TE M, PAGE
Ismaïl Abou'Iféda, surnommé el-Malik-el-Mouqaid, naquit à Damas, l'an 672 de l'hégire, et mourut l'an 7Ô2, à Hamah, sur l'Oronle, ville de Syrie, dont il était souverain. Il se trouva, en 1289, au siège de Tripoli, en 1291 à celui de Saint-Jean-d'Acre, et fit quatre fois le pèlerinage de la Mecque. 11 a composé un grand nombre d'ouvrages d'histoire, de géographie, de droit, de médecine et dastronomie. Les principaux sont : VHisioire abrégée du genre humain; V Histoire de Mahomet, traduite par Gaguier, in-fol., 172-5; les Annales tmisulmanes , traduites par Reisk. 5 vol. in-4o, 1789, et la Géographie. La partie relative à l'Afrique a été traduite par Eichorn (Gottingue, 1791). M.Ch. Solvet en a publié, en 1859, à Alger, le texte arabe avec la traduction française en regard, sous le litre de Description du pajs du Magreb.
Note N (avam-propos).
Estât de ce qui est nécessaire pour l'entretcnement du Bastion, la Calle, Cap-de-Rose, la maison de
Bones et celle d'Jrger, constrnites par Saiison Napolon, gentilhomme ordinaire de la chambre du roy, chevalier de son ordre de Saint-Michel y par commandement de Sadite Majesté^ comme il appert par l'instruction que Sadite Majesté luy fist expédier par monsieur de La Fillaiibert, secrétaire de ses commandements en l'an 1626.
Lesdites places sont redressées avec de grands frais et dépenses, qui sont couchées dans les livres de comptes que Pierre Duserre a tenus depuis le commencement de ladite entreprise. Pour avoir la permission de messieurs d'Arger, a fallu dépendre à des donatifs au bâcha d'Arger et principaux de la milice, avec lesquels il a fallu convenir et accorder une rente annuelle, ainsi qu'il est spécifié ci-après.
Faut remarquer que le bâcha d'Arger fait payer un droit de toutes les marchandises qui entrent et sortent, sçavoir :
A rentrée, tant des marchandises qu'argent, à raison de douze et demi pour cent, et de sortie, autant, et de plus, un pour cent pour la fabrique et entretenement du môle d'Arger, comme encore la récompense que prennent les officiers -ministres qui fout la levée desdits droits, lesquels reviennent à deux pour cent.
Napolon, pour rendre lesdites places libres, et qu'aucun Turc n'y puisse prétendre ni voir aucune chose, ni faire aucune résidence ni garde, a trouvé bon d'accorder, avec le bâcha et milice, tant la permission de construire que prétentions de droits, à une somme limitée tous les ans, payable en six fois, de deux en deux mois, audit Arger, par main d'un commettant qui demeure à la maison dudit Arger, pour s'immiscer aux affaires
qu'il est de liesoin pour le Bastion, laquelle somme se paye dix mille doubles, monnaie d'Arger, qui font cinq mille livres de France, à la bourse commune du trésor, réserve que la chose plus privilégiée au préjudice de laquelle n'y eust personne qui osast parler. Ladite parlie a été destinée à la considération de rendre les affaires du Bastion assurées, et pour lever les moyens aux malafFeclionnés de pouvoir nuire aux affaires du Bastion, contre lesquels il ne se peut entreprendre, que premièrement ladite partie annuelle ne soit assui-ée; et pour ce icy 5,000 liv.
De plus, se paye seize mille doubles qui entrent dans la bourse des finances assignées pour payer les gages des salaires de toute la milice, qui est la cause que tous les soldats portent respect aux choses du Bastion, qui sont huit mille livres monnaye de France; pour ce icy 8,000
De plus, se paye trois mille livres, tous les ans, de présents au bâcha et autres principaux de la milice, pour les entretenir pour amis dans les affaires du Bastion; cy. . . . 3.000
Pour les suffaires et dépenses du commis et entretenement de la maison dudit Arger, huit cents livres; cy 800
Somme totale des dépenses qui se font à Arger, montant à la somme de 1G.800 liv.
A la ville de Boues, pour les droits et prétentions, droit de marchandises d'entrée et de sortie, la somme de quatorze mille doubles, qui sont sept mille livres monnaye de France, à un fermier particulier qui tient la
A reporter 10,800 liv.
Report 10,800 liv.
ferme de Bones : rooyennant ladile somme. il est obligé de donner deux mille cuirs des plus grands, tous les ans. à vingt-cinq sols pièce, sur lequel prix il y aura vingt sols de bénéfice suivant les acheteurs des cuirs de ladile ; pour ce, icy 7,000
Pour les dépenses ordinaires, entretenement de la maison et de cinq personnes qui y demeurent pour faire le négoce, quatre mille livres; cy 4.000
De plus, se donne aux chefs et ofiiciers principaux de la garnison qui demeurent en ladite ville, tous les ans, huit cents livres; pour ce icy 800
De plus, pour l'extraordinaire des navires et galères de guerre qui abordent pendant Tannée audit Bones, à qui il faut présenter des rafraîchissements et quelque chose de présent aux capitaines, se moulent à cinq cents livres; cy 500
De plus, les salaires desdils cinq hommes reviennent à mille livres tous les ans; pour ce icy 1,000
Somme totale des dépenses qui se font à la maison de Bones, tous les ans, se montant à 15.500 liv.
