus à leur place, et qu’eux » iraient où ils voudraient. C’était une grande » désolation pour ces femmes d’être privées de » leurs maris.
PRÉFACE. vu
» Je crois bien encore que l’on sera obligé de » renouveler le peuple et de ne laisser vivre que » depuis douze ans. Tous les autres devraient » être tués outre ; sans cela on ne fera jamais » rien, car l’Arabe est trop vindicatif. Quelque » moment qu’une colonne sera un peu faible, les » Arabes vont se révolter et la mettre en pous- » sière.
» Car les ravages que nous leur faisons sont » trop cruels pour ne pas se revenger. Lorsque » leur troupeau est pris , que leur grain est en- » levé, que leur cabane est brûlée, et leurs ar- » bres portant fruits sont coupés, une partie de » leur famille égorgée, il ne faudrait pas avoir » de cœur, lorsque l’on trouve l’occasion, de ne » pas prendre sa revanche. »
, Paris, 17 mai 1844.