‹ L'Algérie françaiseChapitre 55 sur 61 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

la suprématie de Tautorité civile, la subordination du rôle de Tannée, la simplification administrative, un système de concessions aijritées contre tous les antagonismes, l'épuration de la magistrature, une investigation sévère snr les actes et la moralité des officiers ministériels, une guerre sans pitié à l'usure, la liberté du commerce , et Tégalité politique et civile devant la loi française. .

Il y avait là plus de vœux et de besoins exprimés que le gouvernement n'aurait eu le pouvoir et la volonté d'en satisfaire. Tout au moins la folie al2:érienne aurait-elle paru consister dans le rêve d'une réalisation immédiate. Cependant, au fond de ces impatiences de rénovation, il y avait une ieWe conslatation du degré de dépérissement où la colonie était parvenue, une si éclatante preuve que tout était à refaire, une démonstration si claire que l'Algérie était un de ces malades condamnés qui ne courent •plus que le pire risque de mourir du traitement au lieu de la maladie; enfin toutes ces convictions parlèrent si haut, que. le chef de TËtat en parut troublé et songea sans doute à aviser.

Peut^tre eut -il la pensée, dans la mesure, bien entendu, du milieu dont il subissait la pression , d*essayer du traitement qui laissait une chance de salut. Toujours est-il que dans renvoi de M. le duc d'Au* maie en qualité de gouverneur général , l'Algérie crut voir comme un acheminement, lent et gradué sans doute, mais résolu, vers une organisation nouvelle.

La révolution de février, en brisant le trône du père et Tépée du fils, n'a pas donné le temps de savoir ce qu'il y avait de rêves on de oertilade dans ces espérances de la colonie africaine.

Après avoir dressé le bilan du passé de T Algérie > il m'en coule de ne î im dire de sa situiilioQ présente. J'aurais aimé à reconnaître qu'aujourd'hui vaut un peu mieux qu'hier; que les mœurs sont en progrès; que les grands scandales sont plus rares , et que , s'il s'en produit, ils sont flétris par la conscience publique ; que le gouvernement militaire est moins sabre, moins inintelligent des nécessités de la colonisation ; que les concessions de terrains éprouvent un peu moins de lenteurs et d obstacles; que la formation des villages est moins ruineuse pour les colons; qu'à la pépinière du gouvernement il se fait d'assez heureux essais de culture, et qu'il eu sort des enseignements auxquels ne manque j par une publicité gratuite, qu'une vulgarisation plus générale; que les voies de communication sont moins mal entretenues; que rinspection générale de M. le docteur Baudens a produit une meilleure organisation du service médical dans les campagnes; que le chef de T administration préfectorale (et quoiqu'il soit et qu'on le sache mon ami, je peux Lien lui rendre cette justice) a communiqué une heureuse et puissante impulsion aux cultures industrielles qui doivent un jour affran-» cbir la labnque française du tnijut que, pour cer- . taines matières premières, elle paye à l'étranger;

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