‹ L'Algérie en 1844Chapitre 70 sur 108 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

ARMÉE

Effectif de l’armée d’Afrique. — Mortalité. — Maladies. — La guerre d’Afrique forme-t-elle l’armée î

Il faut bien comprendre que notre armée d’Afrique est pour l’Afrique ; il faut renoncer à cette stratégie transcendante qui aurait prélevé sur l’§ffectif d Afrique de petites armées pour prendre l’Europe à revers, et menacer simultanément l'Autriche , V Italie, l’Asie mineure et la Russie l. Et il faut reconnaître avec M. le maréchal Bugeaud , qu’après avoir fixé le chiffre de notre armée de France pour parer aux éventualités du continent, il faut y ajouter tout ce qui est indispensable pour l’Algérie2. Ce sont deux armées.

Nous sommes loin du moment où un gouverneur d’Afrique ne demandait au gouvernement que 1 0,000 hommes pour conserver l’Algérie et y former une puissante colonie 3.

1 Discours de M. Mauguin. Moniteur du 2 mai 1834.

2 L’ Algérie, par le général Ilugeaud, 1842, p. 27.

3 Observations du général Claurel, 1831, p. O et 10.

Effectif de l’armée d’Afrique.

CHAPITRK IX.

l.'îO

Nous sommes loin de» appréciations faites en 1836 par M. Thiers, président du conseil, et les maréchaux Clauzel et Maison. La chambre avait fixéà‘22,921 hommesreflectifd’Afrique. M.Thiers et les deux maréchaux conçurent un plan de domination générale et absolue de la régence , pour l’exécution duquel il fut accordé à M. le maréchal Clauzel 30,000 hommes de troupes régulières et 5,000 indigènes irréguliers *. hommcs

Total . 35,000

Aujourd’hui, nous avons en Afrique 76,744 hommes de troupes françaises,

9,475 de troupes indigènes, soldées par le budget de France, et des soldats de maghzen , payés par le budget colonial , en nombre indéterminé. La commission de 1 844 évalue le total des troupes à 90,000 Mais il ne faut pas croire que nous en restions là. Le développement de notre occupation au sud , nos vues sur le désert, nos deux entreprises dans les monts Aurès elle Djerdjera, nécessiteront de nouvelles demandes de troupes.

M. le maréchal Bugeaud , dans l’ouvrage déjà cité, fait entrevoir les nécessités de l’Afrique ainsi qu’il suit :

1 Explications du général Clause!. Paris, 1837. — Lettre au général Rapatel, p. 126, et note signée Maison, p. 128.

ARMEE

Conserver l'effectif employé à la conque . 80,000

Détacher en Afrique les troupes non

nécessaires en France. . . . illimité.

Constituer un maghzen de troupes indigènes irrégulières . illimité.

Organiser les milices coloniales. . . . illimité. Organiser des colons militaires pris

par le recrutement ‘ . illimité.

M, le général Duvivier2 en appréciant ces demandes estime que ces troupes diverses pourraient aisément dépasser .. . 200,000 Et l’honorable général pense que même avec cet effectif, on ne pourrait pas obtenir une soumission absolue, qu’elle serait toujours éphémère, qu'enfin la soumision absolue est impossible , car il faudrait 600,000 hommes constant-

ment renouvelés3 . 600,000

L'exécution dusystèmedu général Duvivier, dont il est parlé précédemment, demanderait 101,360 hommes. Le général dit avec raison « que résoudre la question à un tel prix, serait jugé au-dessus de la valeur à espérer de notre réussite future en

• L’Algérie, par le maréchal Bugeaud, 1842, p. 13, 23 30 33, 38. r

2 Quatorze observations sur cet ouvrage, par le général Duvivier,

3 Ibidem , p. 64.

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