CHAPITRE VIII
ques et la nature des populations du désert étant les causes déterminantes de la marche des caravanes, il n’y a pas lieu de compter sur le changement de direction de ces caravanes. Elles viennent trouver la mer à l’esta Tripoli, et à l’ouest à Mogador. Elles arrivent nécessairement à l’est à Gadamès pour gagner Tripoli , et à l’ouest à Tafilet pour gagner Mogador; elles ne peuvent pas de Gadamès ou de Tafilet se diriger sur Alger, ce qui augmenterait inutilement leur parcours et multiplierait leurs difficultés.
Le commerce du Soudan est un commerce d’échanges à l’intérieur, Tombouctou reçoit ses vivres du Haut-Niger, et fournit en retour du sel et quelques étoffes de sa fabrication. Nous n’avons rien à voir dans ce commerce.
Les relations commerciales avec l’inférieur de l’Afrique ne peuvent être d’aucune importance à cause du peu de développement des populations qui l’habitent, et à cause des immenses étendues que ce commerce doit parcourir.
Les objets exportés consistent en poudre d’or , dénis d'éléphant, plumes d’autruche. On peut voir au tableau de nos douanes que l’importation de ces produits en France n’est d’aucune importance, et que celle qui a lieu par les états barbaresques est nulle.
Les gommes viennent en totalité par le Sénégal et la côte occidentale d’Afrique.
COMMERCE ET NAVIGATION
Les esclaves!... Nous aurions dû penser que la France avait renoncé à compter des hommes au nombre des marchandises, que l’expérience avait été faite qu’acheter les prisonniers aux peuplades d’Afrique c’était les provoquer à la guerre, c’était rendre plus barbare encore la domination de leurs chefs, c’était faire germer jusqu’au sein des familles les passions les plus cupides et les plus infâmes, et cependant M. Laurence, ancien directeur des affaires d’Afrique, parlait à la commission ministérielle instituée en janvier 1842, de projets sur ces noirs.
M. le maréchal Soult a rassuré la commission des crédits de 1844, en lui déclarant que dans aucun cas le gouvernement n’achèterait de ces noirs. Il ne pense pas que l’on puisse empêcher les indigènes d’avoir des esclaves '. Sous ce rapport, la régence de Tunis marche plus vite que la France dans la voie de la civilisation, l’esclavage y est aboli depuis deux ans.
Le commerce avec l’intérieur de l’Afrique est nul et ne peut avoir aucun avenir; il est véritablement déplorable que de pareilles billevesées aient pu avoir une certaine influence sur les expéditions qui sont aujourd’hui dirigées vers le désert.
Esclave*.
1 Séance du 7 niai 1844.