‹ L'Algérie et la TunisieChapitre 130 sur 222 · DEUXIÈME PÉRIODE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PÉRIODE

Ex rédent Naissances des

(mort-nés naif'Sances +

Années. déduits). Décès. ou des décès —

Totaux des naissances, des décès et de Texcédent des décès sur les naissances 5.124.516 5.164.407 — 39.891

Moyenne annuelle des décès, des naissances et de l'excédent des décès 854.086 860.734 — 6.648

Sur les causes de cette diminution de la mortalité française, consulter ixotre Traité théorique et pratique d'économie politique^ 2* édit., t. IV, p. 507 à 632.

conditions, la France ne peut songera constituer de pures colonief( de peuplement à proprement parler; elle ne pourrait le faire qu'aux dépens de sa propre substance. On ne doit pas songer à former un courant d^émigration de France vers TAIgéric et la Tunisie dépassant régulièrement 8 à 10,000 âmes par année. Il est d'autant plus impossible d*espércrdavantage que la reconstitution des vignobles en France a enlevé aux paysans de nos départements méridionaux le principal motif d'établissement au sud de la Méditerranée. Un afflux régulier de 8 à 10,000 colons français par année avec un courant égal d'étrangers que Ton franciserait à la longue sufllrait à créer de florissantes colonies mixtes de peuplement et d'exploitation.

Développer avec nos capitaux et nos forces morales et intellectuelles, avec des directeurs, des contremaîtres et des ouvriers d'élite et aussi l'exemple de quelques moyens et petits colons, à l'avantage des Tunisiens et de la France, les richesses du pays, ce doit être là tout notre programme. 11 faut plus d'un jour pour le remplir; Ton s'y est mis avec entrain. Nombre de PVançais accoururent à Tunis; la plupart, comme toujours en pareil cas, étaient avides de rapides fortunes ; on se précipita sur les terrains urbains, non seulement dans la capitale, mais à Bizerte et un peu tout le long de la c6te.

En général, ces sortes de spéculations n'ont pas le prompt succès qu'on en attend. Ceux qui connaissent Thistoire de la colonisation se rappellent l'éclatant désastre de la Compagnie de l'Australie du Sud et des sociétés ou des particuliers qui, en 1839, avaient soudainement plus que centuplé le prix des terrains à Adélaïde. On est revenu, depuis lors, de cette fièvre enfantine : Adélaïde est une ville florissante de plus de 100,000 habitants, et l'Australie méridionale tient le premier rang, pour l'agriculture proprement dite, entre toutes les colonies australasiennes.

Si, même dans les pays tout à fait neufs, les spéculateurs en terrains éprouvent souvent des déceptions de ce genre, il est naturel qu'elles soient plus fréquentes dans de vieux pays que l'on veut ranimer et rajeunir. Le sang nouveau qu'on leur transfuse goutte à goutte n'agit qu'à la longue sur l'organisme ; une ville ancienne d'environ 150,000 habitants, comme Tunis, ou de petites villes provinciales, comme Bizerte et Sousse, ne se doublent pas en quelques mois ni même en quatre ou cinq ans : « Les acheteurs de terrains urbains à l'heure actuelle, un certain nombre du moins, écrivionsnous en 1887, sontparmi les mécontents de la Régence : ilsont tort, car

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