La forteresse de Cap-de-Rose, qui est la plus forte place de Bones, il y demeure un caporal, qui est en salaire à trente livres le mois, pour chacun, un truchement à dixhuit livres le mois, huit soldats à neuf livres
A reporter 50,100 liv.
Report 50,100 liv.
le mois chacun, qui reviennent tous les ans,
de salaire, à 1,440
Ladite place se renforce de soldats selon les occasions.
De plus se fournit tous les vivres de bouche nécessaires pour ladite garnison, qui s'envoient du Bastion, le prix desquels est compris dans le gros des dépenses du Bastion.
Le lieu de la Calle est le port où les navires qui abordent le Bastion demeurent avec tout temps asseurés et sans aucun danger. II y a une forteresse et deux grands magasins, où il demeure un capitaine et quatorze soldats d'ordinaire en garnison, et suivant les occasions, on la renforce. Le capitaine est en salaire à trente livres le mois, les soldats à neuf livres le mois, pour chacun. De plus, il y a un commis pour faire les achapts de bleds, avec six hommes, qui reçoivent le bled et font les chargements. Le commis a six cents livres l'année, de salaire, et les autres six à neuf livres le mois, pour chacun. Le salaire des susdits vingt-deux hommes
revient, l'année, à 5,120
De plus, se fournit tous les vivres de bouche et munitions de guerre nécessaires pour ladite garnison, qui s'envoyent du Bastion, le prix desquels est compris dans le gros de la dépense du Bastion.
Le Bastion est la place principale et la
A reporter 54,660 liv.
Report 34,660 liv
plus forte, dans laquelle se tient toute la munition de guerre et de bouche nécessaire pour toutes lesdites places, dans laquelle y demeurent ordinairement le capitaine et son lieutenant, un homme qui a rintendance et administration du négoce, un escrivain qui tient compte de toutes les affaires, et prend les écritures publiques qui sont nécessaires pour le commun du Bastion, les salaires desquels ne sont pas accordés encore : ce sont des personnes qui ont aidé et contribué de leurs travaux depuis le i)rincipe jusques à la construction de ladite place, les salaires et récompenses desquels demeurent à la discrétion du capitaine.
Dans le corps de garde, il y demeure un capitaine et deux caporaux, avec vingt-huit soldats et un tambour : ledit capitaine a trente-six livres le mois, et les soldats neuf livres chacun, et la nourriture de bouche; les trente-deux personnes susdites, en salaire, ont tous les ans d'estat. la somme de 3,944 danslesquelles n'y sont pas compris les gages du capitaine, de son lieutenant, de l'intendant du négoce ni de l'escrivain.
De plus, dans la forteresse, il y demeure toujours quinze personnes qui servent dans les occasions, et pour accompagner le capitaine lorsqu'il va en campagne, et en toutes autres occasions d'importance qui se présentent; lesquelles ont de gages cinquante
A reporter 58.604 liv.
Report 38,604 liv,
escus chacun pour toute l'année, et pardessus, quelque récompense à la volonté du capitaine; les quinze personnes cy-dessus, en salaire, ont tous les ans d'estat deux mille cinq cent cinquante livres, cj' 2,550
Un raaistre d'hostel a quinze livres de gages le mois; le sommelier en a autant; le cuisinier autant; deux hommes sous le cuisinier, huit livres chacun le mois; le linger a dix-huit livres le mois; deux hommes qui ont la charge des magasins qui sont dans la forteresse, chacun neuf livres; quatre serviteurs qui servent la cuisine et la tahle, six livres chacun; les douze personnes ci-dessus en salaire, ont tous les ans la somme de 1 ,452
Ceux qui demeurent hors la forteresse dans la hasse-cour, il y a d'ordinaire quatre soldats qui font sentinelle, lesquels ont en salaire neuf livres le mois chacun; trois truchements pour interpréter les langues moresque et turquesque. lesquels ont de salaire trois cent soixante livres chacun. Le médecin a quatre cent cinquante livres d'estat Tannée, le chirurgien, trois cents livres, l'apothicaire, cent cinquante livres; deux barbiers, cent livres chacun; les dix personnes susdites ont, toutes les années d'estat. trois mille cent trente-deux livres, cy. 5,152
Le capitaine de la frégate, qui demeure dans une maison à part, avec le nombre de quarante j)ersonnes matelots, pour servir
A reporter 45,758 liv.
