‹ L'AlgérieChapitre 13 sur 104 · MONTAGNES · texte numérisé non relu

MONTAGNES

comprenant les monts de Bugliar, les monts de Médea, les Béni Sahla de Blida. Ces montagnes, qui dépassent souvent 1 600 mètres, semblent être le véritable nœud orographique de la région. Elles se relient d'une part, par le seuil d'Adelia, avec les deux Zaccars et le grand massif côtier du Dahra ; d'autre part, par le Bou Zegza et le Tigremount, avec la grande chaîne kabyle, et enfin, en arrière, avec la ligne de partage des eaux, qui sera loin désormais d'être la plus élevée et qui comprend le Dira, les Mahdids, les Bibans, les monts de Gonstantine, etc. Cette chaîne s'anastomose elle-même avec l'Aurès. Entre cette ligne faîtière et la mer s'étendent des terrains variés : de grandes plaines parallèles à la mer, comme la Mitidja et la plaine du Chélif, des vallées le plus souvent perpendiculaires à la direction des plaines et des montagnes ; un cordon littoral, commençant par la chaîne des Traras et se continuant par les montagnes d'Oran, du Dahra et le Sahel d'Alger. Ce sont généralement des collines ou des montagnes peu élevées, présentant çà et là quelques pitons que le voisinage de la mer fait paraître plus élevés qu'ils ne le sont réellement ; tels sont les Filhausen, le Merdjadjou, la Montagne des lions, le cap Ténès, le Chenoua, etc. Ce cordon forme tantôt de vastes pâtés comme le Dahra, tantôt une faible ligne de collines comme le Sahel d'Alger. A partir des monts du Titteri commence la grande chaîne Kabyle, arc de cercle allant de la chaîne faîtière à la mer, vers Bougie où elle se termine par le cap Carbon. Cette chaîne est remarquable par sa grande altitude, plusieurs de ses pics atteignent *2200 et 2 300 mètres^ ses cols se maintiennent sur une grande

longueur à des altitudes de 1 200 à 1 800 mètres. Entre cet arc de cercle et la mer s'étend la grande Kabylie, pays très montagneux, très frais et extrêmement peuplé. Cette haute muraille forme un écran qui arrête les nuages; tandis que son versant nord reçoit, plus d'un mètre de pluie par an, la région des Bibans, située au sud, serait presque aussi désertique que le Sahara, si des montagnes élevées comme le Dréat, les Mahdids, le massif des Beni-Abbés n'y maintenaient un peu d'humidité.

Au delà de l'oued Sahel, dont la vallée longe la muraille kabyle, commence le massif considérable des Babors, qui arrive par les montagnes de Sidi Rehan et du Chabet el Akra jusqu'au bord de la mer, tandis que d'autre part il s'unit à l'Aurès par les plateaux sétiQens qui dépassent généralement 1000 mètres d altitude. Les sommets des Babors approchent de 2 000 mètres et ceux de l'Aurès s'élèvent à 2 300 mètres, aussi se forme-t-il là un énorme pâté montagneux, où le Tell va presque jusqu'au désert. Ce pâté s'étend presque jusqu'à la mer, de Bougie à Philippeville ; au delà se trouvent les plaines de Bône et de La Calle, séparées de la mer, vers Bône, parle massif de l'Edough.

Tout cet ensemble telhen, constituant sensiblement le versant méditerranéen de l'Algérie, renferme, d'après Elisée Reclus, environ 200000 kilomètres carrés. Il estpresque partout cultivable et l'on estime qu'il pourrait nourrir 12 millions d'habitants, à condition d'en tirer tout le parti possible.

Aux points de vue climatologique et cultural, on peut les diviser en :

1° Tell inférieur^ contenanttoute une série de plaines

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