PECHE DU CORAIL
Emploi du corail. — Etat de la pèche au xii^, auxiii*^, au xiv, au xvis au xvn«, au xvine siècle. — De 1801 à 1804; — de 1817 à 1826. — Depuis 1832. — Corailleurs corses, sardes, toscans, napolitains. — Frais de la pêche. — Fabrication et commerce du corail. — Etablissement à former.
Nons avons trouvé la pèche du corail en activité à Bone et à la Galle; les bases de son exploitation s'étendent sur ces deux ports, et Texamen que nous allons en faire nous découvrira plusieurs éléments de colonisation auxquels il sera bon de préparer une place dans l'établissement de Bone. Les corailleurs européens qui exercent leur industrie sur la côte d'Afrique n'ont qu'à céder à leurs propres intérêts pour y former le noyau
d'une marine nationale, et les premières manufactures à fonder dans le pays seraient celles dont leurs travaux fournissent Taliment. Sous ce double rapport, l'objet des recherches dont je présente ici le résultat méritait peut-être un peu plus d'attention que ne lui en a jusqu'à ce moment accordé l'autorité.
A juger de son avenir par son passé, la pêche du corail ne sera de longtemps délaissée. Le corail entrait dans la parure des dames romaines du temps de Pline ; au moyen âge, il était fort prisé. Dès les premières années de son règne, François I", qui, toute frivolité à part, aimait à favoriser un commerce qui rattachait à sa politique des intérêts africains, recommandait le corail à sa cour. Piichelieu et Golbert durent, par des considérations analogues, chercher à le mettre à la mode; il y fut sous le règne de Napoléon. Depuis 1856, il a reparu timidement dans quelques salons; on lui reproche de n'être pas assez cher. Mais parmi ces vicissitudes, la pêche ne s'est pas ralentie. Les modes qui passaient en France allaient régner autre part : leur disparition n'était qu'un déplacement, et l'on peut croire à la persistance d'un goût qui reparaît périodiquement en Europe, pendant un espace de dix-huit siècles. Il y a d'ailleurs quelque fond à faire sur une industrie dont les peuples à teint foncé des trois autres parties du monde n'ont jamais cessé de: rechercher les produits. ;m
De temps immémorial, la pêche du corail s'est faite sur les côtes d'Italie, de Corse, de Sicile et de Sardaigne; mais il y a sept ou huit cents ans que la supériorité des coraux d'Afrique est reconnue. Au commencement du xii^ siècle, cette pêche faisait prospérer la population d'une ville nommée Mers-el-Djoun, située au nord de Badja, et dont les vestiges sont presqueefifacés sur la côte (note L). On y employait en tout temps une cinquantaine de barques, et chaque barque portait vingt hommes ï. Lorsque les Pisans eurent à remplacer, sur la côte d'Afrique, les débouchés qu'ils perdaient en Orient, cette industrie attira leur attention, et le principal objet du traité qu'ils conclurent, en 1167, avec Abdallah-Boqoras, sultan de Tunis, fut la concession de la pêche du corail : ils formèrent, pour l'exploiter, un établissement à Tabarque 2. Vers 1300, Aboulfeda {note M) fait mentiont des pêcheries de Bone^. Plus tard, la pêche passa dans les mains des Catalans : en 1439, ceux-ci payaient, en raison de celte circonstance, des redevances à l'État de Tunis, et en 1446, la pêche des côtes de cette régence, alors étendues à l'ouest jusqu'à Bougie, était affermée à un Barcelonnais ^.
En IdoI, les Génois la faisaient à Bone, et leurs
• Géographie d'Edrisi, t. i.