Report 45,738 liv.
aux frégates et caïques, pour aller aux autres places et lieux que besoin est. pour le service du bastion; ledit capitaine à trente livres le mois, les matelots à neuf livres chacun; revient d'eslat, pour toute Tannée. . 4,G.S0
Deux charpentiers à deux cent vin^jt-cinq livres chacun l'année, deux cailefats aussi à raesnie salaire, deux menuisiers de raesme, un maréchal et un serrurier, ù quinze livres le mois chacun; un cordonnier, à neuf livres le mois; un tailleur d'habits, à neuf livres le mois; lesdites vingt personnes, en salaire, ont tous les ans d'estat la somme de Ô,80C
Cinq boulangers pour faire le pain qui est nécessaire pour le bastion et autres places-, le maistre a quinze livres, et les autres douze livres chacun le mois; deux meuniers pour le moulin à vent : le maistre a vingt-une livres le mois, l'autre douze; un escuier à neuf livres le mois; quatre valets d'estable à sept livres chacun le mois; deux charretiers à quinze livres; deux hommes pour cribler le bled, à douze livres chacun le mois; douze hommes pour servir les maistres maçons, à huit livres chacun le mois ; vingt paysans pour travailler la terre et autres affaires du bastion, à neuf livres chacun le mois ; deux hospitaliers pour traiter les malades, à neuf livres chacun le mois; deux jardiniers, à neuf livres chacun le mois ; trois hommes pour le service des magasins, à neuf livres
A reporter M,^2A liv.
Report 54,524 liv.
chacun le mois; un boucher, à neuf livres le mois; deux hommes pour garder le bestail, de mesme un homme pour garder et nourrir les chiens, ù sept livres; un homme qui porte l'eau pour le service du bastion, neuf livres : les soixanle-deux hommes, en salaire, ont tous les ans d'eslat la sommede 7,116
Dans réglise et corps de garde de Sainte- Catherine, il y a deux religieux de Tordre de Saint-François, pour exercer Tofifice divin et administrer les saints sacrements, auxquels, pour récompense de leurs travaux, on donne la nourriture et habits, et suivant la volonté du capitaine, on donne tous les ans quelques charges de bled au couvent de iMarseille. Deux garçons qui les servent n'ont que la nourriture et habits. Il demeure en garnison dans le corps de garde un caporal, qui a dix-huit livres le mois, huit soldats à neuf livres chacun. Un autre corps de garde nommé iieaulaigne où demeure un caporal, qui a de salaire douze livres le mois; sept soldats à neuf livres le mois. Les dix-sept personnes dans les deux corps de garde ont tous les ans d'estat. . . 1,080
Il y a un capitaine pour la pesche du corail, qui commande vingt-un bateaux, et à chacun il y a sept hommes, lesquels ont pour leur salaire vingt sols de la livre de corail qu'ils peschent; on leur fournit le l>aleau esquippé de tout, et de plus, la uour-
A reporter 05,520 liv
Report G3,320 liv.
rilure de bouche. Il est nécessaire, pour chaque bateau, quinze quintaux de fil et câbles tous les ans, à trente livres le quintal. La nourriture de bouche est réglée à trois cents pains, une millerolle vin, vingt-cinq livres de chair, huilière pleine d'huile, une livre de suif, une bouteille vinaigre, dix livres sel, vingt livres légumes, et ce, toutes les semaines, et un baril sardignes, et trente livres fromage par mois à chacun desdits bateaux.
La ration de bouche se donne fous les jours, tant aux soldats qu'autres qui résident dans ladite place, quatre pains pour chacun, un pot de vin, une livre de chair, un quarteron de fromage, de quatre en quatre, des légumes et huile : à toute la maistrance et officiers on donne un demy-pot de vin et demy-livre de chair, et les jours maigres du poisson frais ou salé, suivant les occasions.
Somme totale de Testât de tous les salaires, tant du Bastion, la Calle que Cap-de- Rose, se montent à ô5,140 liv.
Les munitions qu'il faut au Bastion tous les ans, pour la nourriture de tous ceux qui y habitent, sont : deux cents charges de bled tous les mois, qui reviennent à deux mille quatre cents livres; quaire mille millerolles de vin, au meilleur marché, revient six livres la millerolle, qui se montent à la
A reporter 65,520 liv.
Report ^5,320 liv.
somme de vingt-quatre mille livres; deux cents quintaux fromage, à dix livres le quintal, se montent à deux mille livres; six tonneaux huile, à deux cent cinquante livres le tonneau, se montent à mille cinq cents livres ; pour le sel de toute Tannée, cinq cents livres; quatre cents barils sardignes, liuit cents livres; vingt quintaux de savon, à douze livres le quintal, sont deux cent quarante livres; deux mille bonnets pour donner aux Mores, à huit sols pièces, huit cents livres; deux cents bœufs, à neuf livres pièce, montent à mille huit cents livres; cinq cents moutons tous les ans, à quarante sols pièce, mille livres; mille volailles, cinq sols pièces, deux cent cinquante livres; cent quintaux de morue, six cents livres; cinq cents livres de linge et ustensiles de cuisine et de table; quatre cents livres de fruits pour le dessert; six cents livres tous les ans. de médicaments pour les malades ; se montent, toutes les parties insérées dans cet article, à la somme de. . . . 49,990 liv.
