LES JARDINS
tion assez complète de ces arbres à fruits japonais a été introduite par le service botanique du gouvernement général. Il est probable que certains Kakis s'acclimateront bien et entreront avant peu dans la culture fruitière courante.
Les jardins. — Les jardins du littoral algérien sont rarement soignés à grands frais, comme les jardins de la côte française de la Méditerranée, ils ont cependant un aspect qui plaît, qui enchante parfois. Quelques beaux arbres comme les Ficus, les Érythrines, les Chorisia^ les A?'aucaria, les Jacaranda^ les Mimosa, les Orangers, de nombreux Palmiers, Drac«na,Fwccû[ gigantesques, Agave, Strelitzia, Bambous, des plantes grimpantes, qui enlacent tout, comme les Bougainvilles éclatants, les élégantes Bignones, les Jasmins suaves, les Plumbago d'un bleu céleste, donnent à tous les jardins un aspect exotique rehaussé par mille contrastes dans les formes et dans les couleurs. Les constructions mauresques complètent ce riant tableau et l'on oublie volontiers d'y rechercher tous les raffinements de l'art. Ce type de jardin demi-sauvage a enthousiasmé plus d'un grand horticulteur. Sur cette côte africaine ensoleillée, il semble que certaines plantes se trouvent mieux que dans leur patrie, elles y atteignent un développement extraordinaire, les étés sont cependant cruels pour plus d'une, qui sèche insensiblement si un lilet d'eau n'est pas venu lui donner de quoi faire face à une évaporation parfois exagérée. L'été devient ici, dans beaucoup de jardins, la saison du repos ou mieux d'un engourdissement par la chaleur et la sécheresse.
Aux premières pluies, une fraîcheur printanière
se manifeste partout, dans les champs comme dans les jardins. Quelques arbres se dépouillent; mais, d'autre part, c'est un re\erdissement général et une floraison sans interruption pendant les neuf mois que dure le printemps du littoral.
Les palmiers viennent facilement sur le littoral algérien; si le genre Phœnix n'y est pas au complet, c'est qu'on a négligé d'introduire toutes les espèces.
Le Phœnix canariensis est, après le Dattier, l'espèce robuste et répandue. Ce Phœnix, au contact du Ph. recUnata et autres espèces moins colossales, a donné des hybrides intéressants qui mériteraient d'être mieux connus. Les beaux Pritchardia filifera^ si répandus en Provence, nous manquent encore, ou du moins sont rares et jeunes. Ce palmier a jusqu'à ce jour été dédaigné des horticulteurs de profession, parce qu'ils ont eu quelques difficultés à l'élever en pot. Les LuiAmers^ S abal^Co7'i/p ha, Chamœrops,Kentia, Cocos, abondent ; le Palmier nain a donné, au jardin du Hamma où il est spécialement cultivé, des variétés estimées.
Les Musa et Strelitzia viennent aussi bien en pleine terre que les grandes Aroïdées, Philodendron et Colocasia.
Les bambous sont très beaux et variés, dans les jardins où ils peuvent recevoir assez d'eau en été.
Les Cycadées prennent un beau développement et beaucoup donneraient des graines si on avait soin d'assurer la fécondation, mais le plus souvent chaque espèce n'est représentée que par un sexe.
Les Conifères des contrées chaudes fournissent aux jardins algériens de magnifiques sujets comme la série des Ai^aucaria.