2 Archives de la ville de Pise.
3 Aboulfeda, pays du Magreb.
4 Capmany, Memorias istoricas sobre Barcelona, t. u. chap, 5.
coralines se mettaient, à deux lieues au nord de cette ville, sous la protection du fort qui conserve leur nom. André Doria ne dédaignait point d'être alors fermier de la pêche , et des bancs qui paraissent aujourd'hui épuisés s'exploitaient vis-à-vis la Casbah i. Vers la même époque, Charles-Quint ayant donné à la maison Lomellini, de Gènes, l'île de Tabarque que lui avait cédée Soliman II, pour la rançon du fameux corsaire Dragut, l'établissement génois s'y transféra, et la pêche en devint un des principaux objets : lorsqu'en 1741 , les Tunisiens le détruisirent, il employait à la pêche trentequatre barques et 272 matelots 2.
Avant lo61, nous n'avions fait sur la pêche du corail que quelques tentatives individuelles : telle était celle de cette nef marseillaise que, dix ans auparavant, Nicolas de Nicolaï rencontra vis-à-vis Bone, parmi les corailleurs génois ^. Les premiers Français qui l'entreprirent régulièrement furent Thomas Linches et Carlin Didier, négociants de Marseille ^. En vertu d'une convention avec les tribus de la Mazoule et d'un privilège de Soliman II,
' Sérégrinaiions orientales de Nie. de Nicolaï; Anvers, 1567.
» Peyssonnel et Desfontaines, F'oyages dans les régences d'Alger et de Tunis, t. i, chap. 8; t. n, chap. 8.
3 « De fortune, nous y trouvâmes une nef marseillaise, là conduite par un patron corse, et de fait donnèrent par présent à Tambassadeur plusieurs belles et grandes branches. >< Férégr. or.
^ Archives de la chambre de commerce de Marseille.
ils formèrent, en 1561, dans l'anse du bastion de- France, à douze lieues à Test de Bone, un établissement qui eut bien des vicissitudes à subir. Linches s'y ruina. La pêche nous fut définitivement acquise par le traité du 20 mai 1604, préparé à Alger par Savary de Brèves, et conclu à Constantinople avec Amurat III. Il serait beaucoup plus péniblequ'intéressant de rechercher dans l'histoire des concessions quelle fut, du commencement du xvii« siècle au milieu du suivant, la part du corail dans leur commerce. En 1741, au moment où la destruction de l'établissement génois écartait la seule concurrence que nous eussions à redouter, la compagnie d'Afrique, nouvellement constituée, donnait à la pêche du corail une organisation régulière et permanente; c'est à partir de ce moment qu'on a sur l'économie de cette industrie des documents dignes de quelque confiance.
Tous les matelots de la compagnie étaient provençaux; ses barques se construisaient à Marseille : chacune était montée de sept hommes; la compagnie l'équipait et fournissait au prix coûtant les vivres, les agrès et les engins de pêche. Le corail était consigné dans ses magasins, et divisé en trois qualités, qui se comptaient au prix,
La liv. poids de table. Le kilogramme.
La première, de. . 12fr. . . . 28 fr. 37 c. La seconde, de . . 8 ... 19 05 La troisième, de . 4 ... 9 52
Au bout de !a campagne, on réglait sur ce pied, et le produit, déduction faite de tous les frais, se divisait en vingt-cinq parts, dont 8 au patron ; 4 au second ; 10 à cinq nialelots ; 3 au bateau.
La pèche annuelle d'un bateau était évaluée à 1200 livres, au prix moyen de 8 fr. . . 9,600 fr.
Les frais de pêche, y compris la nourriture de l'équipage, revenaient à . . . b,8o0fr.
Les parts étaient donc,
pour le patron 1,200 fr.
Le second 600 . ,., ««a r
♦ , . • \ «>,7oOfr.
Les cinq matelots , a
300 fr. chacun 1,500
Le bateau 4dO
La compagnie n'avait pas plus de quarante à cinquante bateaux : il ne faut pas en conclure qu'elle ne gagnait sur la pêche qu'une vingtaine de mille francs; elle se dédommageait en vendant quinze à vingt francs aux fabriques de Marseille le corail qu'elle recevait à huit : elle obtenait ainsi un bénéfice net de trois à quatre cent mille francs, pour une avance inférieure à cette somme.