Cent quintaux febves tous les ans, à douze livres le quintal, douze cents livres; cinquante quintaux estoupes, à douze livres le quintal, douze cents livres; vingt quintaux petits claverons, à quinze livres le quintal, trois cents livres ; cent quintaux de poix, six cents livres; pour Tentrelenement des bateaux et frégates, six cents livres; toiles
A reporter 11ô,510 1.
Report 115.Ô10 1,
pour voiles desdils armements, quatre mille cinq cents livres tous les ans; filets pour lesdits armements, trois cents quintaux, à vingt-quatre livres le quintal, sept mille deux cents livres; cordoanes et faudetles. et autres ustensiles pour l'équipage de chaque bateau, six cents livres; pour les avirons en fer de tout ledit équipage, cinq cents livres; il arrive toujours quelque extraordinaire, soit pour la perte des bateaux ou autrement, qui n'est pas icy compris; se montent, toutes les parties insérées dans cet article, à la somme de 10,700
Il faut d'ordinaire trente chevaux et trois mulets pour les charrettes, moulin et autres travaux du Bastion, pour l'entretenement desquels il faut trois cents chargées d'orge, à cinq sols la chargée, qui font la somme de 750
H se paye tous les ans de pension, à tous les principaux Mores de toutes les provinces, avec le Bastion, cinq mille livres, laquelle correspondance conserve que les chemins ne sont pas violés, et maintenir la paix de tous les autres Mores avec le Bastion, et lorsqu'on a besoin de leurs armes, viennent au Bastion, cy 3,000
Somme totale des parties couchées dans tout ce présent cahier, à la somme de. . . 135,0801.'
' Ce chiffre comprend quelques légères erreurs de calcul ; elles appartiennent au manuscrit.
Le vinglièine septembre mil six cent vingt-huit, en Arger, nous. Sanson Napolou, disons et faisons. Après avoir accompli heureusement le traité de paix entre les sujets du roi et ceux dWrger, passé les escritures et articles signés du bâcha, de Taga, chef de la milice, du grand raofli et cadi dudit lieu, pour assurance et conservation de leur promesse, et sous le bon plaisir du roy, considérant ledit Isapolon. qu'il fallait accomplir la volonté du roy pour Testablissement du bastion, ainsi qu'il est contenu dans un aiticle exprès de son instruction, que Sa Majesté lui a fait expédier, et par une recommandation extraite que le duc de Guise lui a faite, lui recommandant de rechercher la permission de restablir ledit bastion, Napolon proposa dans le divan et conseil les mesmes mots que ceux qui suivent : « Messieurs, anciennement les François avoient construit un bastion appelé de France, en la coste de votre royaume, lequel a été par vous démoli, il y a environ trente ans : si vous voulez que je le redresse, je le feray au nom du roy mon maistre. »
Ayant le conseil mis la demande de Napolon en considération, chacun dit son opinion.
11 fut conclu de donner ladite place du Bastion et ses dépendances au roy, avec permission audit Napolon de le rebastir sur les ruynes et fondements où il était anciennement, à la charge et condition de paj'er tous les ans dix mille doubles à la bourse des finances, de laquelle se paye la solde de la milice; et d'autant que Napolon a rendu de fidèles services, tant d'une part que d'autre, à ladite négociation, pour récompense lui
avons donné le capitainage dudit bastion durant sa vip; et après sa mort, l'empereur de France mettra tel autre bon lui semblera- Napolon, ayant remercié le conseil, a promis, pendant qu'il sera capitaine, de payer tous les ans la somme de dix mille doubles contenus au premier article, pour la bourse du trésor; seize raille doubles à la bourse des finances, lesdites deux parties, réduites en monnoye de France, montent seize mille livres; moyennant laquelle somme ceux d'Arger ne peuvent prétendre aucune chose sur lesdites places, ni faire levée d'aucun droit sur les marchandises qui entrent et sortent, l'ayant déclaré et déclarons franc et libre; et pour l'observation de leur promesse, ont passé l'escrit et contrat en langue lurquesque.
La teneur de ladite promesse est, suivant la traduction ci-après, en langue françoise.
Teneur du contrat passé avec le divan et conseil d'Arger pour le rétablissement du Bastio?i et ses dépendances.
Au NOM DE DiEC soiT-iL. L'an mil six cent vingt-huit, le vingt-neuvième septembre, suivant le compte des mosulmans, mil trente-huit, le vingtième jour de la lune.
Le sujet de la présente est que le roy de France, les jours du<|uel soient heureux, nous a envoyé de sa part un de ses gentilshommes, appelé le capitaine Sansori Napolon, avec les souverains commandements de notre très-haut empereur, lequel est l'ombre de Dieu sur la face de la terre, avec lettre d'amitié de la part du roy de France, ensemble deux canons de bronze, et plus de deux cents bons esclaves mosulmans; avons changé
rinioiilié en une bonne amitié, lequel capitaine Sanson, étant arrivé en celle invincible ville trArger, les commandements de notre empereur ont été receus et veus, et ayant compris le contenu d'iceux et substance desdites lettres d'amitié, étant le tout receu de bonne part, avons lié et accordé la paix, et pour conserver une bonne amitié parmi nous, avons écrit la présente en témoignage de notre parole et promesse comme ensuit :
Ainsi que par cy-devant les François avoient commandé le lieu appelé le Bastion, avec TEschelle de Bones, les avons accordés, moyennant vingt-six mille doubles pour la paye des soldats, etdix mille doubles pour le glorieux trésor de la Cassabe, ainsi qu'il a esté pro mis par le capitaine Sanson de Napolon.
