‹ L'Algérie en 1844Chapitre 42 sur 108 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

au premier découragement, ils se rebutent et demandent à s’en aller. Il faudrait des hommes ayant encore plusieurs années de service, et ayant en général des habitudes agricoles. » (Dépêche de M. le maréchal Bugeaud, du 30 octobre 1842.)

Ces hommes, en voyant tomber autour d’eux leurs camarades, et jugeant par la comparaison de ce qu’ils font dans leurs villages l’inutilité de leurs efforts, se découragent ; et, comme ils sont libres, ils s’en vont. Il faut, pour satisfaire aux exigences de l’Afrique, faire revivre les anciens temps, et attacher à la glèhe des malheureux qui ne soient pas libres, et qui ne puissent pas quitter la terre où ils seront attachés.

Par soldats En novembre 1 842, on plaça à Mered une com-

*“ ' 1 pagnie de colons militaires composée de 06 hom¬

mes appartenant au 48e de ligne ', et on en fit un essai semblable à Maelma2.

On avait pensé que ceux-là n’étaient pas libres parce qu’ils n’avaient pas fini leur temps de service; mais on n’avait pas réfléchi aux obligations que la loi du recrutement impose au citoyen. Le soldat doit le service militaire et ne doit pas autre chose; si on lui demande plus, il a le droit de se refuser à des exigences qui constitueraient abus de pouvoir.

1 Tableau des établissements français en 1812, p. 150. - Ibidem, p. 160.

Aussi M. le maréchal Soult déclarait-il à la commission de 1843 qu’il « n’avait pu donner son adhésion aux plans qui lui avaient été présentés dans le système de colonisation militaire, parce qu’il les trouvait inconciliables avec l'élat actuel de notre législation militaire »

Ces deux procédés de colonisation militaire, au moyen de soldats libérés et au moyen de soldats non-libérés, ont été abandonnés. Par décision du 18 novembre 1843, le village de Fouka a été réuni a la direction de l’intérieur, et son peuplement complété par des colons civils.

Il en sera de même pour Maelma. Aussitôt après leur libération, les colons qui se trouvent dans ces deux localités seront administrés civilement 2.

Tel est aujourd’hui l’état des choses. C’est illégalement que ces soldats sont maintenus en dehors du service militaire et attachés à la colonisation : le gouvernement annonce que c’est transitoirement.

Si un fait semblable se renouvelait, le gouvernement encourrait une grave responsabilité.

« Rapport du 13 mai 1843, p. 21.

2 Tableau des établissements français en 1842, p. 160.

Condamné par le gouvernement.

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