Exercés toute l'année, les corailleurs provençaux acquéraient un tact et une dextérité dont 1 l'algérif. 10
22tî
on ne retrouvera le secret que lorsqu'on adoptera leur organisation de travail. Les engagements des matelots étaient de trois ans, et l'on ne devenait patron qu'après un long exercice et un rigoureux examen. Sansdoutele bonaménagementdes bancs de corail et la limitation du nombre des pêcheurs étaient pour quelque chose dans Télévation du produit de la pêche; mais l'habileté des corailleurs y faisait davantage: sept hommes manœuvraient à la voile, il est vrai, deux engins à la fois; dix hommes n'en savent aujourd'hui manier qu'un seul : aussi paraît-il que la journée de dix heures était alors plus fructueuse que ne l'est maintenant celle de dix-huit.
Cette prospérité paisible fut troublée en 1780: les corailleurs corses, depuis la réunion de leur pays à la France, n'avaient pas cessé de se plaindre de l'exclusion dont ils étaient frappés au profit de la compagnie; ils alléguaient l'infériorité des coraux de Corse et de Sardaigne auxquels ils étaient contraints de s'en tenir, et demandaient à partager tous les avantages assurés aux sujets français par les traités. Ils furent admis aux pêcheries de la Calle; mais, soit défaut d'habileté, soit, comme on le prétendit, qu'ils n'eussent pas tous renoncé à l'habitude de vendre directement le produit de leur pêche aux fabriques d'Italie, la compagnie éprouva des pertes notables.
Au milieu de la guerre déclarée aux privilèges en 1789, ceux des compagnies commerciales ne
pouvaient pas être épargnés. La compagnie d'Afrique fut attaquée avec d'autant plus de vivacité, que, seule entre ses pareilles, elle faisait bien ses affaires. Les réclamations dirigées contre elle, et le principe général des privilèges commerciaux, furent examinés dans les comi.tés de l'assemblée constituante. M. Bertrand, directeur de la Calle, vint exposer devant eux les conditions spéciales, de l'existence de cet établissement. Le résultat de la discussion fut la dissolution de toutes les compagnies, hors celle d'Afrique. Mais le principe était condamné, la confiance ébranlée, et en 1791, la compagnie, qu'un décret du 21 juillet, déclarant libre le commerce de la Barbarie, venait de dépouiller d'une partie de son privilège, fut encore obligée de concéder aux obsessions des députés de la Corse, Salicetti et Pozzo di Borgo, une convention en vertu de laquelle cinquante-six gondoles eurent la faculté de faire une pèche de cinquantecinq jours. L'infidélité envers un privilégié n'était alors, aux yeux des plus scrupuleux, qu'un moyen de reprendre leur propre bien : les gondoles, qui devaient payer à titre de redevance 6,000 livres (2,496 kilogr.) de corail de divers échantillons, valant, au cours du jour, à peu près loO,000 francs, n'en remirent à la compagnie que olO de mauvaise qualité, dont elle tira S, 000 fr. Les corailleurs corses vendirent le reste du produit de leur pêche à Livourne, et, comme ce premier coup porté aux manufactures de Marseille et
de Cassis fut suivi de beaucoup d'autres, elles ne s'en sont pas relevées.
L'invasion des assignats, la guerre maritime, l'arrêté du comité de salut public da 19 pluviôse an II (janvier 1794), qui prononça la suppression de la compagnie d'Afrique, n'étaient point des circonstances favorables à la régularisation de l'aménagement de la pêche du corail. Le gouvernement ne s'acquittait pas envers le divan des redevances qu'il avait prises à sa charge, et n'exerçait pas plus de surveillance qu'il n'accordait de protection. Des quarante gondoles de la compagnie on passa brusquement à deux cents; les produits s'élevèrent, et furent en l'an v de 1,200.000 francs, en l'an ti de 2,000,000. La saisie des propriétés des concessions, au commencement de la guerre d'Egypte, mit à cette exploitation un terme qu'elle allait trouver dans Tépuisement des bancs de corail.
