‹ L'Algérie en 1844Chapitre 39 sur 108 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

nouvelles raisons dans la brochure qu’il publia à cette époque1.

Aujourd’hui encore, et malgré les essais dont nous parlerons plus loin, il persiste. Nous le concevons facilement en présence des procédés que recommandent les partisans de la colonisation civile. M. le comte Guvot, directeur de l’intérieur, propose d'entourer les villages d'un fossé avec parapet en terre, afin que la fermière puisse, sans sortir de chez elle , veiller au loin sur le chef de sa famille et sur ses enfants travaillant dans les champs 2. M. Ch. Dupin, rapporteur de la commission ministérielle décolonisation, recommande aux colons d'entraver leur bétail par le col et deux jambes , afin d’empêcher les Arabes de lancer au galop, avec une incroyable vitesse, les animaux dont ils sont ravisseurs3.

M. le maréchal Bugeaud4, considérant que nous ne pouvons maintenir à perpétuité quatrevingt mille hommes en Afrique, cherche le moyen d’alléger le fardeau en diminuant graduellement l’efTectif de l’armée d’Afrique. L’armée, dans son opinion, ne saurait être réduite sans que nous ayons au préalable créé une force capable de

1 L’Algérie. Des moyens de conserver et d’utiliser cette con¬

quête. 1842.

3 Plan de Colonùation, du 12 mars 1842, p. 28.

3 Rapport de M. Ch. Dupin, du 21 juin 1842, p. 40.

* Mémoire fort remarquable du 18 janvier 1844.

remplacer ce que l’on retranchera des troupes permanentes.

11 pense que la population européenne constituée civilement n’est propre ni aux opérations militaires qui seront nécessaires ni aux grands travaux d’utilité publique dont l' exécution doit être ‘poursuivie sans relâche , et doit couler un ou deux siècles avant que l'Algérie soit au niveau de la France ou de tout autre pays civilisé de l'Europe. Il n’a pu jusqu à présent lui demander de fournir les deux journées qu impose, enFrance, à tous les citoyens, la loi sur les chemins vicinaux.

La colonisation militaire est donc une nécessité aux yeux de M. le maréchal Bugeaud. Voici les hases qu'il indique pour l'établissement de cette colonisation.

L’ordonnance constitutive ferait un appel à tous les soldats de l’armée active et de la réserve, à tous les soldats et sous-oüiciers libérés, ayant moins de trente-cinq ans, jouissant d’une santé robusteet d’une réputation de bonnes vie et mœurs .

Elle formulerait d’une manière précise les avantages garantis aux colons pour leur assurer un avenir prospère et une propriété sur la terre d’Afrique. Elle les soumettrait au régime militaire pendant un temps indéfini; elle réglerait l’organisation de la légion, la hiérarchie et les principaux points de la discipline 'qui doivent donner aux colons la force d’ensemble qui leur

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