Et moyennant lesdites sommes, avons déclaré et promis de donner lesdits Bastion et Escbelle de Bones au roy de France, avec pache; que pour récompense des services rendus par le capitaine Sanson, il en sera le chef, et commandera lesdites places, sans que Ton en puisse mettre aucun autre. Néanmoins, après son décès, le roy pourra pourvoir à d'autres personnes.
Les vaisseaux dudit capitaine Sanson pourront aller et venir auxdits lieux pour y vendre, négocier et acheter, enlever cuirs, cire et laine, et toutes autres choses, comme estait anciennement, sans qu'aucun autre vaisseau de qui que ce soit y puisse aborder, vendre, négocier, ny achepter cuirs, cire, laine et autres marchandises, ou seroit qu'il eust ordre par écrit du capitaine Sanson.
Permettons et entendons qu'ez vaisseaux dudit capitaine Sanson puisse partir de France pour aller, venir ou retourner auxdites eschelles à droiture, sans autre permission.
Estant lesdits vaisseaux rencontrés par nos corsaires, ne leur sera fait aucun déplaisir ni reproche, allant et venant à droiture.
Sera permis auxdils vaisseaux du capitaine Sanson d'aller aborder en tous les lieux de notre coste . sans regrets, allant et venant.
Et d'autant que ladite place du Bastion et ses dépendances ont été démolies , permettons de les pouvoir redresser et fabriquer comme elles esloient anciennement, pour se pouvoir garantir contre les Mores, vaisseaux et brigantines de Maillorque et Minorque ; ensemble jouiront des magasins de cuirs qui se souloient servir de l'Eschelle de Bones.
Ils pourront redresser les autres lieux et places qui avoient accoutumé estre tenues, pour se défendre, comme estoient anciennement.
Estant les basteaux de la pesche du corail contraints par vents contraires d'aborder aux lieux de la coste, comme Gigery, Colle et Bones, ne leur sera fait aucun déplaisir, fait esclaves, ni vendu aux Mores.
Toutes sortes de navires, galères et frégates qui passent par ladite coste, soit en négociation ou autrement, allant et venant au royaume de Tunis, ne pourront nuire ni faire aucun desplaisir aux basteaux qui peschent le corail, en façon quelconque n'y feront aucun mal.
Cette promesse, foy et parole, l'avons escrite et remise entre les mains du sieur Sanson Napolon.
Faict en Arger, à la fin de la lune de marras, l'année mil six cent trente, et icelui signé de Ossain-Bacha . gouverneur d'Arger; Mocssa-Aga, chef et général de la milice, du mofti et du cadi de ladite ville.
1 l'algÉrif.
La maison d'Arger est très-grande et belle; elle se (lent à louage à cinq cents livres tous les ans ; les meubles et ustensiles d'icelle sont du Bastion. La maison de Bones est très-grande et logeable; elle a esté achetée des deniers du Bastion, comme tous les meubles et ustensiles qui y sont.
A la Calle, il y a une grande forteresse et deux magasins construits des deniers du Bastion, comme aussi les meubles et ustensiles qui y sont; to.us les meubles et ustensiles qui sont dans la forteresse du Bastion, et ceux qui sont dans la grande maison hors la forteresse , sont de mesme; ensemble tous les ferrements et ustensiles desquels la maistrance se sert. Il y a aussi cinq pièces d'artillerie de fonte verte, un espingard aussi de fonte verte, et un autre de fer, deux cents mousquets, cinquante quintaux de plomb , cinq cents balles de canon, dix balles de mesches, cinquante piques, cent balles de fer, cinq cents coiffins , cinquante coignées , cinquante serpes, deux cents pelles de bois sciées pour servir à fortifier, cinquante quintaux poudre de chasse, vingt balles toiles à faire sacs et pour servir aussi à Tesquipage des basteaux ; septante quintaux fil de corail, septante quintaux de sartie pour la pesche du corail; cinquante quintaux de poix, cinquante quintaux d'estoupes; cent avirons pour les bateaux, trente fers pour les bateaux, cent peyrolles de cuivre, deux cents tables de Flandre; deux cents tonneaux tenant dix millerolles vin chacun, et du bled pour la provision de l'année; coignées, pieds-de-porc de fer, marteaux à couper pierres; et par-dessus le molin de sang et à vent, esquipés de ferrements, et autres choses nécessaires; vingt-un bateaux pour la pesche du corail, esquipés de tout ce
qui leur fait de besoin; trois grosses tartanes, le tout esquipé pour le service du Bastion , tant d'artillerie, mousquets percés de fonte verte, et autres choses nécessaires; réglise et couvent Sainte-Catherine munis de meubles et de plusieurs ornements pour icelle, comme calices, custodes d'argent; la boutique de l'apothicaire fournie de toutes sortes de médicaments et ustensiles; le tout acheté des deniers du Bastion.
