CHAPITRE X
FINANCES
Dépenses de l’Afrique en 1843. — Recettes au profit du trésor. — Recettes au profit de la colonie. — Habileté de la direction des finances d’Afrique. — Budget colonial à supprimer. — État financier de la France. — Communes. — Départements. — L’état. — Sa dette.— Déficits.— Besoins du pays.— Impôts.— Travail national. — Résumé.
L’Afrique est pour nous la cause incessante du désordre de nos budgets. En vain le gouvernement et les chambres apportent des améliorations dans notre régime financier; l’Afrique vient, qui absorbe les améliorations, et en pleine paix nous contraint aux emprunts. Sa dépense, faible dans le principe, est arrivée, pour l’année 1843, à la somme de 100 millions, composée des éléments suivants :
1° Dépense du recrutement. Nous ne ferons pas appel aux sentiments d’humanité des colonistes , qui sacrifient à leurs systèmes les enfants du pays. Les colonistes ne s’occupent pas de si peu. Nous faisons ici une simple appréciation de l’impôt du recrutement.
En 1&43, la France aura entretenu au moins 75,000 hommes en Afrique. Renouvelés par septième, ces 75,000 hommes auront nécessité une levée en France de 10,714 jeunes gens. Le
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prix do remplacement est au moins de 2,000 fr., ce qui a grové
la population d’une dépense de . 11,428,000 fr. »
2° Dépenses duministèrede la guerre.
Budget primitif 1843 . 47,768, 225 »
Crédits extraordinaires votés en 1843. 29,221,508 »
Créditssupplémentairesvotésenl844. 878,928 »
Crédits extraordinaires votés en 1844. 3,072,546 »
3° Dépenses accessoires de la guerre.
Le budget général reste chargé de nombreuses dépenses qui devraient être portées au budget spécial d’Alger, telles que celles occasionnées par les dépôts èn France, destinés h tenir au complet les régiments d’Afrique, et par la consommation du matériel et équipages régimentaires, fusils, armes blanches, poudres et projectiles. La commission du budget pour l’exercice 1 836 évaluait ces dépenses à plus de 3 millions *. A cette époque, l’effectif do l’armée d’Afrique était de 31,000 hommes. Pour l’effectif actuel, la dépense de 1836 doit être au moins doublée . 6,000,000 fr. »
4° Pensions de retraite. L’Algérie occupe h peu près le quart de l’armée.
Le temps qu’y passent les officiers leur est compté comme campagnes pour le règlement des pensions de retraite. Cela aura pour effet de porter au maximum le plus grand nombre des pensions militaires . Mémoire.
5° Dépenses de marine. La commis-
A Reporter. . . 98,369,207
1 Rapport de la commission du budget pour 1836, p. 77.
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Report. . .
sion du budget pour 1839 a évalué les dépenses de marine occasionnées par l’Afrique, en 1837, à 6,451,000 fr. A cette époque, l’effectif de notre armée était de 42,000 hommes. Aujourd’hui, les besoins du service ont presque doublé.
Les voyages pour la correspondance, — le transport des soldats en Afrique, et leur retour en France lorsqu’ils sont malades; — le transport des colons en Afrique, et leur retour en France lorsqu’ils ne peuvent plus rester ; — le transport des indigènes aux îles Sainte-Marguerite pour y subir la prison, ou h Alexandrie pour faciliter leur pèlerinage à la Mecque, emploient huit bâtiments à voile, sept bâtiments de transport, seizo bateaux à vapeur.
M. le prince do Joinville, dans les remarquables considérations présentées dernièrement sur la marine, indique que ces navires à vapeur, assujettis dans la Méditerranée à une navigation .sans repos, sont presque tous arrivés h. une vieillesse prématurée. S. A. R. pense que les besoins de la guerre ne sont pas tellement impérieux en Afrique qu’il faille y sacrifier toutes les ressources de la marine et toute idée d’ordre et d’économie.
La dépense de la marine , comparativement à ce qu’elle était en 1837, et en A reporter. . .
1 Rapport du 12 niai 1838.
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