La paix avec Alger, signée au mois de décembre 1801, fut suivie, l'été d'après, du rétablissement de la pèche. La mission de la diriger fut confiée par le gouvernement consulaire à M. Rimberl, ancien employé des concessions, dont la vie est consacrée, depuis près de cinquante ans, au service des établissements français sur cette côte. Il y avait alors communauté d'intérêts politiques entre le peuple français et les populations dont on voulait faire un peuple italien. M. Rimbert , ayant établi sa résidence à Tabarque , où notre
droit n'était pas pins contesté qu'à la Galle, convoqua également à la pêche les marins des deux nations. Dans un intervalle de huit ans, les ressorts de notre ancienne exploitation s'étaient disloqués; les corailleurs provençaux, déroutés en l'absence d'une direction à laquelle ils étaient accoutumés, n'obtinrent aucun succès, et tout l'avantage demeura aux Corses et aux Italiens. Les Provençaux découragés ne tentèrent pas une seconde épreuve, et, depuis, le champ est resté libre à leurs rivaux.
On remarqua alors le singulier développement qu'avaient pris, en quatre ans de repos, les tiges de corail des bancs les mieux connus : elles avaient une grosseur inaccoutumée, avec cet aspect lisse et dru que les plantes les plus vigoureuses perdent en vieillissant. On sentit que l'exploitation des coraux voulait être aménagée comme celle des bois, que la végétation sous-marine avait aussi sa maturité et ses chances d'épuisement; on comprit, en un mot, que des règlements étaient nécessaires. Ils ne sont pas encore faits : quand on voudra les préparer, les belles observations dont M. Flourens a dernièrement restitué la gloire à Peyssonnel offriront une base précieuse ; mais elles n'ont pas tout éclairci, et l'administration a bien des indications à demander encore à la science.
Cependant, notre pavillon ne paraissait plus qu'à de longs intervalles dans la Méditerranée, et l'Angleterre était devenue maîtresse de Malte. A 1 i9.
son instigation. le bey de Constantine admit, en 1806, la concurrence des Maltais, des juifs, des Espagnols, sur les marchés où nous avions seuls le droit d'acheter. De cette infraction aux traités à leur abolition il n'y avaitqu'un pas : le dey lefit,et, moyennant une redevance annuelle de 267,500 fr., il investit, en 1807, l'Angleterre de nos concessions. Le principal intérêt de celle-ci au commerce des denrées produites par la côte était l'approvisionnement de ses garnisons de 3IaUe et de Gibraltar, et plus tard, de ses armées d'Espagne; elle abandonna cette navigation aux marines grecque, sicilienne, sarde et espagnole. Quant à la pèche, l'anéantissement des moyens de ravitaillement qui avaient autrefois existé sur la côte obligeait beaucoup de bateaux à s'en éloigner pendant l'hiver. L'Angleterre n'entendait pas supporter seule les charges d'une exploitation dont les profits étaient pour les marines italiennes. On détermina donc deux saisons de pèche : celle d'été s'étendit du l^' avril au 30 septembre, et celle d'hiver, du l^»" octobre au 31 mars. Chaque bateau corailleur fut assujetti, pour la première, à un droit de 1 ,070 francs et de deux rotes (lo kgr. 60) de corail, et pour la seconde, à un droit de 481 fr. 50c. et d'une rote de corail (7 kgr. 80). Ces droits couvraient à peu près le tribut payé au dey. Telle est l'origine des règlements qui existent aujourd'hui, et Ton comprend que, cet état de choses ayant duré jusqu'en 1816, les Provençaux aient eu le temps de
perdre, et les Italiens celui d'acquérir les habitudes de la pêche du corail.