Les affaires qui se font en Turquie veulent qu'on dispose ceux du conseil par donatif et par présent, pour les résoudre à conclure les affaires favorablement; c'est pourquoi il a fallu que ledit Napolon aye passé par là, et qu'il aye donné aux principaux ministres ce qui s'ensuit :
Premièrement,
A Sidj-Amonda, premier secrétaire et surintendant des finances, celui qui donne la solde à la milice, la somme de onze mille pièces de huit réaux d'Espagne, réduites en munnoye de France, montent à la somme de 26,4001iv.
Au bassa, la somme de trois mille pièces de huit réaux, réduites en monnoye de France, font la somme de 7,200
Au lieutenant du bassa, cinq cents pièces de huit réaux, réduites en monnoye de France, montent à la somme de 1,200
A l'aga, chef de la milice, mille pièces de huit réaux, réduites en monnoye de France, font 2,400
A reporter. . . . 57,200 liv.
Report. . . . 37,200 liv.
A plusieurs chefs des parties du conseil, cinq cents pièces de huit réaux. réduites en ladite monnoye, font 1,200
Le vingt -cinquième octobre de ladite année, les Tarbaquins ont fait de grandes offres pour empêcher ledit redressement. 11 a fallu passer les offres par le conseil, où il fiist ordonné que le contrat passé avec Napolon tiendrait, et en tant que de besoin ratifié. Pour cet effet, il a fallu despendre en donatif fait à plusieurs personnes du conseil- cinq cents pièces de huit réaux, monnoye de France, montent à 1,200
De plus, se fait achapt audit Arger de quantité de biscuit pour porter au Bastion, et plusieurs munitions, ferrements pour la fabrique, tables de Flandre, autres munitions nécessaires pour le redressement desdites places": en tout s'est despendu deux mille quatre cents piècesde huit réaux. auxquelles est compris cinq cents pièces avancées à quarante maistres et vingt manœuvres turcs et mores, qui sont allés en compagnie dudit Napolon pour redresser lesdites places; réduites en monnoye de France à 5,760
Somme totale des parties susdites montent à la somme de 45,360 liv.
Lettre du rof escrite au sieur Sanson ISapolon, le 9 octobre 1651, à Fontainebleau.
Monsieur Sanson Napolon, en conséquence des dernières résolutions que j'ai prises en mon conseil, sur les affaires de Barbarie, j'y envoyé présentement le sieur de Lisle. gentilhomme de ma chambre, pour réparer les contraventions faites par ceux dudit pais aux articles de paix qu'ils ont arrestés avec vous pour me les présenter, aucuns desquels articles je désire estre changés, ainsi que vous dira particulièrement le sieur de Lisle, lequel j'envoye aussi pour voir et visiter de ma part le bastion de France, et autres forteresses construites en mon nom; sur quoi je vous ai bien voulu faire celle lettre, qui vous sera rendue par le sieur de Lisle, pour vous dire que vous ayez à le recevoir dans ledit bastion, et l'assister par delà de tout ce qui pourra despendre de vous, le considérant comme un gentilhomme en qui j'ai toute confiance, à quoy m'asseurant que vous satisferez, je ne vous ferai celleci plus longue que pour prier Dieu, monsieur Sanson rsapolon, qu'il vous ait eu sa sainte garde. Louys.
Lettre écrite par M. le cardinal de Richelieu audit sieur Napolon, de même lieu et date.
Monsieur Sanson de Napolon, le roi envoyant le sieur de Lisle -Antry au Bastion et en Arger, pour affaires concernant son service et le bien de ses sujets, j'ai bien voulu vous faire cette lettre pour vous assurer de la continuation de mon affection en votre endroit, et vous prie, par mesme moyen, de vouloir assister ledit sieur 1 25
de Lisle aux lieux où vous estes, en ce en quoi il pourra avoir besoin de vous, comme une personne que j'affectionne particulièrement. Je me promets cela de vous, qui m'empeschera de vous en dire davantage, sinon que je suis votre affectionné ami à vous servir.
Le card. de Richelieu.
Lettre écrite au rof par M. Sanson de Napoton^ le 26 avrU 1652.
Sire,
J'ay receu des mains de M. de Lisle la lettre que Voire Majesté m'a fait écrire le onzième octobre dernier, et satisfais au contenu dMcelle et à tout ce que le sieur de Lisle m'a demandé et commandé de votre part. Je remercieray toujours le ciel des faveurs que j'ay reçues d'être à Votre Majesté très-humble et très-fidel sujet et serviteur, et ne tiens rien si cher dans le monde que cet honneur, espérant que mes services vous seront toujours agréables, me remettant au rapport queledit sieur de Lisle fera à Votre Majesté, de tout ce qu'elle désirera savoir de ces pais.
