‹ L'Algérie en 1880Chapitre 15 sur 65 · ENSEIGNEMENT PRIMAIRE · texte numérisé non relu

ENSEIGNEMENT PRIMAIRE

r 687 écoles primaires dont 544 publiques et 143 libres, fréquentées par environ 51.000 élèves des deux sexes, avec une faible proportion en faveur des garçons ; sur ce chiffre, les indigènes ne comptent que pour 2.000 environ;

2° 24 écoles arabes-françaises en territoire militaire ;

3° 12 écoles congréganistes pour les indigènes, établies en Kabilie, et, dans le Sud, à Laghouat et à Bouçâada ;

4° 2 écoles normales d'instituteurs, l'une à Alger et Tautre à Constantine, et une école normale d'institutrices à Miliana.

Il faut ajouter à cela une école des arts-et-métiers, en voie de création à Dellis.

Enfin, 163 salles d'asile, tenues par des Sœurs, reçoivent 17.000 enfants des deux sexes.

La population scolaire, sans compter celle des asiles, est d'environ 60.000 enfants, et encore, ce

chiffre est-il, sans doute, dépassé maintenant.

On le voit, l'instruction publique est dans une situation satisfaisante en Algérie, et les succès qu'obtiennent nos jeunes gens dans les concours avec leurs camarades de France, prouvent leur intelligence et le talent de leurs professeurs.

Sur le rapport de l'honorable M. Paul Bert, la Chambre des députés a discuté, l'année dernière, le projet d'un établissement complet d'instruction supérieure à Alger. On a décidé la création d'une sorte de demi-faculté qui pourra être d'une grande ressource pour le développement intellectuel de l'Algérie. Malheureusement on s'est arrêté à un système mal défini et dont les désavantages ne tarderont pas à se faire sentir. En effet, les professeurs seront dans une position d'infériorité vis-à-vis de leurs collègues de France et, de plus , ils délivreront des diplômes de second ordre, sorte de basse-monnaie qui n'aura cours qu'en Afrique. Un député, membre de l'Enseignement, l'honorable M. Duvaux, a combattu avec force cette création hybride, en proposant d'établir une vraie faculté ; les Algériens devraient lui savoir gré de ses paroles marquées au coin de la logique et du bon sens, et l'on a lieu d'être surpris que nos représentants ne l'aient pas soutenu et aient voté le projet. L'un d'eux, au contraire, a pris la parole pour approuver la création d'une classe de praticiens qu'on a appelés avec raison des

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sous-officiers de santé, innovation dangereuse, inutile et portant une atteinte directe à nos lois sur l'exercice de la médecine. Espérons qu'avant de passer à l'exécution, on ouvrira les yeux sur ces inconvénients.

L'occupation de l'Algérie a eu, entre autres résultats, celui de nous apprendre que nous ne connaissions rien, ou à peu près, sur l'ethnographie, la géographie et l'histoire de ce pays. Nos données à ce sujet étaient aussi vagues que fausses et, en mettant le pied sur cette terre, nous marchâmes d'étonnements en étonnements. Des esprits studieux se mirent aussitôt en devoir de résoudre le problème en reprenant les choses ab ovo. Le gouvernement, entrant dans cette voie, et voulant centraliser les efforts, se décida à renouveler ce qui avait été fait pour l'expédition d'Egypte. En 1 839, il institua une Commission scientifique, formée d'hommes spéciaux, dans différents genres, et, quelques années après, l'imprimerie royale éditait seize beaux volumes in-8° dont voici les titres :

I. Etude dès routes suivies par les Arabes dans la partie méridionale de l'Algérie et de la régence de Tunis, par M. Carette, officier du génie, secrétaire de la commission.

IL Recherches sur la géographie, etc., de l'Algérie méridionale, par le même.

IIL Recherches sur l'origine et les migrations des

principales tribus de l'Afrique septentrionale, par lemême.

IV et V. Recherches sur la Kabylie proprement dite, par le m 6 me.

YL Mémoires historiques et géographiques, par E. Pellissier (Tailleur des Annale.^ algériennes).

VII. Histoire de l'Afrique (ou plutôt de l'Ifiikïa), d'Ej Kaïrouani, traduction Pellissier et de Rémusat.

VIII. Voyages dans le sud de l'Afrique d'El Aïaclii^ traduclion Berbrujigcr.

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