DU TRAVAIL DU SOLDAT
budget : cela nécessiterait des sommes énormes que les chambres ne voleraient pas »
Certes, il n’est pas un général parmi ceux qui ont commandé en Afrique qui ait eu pour le soldat plus de sollicitude que n’en a eu M. le maréchal Bugeaud. Il a dù cruellement déplorer la nécessité où il se trouvait d ajouter au service militaire les fatigues de travaux aussi pénibles que ceux qu’entraînent en Afrique les défrichements;
— il reconnaissait que les chambres ne voteraient pas les sommes nécessaires pour la colonisation, et il prenait sur lui d’imposer au soldat seul la charge qui devait peser sur tous les contribuables , c’est-à-dire de transformer un impôt en argent qui peut être réparti sur tous, en un impôt du sang, qui n’atteint qu’un petit nombre et le pauvre.
Telle était l’extrémité à laquelle le réduisait l’Afrique.
Cette mesure était illégale et ne pouvait avoir Mesure mode durée. 8,lc'
Le principe général de l’établissement d’un impôt est qu’il doit être réparti sur tous , et proportionnellement aux revenus, et à la consommation de chacun. C’est par des impôts ainsi perçus que les besoins de l’état sont couverts.
Si la défense du pays avait été aussi bien ga-
1 Mémoire du 15 janvier 1844. — Moniteur du 18 août 1843.