Quant aux affaires d'Arger, il me semble qu'elles sont aisées à accommoder, et de retirer cent cinquante François qui sont détenus, si Votre Majesté commande que les Turcs dudit Arger qui sont en vos galères soient restitués, ainsi que Votre Majesté aura veu par les despesches qu'il y a trois mois que le bâcha et milice ont escrites à Votre Majesté, tellement qu'il y a deux choses à faire sur ce sujet : la première est un commandement de Votre Majesté à monsieur le général de vos galères
de rendre lesdits Turcs; le second, les deniers que le dit sieur général prétend de retirer à raison de cent écus pour chacun. Il ferait difficulté de rendre les reniés, desquels les Turcs font plus de cas, pour être dans leur loy et à leur protection, et lesquels ont beaucoup de crédit pour toute la Turquie, et exercent les plus grandes charges. Il me semble que ce n'est pas un sujet qui mérite qu'on s'y arreste, et que pour cinq ou six reniés qui sont desjà perdus, laisser périr cent cinquante François qui sont en danger, et beaucoup d'autres qui peuvent tomber en leurs mains, le pire est que les corsaires ne laissent pas de faire mal jusque à ce que ladite restitution soit faite et le plus tost qui se pourra ne sera que le meilleur pour le bénéfice des sujets de Votre Majesté, à qui je prie Dieu, etc.
Lettre écrite à M. le cardinal duc de Rlchelieit. par M. Sanson Napolon, le 26 avril 163:2.
Emineintissime Seigneur.
J'ay receu des mains de M. de Lisle la lettre qu'il a pieu à Votre Grandeur me faire écrire du 21 octobre dernier. Je rends grâces à Dieu de me veoir si glorieux que d'estre au nombre de vos serviteurs, et vousasseure qu'en toutes les occasions où je pourray donner les preuves de ma fidélité et de mes services, Votre Éminence en verra les effets.
J'ai receu avec un contentement le commandement que M. de Lisle m'a fait de la part de Sa Majesté, lequel je conserveray toujours et perdray plutost la vie que d'y manquer. Tout le raescoutentement que j'ay
/^sl d'estre dans l'impuissance de n'avoir peu servir mondit sieur de Lisle ainsi qu'il mérite, veu le lieu qu'il possède dans la grâce de Votre Éminence; à tout le moins, il aura reconnu ce qui est de mes bonnes volontés; sa vertu et son bel esprit lui auront fait connoistre et comprendre tout ce qui est du Bastion et de ses dépendances, de quoi il en fera rapport à Votre Éminence, et de tout le reste des affaires de Barbarie; et parce que Votre Éminence receuvra plus de satisfaction de son rapport que je ne lui en pourray donner par une lettre, je m'en remets à luy; seulement supplierai-je Votre Éminence d'être asseurée de mon fidel service, n'ayant autre désir que de servir le roy, à cette fin qu'il se parle de son nom en ce pays de Barbarie, et que cela apporte à ses sujets du bénéfice ; et si j'ay le commandement de poursuivre le dessein que je jugeray pouvoir réussir pour le bien de son service, je le feray, espérant qu'il aura bon sujet à la satisfaction de Sa Majesté. Les affaires d'Arger sont en désordre entre eux; néanmoins ils ne laissent pas de faire du ravage.
Le sujet de la contravention arrivée depuis le traité de paix a été causé par les Turcs que monsieur le général des galères a retenus, qu'est la cause qu'on a retenu en Arger cent cinquante François, sans les déprédations que feront à l'advenir les corsaires. Eu rendant lesdits Turcs, les choses se pourront facilement accommoder : toute la difficulté est que monsieur le général prétend cent escus pour chaque Turc, et la difficulté qu'il fait de rendre cinq ou six reniés, ce que ceux d'Arger trouvent grandement deshonneste, et croyent des choses au préjudice de l'équité du roy. Je crois que Votre Éminence ne souffrira que cinq ou six reniés.
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qui sont déjà perdus, servent de prétexte pour faire perdre cent cinquante François qui sont en danger, et beaucoup d'autres qui peuvent recevoir tous les jours du desplaisir. Pour moi, éminenlissime seigneur, je n'y ay autre intérest que les œuvres de pitié que chacun doit avoir pour les pauvres âmes qui souffrent en Barbarie, pour la liberté desquelles il y a longues années que j'employe tous mes travaux, mes soins et mon bien, et conlinueray toujours avec plus d'affection, me voyant serviteur de Votre Éminence, à laquelle je prie Dieu, etc.
