I M L*ALGÉRIE
L'excédent apparent des années 1887 à 1891 vient, comme nous Tavons dit, de ce que Ton a négligé de porter au budget les garanties d'intérêts envers les voies ferrées, lesquelles ont varié dans cette période de 15 à 22 millions de francs. On les a réinscrites à partir de 1892.
Le budget de l'Algérie est en déficit réel, constant et considérable. Encore doit-on dire que le rédacteur de ces statistiques n'y a pas fait entrer les versements faits par la Société générale algérienne et dont le gouvernement français servait l'intérêt. Ces versements ont monté à 87 millions échelonnes de 1866 à 1878. Les recettes extraordinaires, dont nous avons indiqué l'origine et qui, dans les dernières années, pour une moyenne de 3 millions et demi de francs, sont fournies gratuitement par la métropole, viennent encore constituer une nouvelle insuffisance des ressources propres à l'Algérie; les fonds de concours aussi dissimulent souvent des subventions métropolitaines.
La métropole fait, en outre, pour l'Algérie quelques autres sacrifices. Elle verse des subsides aux budgets des départements algériens et des communes. Une loi du 10 avril 1879 a affecté à ces communes et à ces départements une somme de 40 millions, réduite ensuite à 35 millions, pour Taché vement des chemins de grande communication, d'intérêt commun et des chemins vicinaux ordinaires. L'État français reste donc encore dans une mesure assez importante le donateur ou le bailleur de fonds de la colonie.
Un tableau plus véridique et plus détaillé que les documents antérieurs, paru dans la Statistique générale de V Algérie pour les années 1884-1887 (pages 73 et suivantes), porte le total des dépenses y compris celles de l'armée, elTectuées pour l'Algérie de 1830 à 1887 inclusivement, à la somme énorme de 4 milliards 868 millions de francs et le total des recettes à 1 milliard 207 millions de francs, d*où un déficit de 3 milliards 661 millions.
kïExj^i des motifk da budget de 1886, et dont le tableau ci-dessus reproduit les principaui, que dans la période de 1840 À 1862 les eicédents de dépenses de TAIgérie (armée non comprise) ont été, pour vlDgt et un exercices, de 77,924,042 francs; si Ton en déduit les excédents de recettes des deux années 1856 et 1857, on a un excédent total de dépenses de 74,949,893. Dans la période de 1868 À 1886, les excédents de dépenses pour vingt exercices montent à 197,586,289 francs; si l'on en déduit les 7,412,521 francs d'excédent de recettes de quatre exercices, on a un total d'excédents de dépenses pour la période de 1868-1886 de 190,128,768 francs ; pour toute la période de 1840 à 1886, Texcédent des dépenses civiles À lacbarge de la métropole s'élève à 265,078,661 fr.