‹ L'Algérie en 1844Chapitre 57 sur 108 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

Concession».

Trappistes.

Oh voit que cette population européenne, présentée comme signe de progrès et de prospérité , n’est autre chose qu’une population flottante dont l’existence est attachée à celle de l’armée. Cette population, comme l'indique le rapport, serait un embarras de plus si la guerre européenne éclatait.

En présence d’un pareil danger, le gouvernement a recours à tous les moyens pour augmenter le nombre des cultivateurs.

Malgré le mauvais résultat des concessions faites, il en fait de nouvelles et donne encore à la colonisation d’autres encouragements.

Un arrêté ministériel du 11 juillet 1843 concède à une société de trappistes 1020 hectares, situés à Staoueli, lui accorde une subvention de 62,000 fr. , productifs d’intérêt à 4 p. °/n après cinq ans, et l’exempte de tout impôt pendant dix ans.

L’administration leur abandonne des bœufs, vaches, moutons et agneaux provenant de razias; leur concède à cheptel des bœufs de labour; leur distribue des arbres et des semences ; leur prête des condamnés militaires pour les aider dans leurs constructions 1 2 ; enfin leur fournit des instruments aratoires Ces avantages sont grands ; nous doutons cependant du succès.

Admeltons-le, il n aurait aucune valeur pour

1 Tableau des établissements français en 1842, p. 165.

2 Ibidem, p. 170.

COLONISATION CIVILE

les progros de la colonisation. En premier lieu, la population n’en sera pas augmentée. En second lieu, de ce qu’une association de célibataires, dans la force de l’âge, auraient pu par leur travail se créer des moyens d’existence , il ne s’ensuit pas que les trois ou quatre membres d’une famille dont souvent le chef seul pourra travailler puissent vivre avec le travail d’un seul. Et d’ailleurs, le travail fait par des ordres religieux ne sera jamais en Afrique que ce qu’il est partout: une exception imperceptible.

Les trappistes sont au nombre de vingt-cinq ; c’est 2,480 fr. pour (hacun, dans l’allocation de 02,000 fr., sans parler des autres avantages qui leur sont accordés. A moins de frais, une famille laborieuse prospérerait en France.

L’administration nous fera connaître l’an prochain les nouveaux secours donnés aux trappistes et les succès qu’ils auront obtenus.

Un autre mode d’encouragement à la colonisa- Préu. tion consiste dans un prêt de 1,000 fr. à une famille qui s’établit sur le domaine d’un colon.

Six ans après, cette somme commence à être remboursable par cinquième chaque année. Si la famille ne rembourse pas, le colon doit rembourser.

Si le colon ne le fait pas, l’état perd l’avance faite.

Si la combinaison réussit , le résultat est que l’état aura mis en valeur la terre du colon, qui, alors, la louera plus cher.

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