Déclaration faite par M. de Lisle à M. Sanson de Napolon,
Nous, Philippe d'Estampes, seigneur de Lisle-Antry, Lamolte-Vouzeron, Orsay, gentilhomme ordinaire de la chambre du roy, lieutenant de monseigneur le cardinal dans le vaisseau admirai, et commissaire de Sa Majesté pour les affaires de Barbarie :
Ayant mis pied à terre dans les cosles d'Afrique le onzième d'avril 1652, visité, parle commandement du roy, le bastion de France, le fort de Cap-de-Rose et celui de la Galle, pris connaissance et tiré instruction bien particulière de l'état desdites places et du négoce de Barbarie, et entièrement satisfait sur tout ce qui peut regarder le service du roy, par le sieur Sanson i^apolon, pourvu, pour y commander, d'une commission scellée du grand sceau, en date de Monceaux, du 29 août 1651, en vertu de l'ordre et pouvoir exprès à nous donné du roy. à Fontainebleau, le huitième octobre 1651;
Avons déclaré et déclarons audit sieur Sanson Napo-
Ion. que Sa Majesté entend qu'il tienne lesdites places, immédiatement d'elle, et lui en responde de sa vie;
Qu'elle veult qu'il prenne la charge de la pesche du corail et négoce de Barbarie; que sur les profficts et revenus qui en pourront provenir, il prenne le fond nécessaire pour la despense de Tentretenement de lui et desdites places, et que du surplus il en rende bon et fidel compte à qui Sa ÎMajesté commandera; le tout, jusques à ce qu'autrement il en soit ordonné par Sadite Majesté. Fait au Bastion de France, le 29 avril 1652. — A l'original, signé Philippe d'EsTAMPES.
L'an mil six cent trente-deux, le onzième jour d'avril, nous, Charles Gatien, escrivain du bastion de France en Barbarie, faisons savoir à tous ceux qui ces lettres verront, que ledit jour est arrivé en cette place du Bastion M. Philippe d'Estampes, seigneur de Lisle- Antry, Lamotle-Vouzeron , Orsay, gentilhomme ordinaire de la chambre du roy, lieutenant de monseigneur le cardinal dans le vaisseau admirai, lequel a dit qu'il a esté député commissaire du roy. pour venir visiter ledit Bastion et autres places construites en cette coste au nom de Sa Majesté. Aussitôt que le capitaine SansonNapolon, commandant pour le roy en ladite place, a veu débarquer ledit sieur de Liste, il est allé à sa rencontre, et avec grande joye et contentement l'a receu, a fait ouvrir toutes les portes du Bastion, dans lequel ledit sieur de Lisle a pris son logement. Le 18 dudit mois, ledit sieur de Lisle est allé à Cap-de-Rose visiter le fort et l'esquipage qui est dedans; le 22 du même mois, il est allé visiter le port et le fort qu'on appelle la Galle, l'ayant le capitaine Sanson Napolon accompagné partout pendant le séjour que ledit seigneur de Lisle a fait au Bastion. 11 a veu et visité toutes les pla-
ces et habitations, et aussi veu tout ce qui est dedans, ayant requis ledit capitaine Sanson de lui donner Testât de toutes les affaires du Bastion, le nombre des personnes qui y habitent, tant en la garnison que ez esquipages pour la pesche du corail, maistrance. personnes de la marine et autres qui servent dans lesdites places, ensemble de tous les salaires qui se payent. La quantité de vivres et munitions de toute l'année comme aussi (lu rôle de la despense qui fut faite en Argerpour obtenir la permission de construire lesdites places, lequel estât a été payé par le capitaine Sanson de Napolon, lequel il a signé de sa main, comme aussi a fait Pierre Duserre, intendant des affaires du Bastion, et qui tient la caisse des deniers, lequel estât est donné audit sieur de Lisle, qui a tout veu et leu le contenu d'iceluy, le 29 du même mois.
Ledit sieur de Lisle a commandé audit sieur Sanson Napolon de faire venir tous les principaux officiers et soldats, tous lesquels furent assemblés au même instant, et s'allèrent présenter à luy, lequel sieur de Lisle a dit qu'en vertu de l'ordre et pouvoir qu'il a du roy, a déclaré et déclare audit sieur capitaine Sanson, que Sa Majesté entend qu'il tienne lesdites places immédiatement d'elle, et lui respondre de sa vie. et qu'elle veult qu'il prenne la charge de la pesche du corail et du négoce de Barbarie, et que, sur les profits et revenus qui pourront provenir, il prenne le fonds nécessaire pour la dépense et entretenement de lui et de ses places, et du surplus en rendre bon et fidel compte à qui Sa Majesté le commandera; le tout, jusques à ce qu'autre ment en soit ordonné par Sadite Majesté; l'ayant fait prêter le serment de fidélité, luy ayant donné par escrit ladite déclaration signée de sa main; après, ledit'
sieur de Lisle a fait prêter le serment de fidélité à tous les chefs et soldats, tant de ceux qui sont de la garnison du Bastion et du dehors , que des forts de la Calle, de Cap-de-Rose, et a commandé que ladite déclaration et procédure en soit escrite dans le registre des affaires du Bastion. Ce qui a esté fait le 26 dudit mois d'avril en présence de M. Jean Henry, docteur en médecine, habitant à Paris, et de M. François Armand, escuier, delà ville de Marseille, tesmoins à ce requis et appelés, qui ont signé à l'original des présentes avec lesdits seigneurs de Lisle et capitaine Sanson Napolon. Extrait collationné à son original, par moi escrivaiii soussigné: Gatien, escrivain.