Ces vicissitudes n'avaient point enlevé à Livourne son commerce et sa fabrication de corail; mais si les ouvriers de cette ville, momentanément devenus Français, étaient occupés, ses pêcheurs restaient oisifs : la découverte de très-beaux bancs de corail sur la Pianosa rendit, en 1807, à ces derniers, une grande activité; ils s'y portèrent en foule, et les bancs étaient épuisés en 1814 : ils ne paraissent pas s'èlre regarnis depuis. Trois barques, dont ce n'est pas le travail exclusif, suffisent aujourd'hui à l'exploitation de tout l'archipel de Toscane. Cet exemple n'est pas le seul sur lequel on ait prétendu que l'heureux privilège de reproduire indéfiniment le corail n'appartient qu'aux côtes d'Afrique. Celles de Sardaigne, presque abandonnées depuis longtemps, ne se repeuplent pas pour cela; le prolongement sous-marin du Monle- Christo, qui était autrefois riche en corail pourpré {jania rubens), ne s'est pas relevé de son épuisement, et s'il faut remonter jusqu'à l'antiquité, l'île Gorgone ne fournit plus le beau corail noir qu'on y recueillait du temps de Pline.
Notre reprise de possession des concessions, à la suite de la paix générale, n'apporta aucun changement important à l'exploitation de la pêche. Les droits établis par les Anglais furent, à la vérité, réduits à 8o6 fr. pour la pêche d'été, et à 321 fr. pour la pèche d'hiver; mais cette réduction, fon-
dée sur ce que les pêcheurs ne trouvaient plus à la Galle les mêmes commodités qu'avant la destruction des établissemenls, ne dura que le temps nécessaire à quelques reconstructions. En 1817, deux cent quarante bateaux prirent part à la pêche d'été, et elle se soutint, malgré les attaques que dirigèrent contre elles de 1820 à 1824, les indigènes et les corsaires tunisiens. Les rapports adressés en 1821 et 1822 au ministre de la marine, par les officiers chargés de la police et de la protection de la pèche, donnent une idée assez complète de la direction qu'elle avait prise depuis longtemps, et qu'elle n'a pas cessé de garder. Elle fut faite, en 1821, par deux cent quarante et un bateaux, et ses produits furent ainsi répartis :
Bateaux. Corail péché. Pêche par bateau.
Corses. . . 30. . . 4,5o0 kilog. . . 14d kilog.
Sardes. . . 70. . . 10,oOO 150 »
Toscans. . . 39. . . 7,800 200 »
Napolitains. 83. . . 12,4o0 loO »
Siciliens. . 19. . . 2.8o0 loO =»
241 bat. 37,9o0 kilog. . . lo7 kilog
En 1822, les deux cent cinquante-six bateaux qui firent la pèche calaient deux mille cinq cent soixante et dix-huit tonneaux, et portaient deux mille cinq cent quatorze hommes d'équipages. Ils obtinrent les résultats suivants :
Bateaux.
Corses. . . Sardes. . .
Corail péché.
. 1,400 kilog.
Pêche par baleau.
. 100 kilog.
. llo ).
Toscans. .
Napolitains.
Siciliens. .
.lia ). .
. oa,680 kilog.
. 139 kilog.
L'exemplion de droits dont jouissent les corailleurs français, n'avait, comme on voit, déterminé aucun armement sur le continent, et la chambre de commerce de Marseille, consultée sur les moyens de nationaliser de nouveau la pêche du corail, avait déclaré avec bonne foi que le matelot se payant chez nous 4o fr. par mois, lorsqu'il n'en coûtait que 27 en Italie, il fallait laisser les choses suivre leur cours naturel.
La pèche de 1827 fut arrêtée par la déclaration de guerre. La période entière à laquelle appartiennent les deux années que nous venons de considérer a donné les résultats suivants :