‹ L'Algérie et la métropoleChapitre 2 sur 13 · VIII AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

VIII AVANT-PROPOS

s'efforçant d'aller au fond des choses, c'est peutêtre le meilleur procédé actuel, pour comprendre et pour sentir l'Algérie. En tout cas c'est ce qu'on a cherché à faire.

Il y a un lien de méthode entre ces études critiques. On ne s'est pas proposé de prouver, on a cherché à comprendre, on a voulu faire de l'anatomie, dans un esprit de curiosité pure, qui est un tic professionnel. Précisément pour cela, par honnêteté scientifique, il faut mettre le lecteur en garde ; il doit tenir compte de ce qu'on appelle, dans le calcul des observations astronomiques, le coefficient d'erreur individuelle. L'auteur a passé hors d'Europe toute sa vie d'homme, une trentaine d'années ; il est Algérien depuis 1900 ; il revendique ce titre d'Algérien ; il est de stricte honnêteté de prévenir.

C'est peut-être pour cela que l'Algérie lui paraît être la clef de voûte de l'Afrique du Nord Française. On croît n'être pas injuste pour la Tunisie et le Maroc, à qui vont plutôt actuellement les préférences métropolitaines. Pour ce complexe Nord Africain, dans le monde nouveau qui s'ouvre, nous avons le droit de rêver de grandes destinées françaises. Mais le seul g^rme français, l'embryon, ce n'est assurément ni la Tunisie, ni le Maroc. C'est l'Algérie, la seule colonie des trois, au sens propre du mot colonie. C'est ce germe-là qui doit pousser, lui tout seul, à la façon mystérieuse des germes, et qui deviendra un être adulte et puissant. Ou bien alors, s'il avorte, il

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