‹ L'Algérie en 1844Chapitre 68 sur 108 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

g III. Commerce interlope.

Nous concevons que l’Angleterre , qui n’avait pas de ports dans la Méditerranée, ait voulu s’y créer des entrepôts, pour de là répandre scs produits par la contrebande. Malte et Gibraltar ont parfaitement rempli ce but. Mais nous n’avons pas le même besoin, nous qui avons des ports dans la Méditerranée. Oran ne sera jamais, comme Marseille, un entrepôt de marchandises qui puisse satisfaire à tous les besoins de détail du commerce interlope.

g IV. Navigation.

Nous avons vu que jusqu’à présent notre établissement d’Afrique, sous le rapport commercial, n’avait profité qu'à l’étranger.

Au profit de C’est aussi au profit de l’étranger que se fait la

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navigation de notre colonie; voici les résultats du mouvement de la navigation en 1 842 :

Navigation. Il est entré dans les ports de l’Algérie . navires 5,707.

Sur ce nombre laFrance n’en a fourni que 1 ,790.

Pêche du corail. La pèche du corail a occupé 162 bateaux.

Sur ce nombre laFrance, qui en avait conservé un en 1841, n’en avait plus un seul en 1842.

COMMERCE ET NAVIGATION

Cette pêche était entièrement faite par les étrangers.

Pêche du poisson. Cette pèche a occupé

bateaux. . . 279

Sur ce nombre la France n’en a fourni que 8.

On conçoit que les ports qui payent leur part dans les 100 millions ‘que coûte l’Afrique aient été blessés de voir la navigation qui leur avait été promise passer aux mains des étrangers. Us devaient réclamer.

L’ordonnance du 1 6 décembre 1 843, dont nous avons parlé, a fait droit à ces réclamations en réservant à la navigation française la plus grande partie des transports, et en grevant de droits la navigation étrangère.

Mais tout aussitôt l’intérêt colonial se plaint de ce que les objets importés coûteront aux colons plus cher que s’ils étaient importés par navires étrangers. — Cette mesure est prise dans l’intérêt des armateurs. — Les colons sont trop pauvres pour payer à ce prix l’amitié des négociants français '.

Ces plaintes sont fondées ; mais les plaintes de ceux qui payent leur part des 1 00 millions de l’Afrique, pour faire passer leur commerce entre les mains des étrangers, sont fondées aussi.

Ce ne sont ni les colons ni les négociants qu'il

Ordonnance du 16 décembre 1843.

1 L’Algérie, nos des 6 janvier et 2 avril 1844.

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