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LE CRÉDIT. — SOCIÉTÉS DIVERSES

d*aflairc8. Quelques-uns de ces comptoirs n'escomptent pas seulement du papier de commerce à court terme, au maximum de quatrevingt-dix jours ; mais, ce qui peut être imprudent, ils s'engagent pour neuf mois ou un an et parfois, comme celui de Souk-Ahras, pour quatre années. Le capital de ces petits établissements varie entre un minimum de 10(),(M)() francs à Bouira et un maximum de 1 million à Tlemcen : le capital de la plupart est de 3 à 100,000 francs, dont la moitié seulement ou même le quart est versé. Sur les 24 que Ton nous énumère, on nous cite les chiffres du capital nominal, du capital versé et des réserves de 23. Pour ces 23 comptoirs le capital nominal atteint 8,225,000 francs, le capital versé 2,356,250 francs, les réserves 1,650,120 francs pour 19 comptoirs seulement : c>st donc environ 4 millions de francs dont disposent ces petits établissements : cette somme est assez considérable, et la forte proportion de la réserve au capital versé est encourageante ; elle semble indiquer une prudente gestion. Le nombre des effets escomptés en 1893 par 23 de ces 24 comptoirs (les chiffres du vingt-quatrième n*éiant pas parvenus) est de 92,099 pour une somme totale de 92,277,000 francs. Beaucoup de tous ces petits établissements font des bénéfices, quoiqu'ils aient été un peu amoindris par la crise agricole des dernières années; nous relevons que 13 sur 24 ont distribué un dividende en 1893, ce qui ne veut pas dire absolument qu'il n'y en ait pas eu pour les 1 1 autres, quelques-uns ayant pu ne pas porter ce renseignement à la connaissance de l'administration. Les dividendes paraissent varier de 2 p. 100 à 7 ou 8 et parfois 12 ou 15 p. 100 du capital versé, sinon davantage (1). Ces institutions de crédit sont embryonnaires, mais paraissent avoir des racines assez profondes dans la population. Le nombre des actionnaires des 23 comptoirs pour lesquels le renseignement est fourni est de 2,808; il se trouve au minimum de 51 pour le petit comptoir de Tizi-Ouzou et au maximum de 400 pour celui de Mila. Ces institutions pourraient se développer avec un bon régime.

En outre de ces 24 comptoirs, il y a deux caisses agricoles, l'une à Mascara au capital de r)00,000 francs, l'autre à Guelma au capital

(I) Il est impossible de donner des chiffres précis, parce que les documents administratifs indiquent bien la somme payée en dividende par action, par exemple 30 francs pour le comptoir de Marengo, 37 fr. 50 pour celui de Bel- Abbès en 1893, mais ils se taisent sur le montant de chaque action; on voit seulement que dans ces deux comptoirs le capital versé n*est que d*un quart du capital souscrit.

de '2(K), 000 francs, dont, dans l'un et Taiitrecas, lo quart seulemenl est verso. 11 serait très à désirer que de petites banques aj^ricoles populaires, h Timitation des banques HaVlFeisen en Allemagne, se propageassent en Algérie. Mais déjà les résultai? obtenus dans notre colonie sont intéressants. Kn 1891, les opérations de banque faites par ces comptoirs et caisses agricoles ont atteint 1 1 1,71M),(KH) francs.

On ne peut que louer nos colons de s'associer ainsi, mais combien il est regrettable que la liberté des banques d'émission leur manque, et comme ce taux de 7 à 8 p. 100 d'escompte est peu propice aux entreprises agricoles î

Le Crédit foncier et agricole d'Algérie, depuis une quinzaine d'années qu'il a été fondé au capital de (>0 millions dont le quart versé, ultérieurement réduit à 30 millions, moitié versés, ne consacrait pas toute son activité aux affaires algériennes. Il faisait des opérations de banque et concourait même à des entreprises immobilières dans la métropole; cela ne lui ayant pas réussi, il limite aujourd'hui ses opérations nouvelles à l'Algérie. Comme son puissant parrain, le Crédit foncier de France, il fait en Algérie des prêts aux localités, communes, déparlements, établissements publics, syndicats d'irrigation, et, d'autre part, des prêts purement fonciers aux propriétaires territoriaux. Les prêts de la première catégorie, communaux, départementaux, etc. , ont été consentis par lui jusqu'au 30 décembre 1893 pour la somme de 18,850,(M)O francs, sur lesquels il restait dû à cette époque environ 33 millions. Quant aux prêts fonciers, le Crédit foncier et agricole d'Algérie les effectue, soit avec le concours du Crédit foncier de France qui lui fait des avances à un taux d'intérêt restreint, soit avec son capital propre qui lui revient à plus cher. Les prêts fonciers réalisés ainsi avec le concours des deux Crédits fonciers jusqu'au 31 décembre 1893 ont atteint 91,r)70,(X>0 francs, consistant en 5,391 prêts, presque tous à long terme, c'est-à-dire de dix ans au moins à cinquante ans au plus : la moyenne des prêts se trouvait ainsi d'environ 14,000 francs. Sur ces 91,070,000 francs de prêts hypothécaires, i-2,2'i2,05i avaient été remboursés, de sorte qu'il en restait 19 millions en cours. Il est probable que la propriété rurale figure tout au plus pour la moitié dans le chiffre des prêts du Crédit foncier d'Algérie. Kn définitive, au 31 décembre 1893 les sommes dues à cet établissement tant par les communes et les départements que par les particuliers étaient de 82 millions de francs, somme importante, on le voit. Le Crédit

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