‹ L'Algérie en 1844Chapitre 45 sur 108 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Raisons du maréchal Bugeaud.

la France tolérerait la consommation de ses armées, sans souvenance des lois sous la protection desquelles elles ont été créées, sans remords pour tant de funérailles?

» Le soldat n’a ni les nombreuses décorations , ni les avancements, ni la gloire des bulletins, ni le mérite des hautes combinaisons stratégiques des rapports. Exemple incessant et vénérable de stoïcisme et d’abnégation, le sentiment seul du devoir envers la patrie inspire sa bravoure brillante sans arrière-pensée de fortune; son seul désir, son seul espoir, sont de retourner dans sa famille dès que le temps fixé par la loi aura été accompli, — et l’on voudrait encore faire de lui le contribuable du trésor, le serf des colons, l'homme lige des ambitieux ! — Oh! non, on ne saurait vouloir tout cela, car le gouvernement ne saurait le tolérer. »

C’est cependant ce qui a été fait : l’armée a construit plusieurs villages dont elle a défriché les terres — Le courage et l’éloquence du général Duvivier ont été impuissants à protéger nos soldats.

La raison invoquée par M. le maréchal Bugeaud pour imposer à l’armée ces travaux de colonisât ion est cellt-ci : « En agissant autrement il faudrait faire tous les grands travaux à renfort de

1 Moniteur algérien du 24 mars 1841.

Page 1