CHAPITRE VII
Dons Ta ils aux colons.
Un arrêté du 22 septembre 1843 a créé d’après ces bases un centre de population, sur les propriétés de MM. de Vialar et Caussidou , à une lieue de Douera.
Le point de départ de la colonisation est l’arrêté du 18 avril 1841, qui déclare la gratuité des concessions, le droit d’expropriation pour cause d’utilité publique des propriétés particulières qui auraient, par délibération du conseil, été reconnues indispensables à la colonisation.
Outre la concession gratuite du terrain, le colon reçoit des secours de route jusqu’au port d’embarquement, — le passage gratuit de Toulon ou Marseille à Alger, — des matériaux à bâtir pour une valeur de 600 fr. — On lui prête des bœufs ; — on lui délivre des instruments aratoires, des semences et des arbres que l'on fait venir de France et de Gènes ; — on lui distribue des bestiaux provenant des razias, — et en certaines circonstances on lui défriche un ou deux hectares. — Un service médical est organisé pour la visite des villages et le traitement gratuit des colons malades.
L’administration termine cette nomenclature de secours aux colons en disant qu’elle leur fournira tous ceux qu'on croira devoir leur distribuer '.
1 Tableau Un établissements français en 1812, p. 160, 161, 162, 170, 171, 201.
COLONISATION’ CIVILE. 103
Dans d’autres circonstances on concède au colon, moyennant 1,500 fr., les maisons et terres défrichées qui ont coûté à l'état 7,300 fr. Ainsi que nous l avons établi plus haut, on donne donc au colon 5,800 fr.
Cette somme suffirait pour faire le bonheur en France de trois familles laborieuses et honnêtes ; je doute quelle soit suffisante pour le privilégié d’Afrique.
Oh! combien M. le maréchal Bugeaud doit souffrir en pensant à ces bons paysans du Périgord qui ont besoin de tant de choses, et auxquels le génie fiscal enlève le plus qu’il peut, pour, à leurs dépens , établir en Afrique des gens qui ne les valent pas !
L’Afrique n’a encore rien produit pour la nourriture de l’armée, et déjà le gouvernement nous parle des riches productions que bientôt l’Afrique n’aura plus à envier aux tropiques et aux Grandes-Indes ’3.
Nous avons établi autre part l’impossibilité de ces cultures3; si elles étaient tentées, elles ne feraient qu’augmenter le danger de notre position en Afrique.
La main-d’œ*vre exigée par ces^cultures aug-
1 Arrêté du gouvernement du 5 septembre 1843.
* Observations de M. le maréchal Soult à la commission des crédits de 1844, séance du 9 avril.
Question d'Alger, p. 133.
Ed immeubles.'
Cultures
alimentaires-
Cultures
tropicales.