‹ L'AlgérieChapitre 35 sur 104 · POMMIER ET POIRIER · texte numérisé non relu

POMMIER ET POIRIER

du Maroc et des peuplements parfois abondants dans toutes les montagnes de la limite du Tell et des Hauts-Plateaux. Cette forme sauvage a des feuilles étroites, une amande petite, allongée, amère. La culture de cet arbre est assez répandue, car il est un des fruitiers qui résistent le mieux à la sécheresse.

l'ig. 7. — Capparis spinosa.

Pommier et Poirier. — Les fruits à pépins sont encore très inférieurs, les races indigènes sont rarement bonnes et les cultures européennes du littoral ou des plaines ne donnent généralement que des fruits médiocres. Quelques exceptions font cependant prévoir que la culture des pommes et surtout des poires trouvera aussi sa place dans la région montagneuse.

Câprier (fig. 7). — 11 est très répandu eti Algérie depuis le littoral jusque dans le Sahara; il aime les roches escarpées, les pentes abruptes où ses touffes épineuses se couvrent de grandes fleurs blanches. Les indigènes n'utihsent que l'écorce de sa racine [Kabar] comme médicament. La récolte des câpres n'est pratiquée que dans la région de Bougie et seulement depuis quelques années. 11 a fallu pour cela que des circonstances fortuites amènent dans un village où le câprier abonde, un producteur de câpres de la Métropole. Ayant fait savoir aux Indigènes qu'il était acheteur des boutons floraux des Kabar, femmes et enfants se mirent à cueilUr et bientôt les tonneaux de câpres prirent la direction du port de Bougie. D'année en année, cette petite industrie s'est accrue et un certain nombre de colons de cette région sont aujourd'hui exportateurs de câpres à la grande joie de la population indigène pauvre. Malgré cette démonstration, pas un pied de câprier n'a été planté.

Néflier du Japon. — 11 est aujourd'hui parfaitement acclimaté dans la région méditerranéenne, le plus grand nombre des sujets ont été reproduits par la voie des semis, les variétés sont donc très nombreuses et il serait temps de les inventorier et de propager les meilleures par la greffe. Les nèfles du Japon, fraîchement cueilhes, bien mûres, sont excellentes et constituent une précieuse ressource pour le Uttoral algérien ; ces fruits printaniers remplacent la cerise.

Bananier. — Il donne de bons produits dans les stations très abritées du Uttoral, mais la culture en grand parait assez difficile à réaUser, car les banane-

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raies n'ont pas pris beaucoup d'extension, malj'ré une vente assurée des produits.

Oranger, Citronnier, Cédratier. — Les Aurantiacées comprenant orangers, mandarines, citrons, cédrats, limons, bergamotes, cbinois, donnent en Algérie de beaux produits; mais l'Espagne et l'Italie, qui ont acquis dans ce genre de culture une supériorité incontestable, tant par une longue expérience que par une application plus grande, font aux fruits algériens une concurrence qui devient presque désastreuse, par suite des difficultés de transport qui grèvent les produits algériens.

L/orange algérienne dite de Blida représente le type le plus fréquemment cultivé; elle est réellement très bonne, précoce, mais sur les marchés d'Europe on lui préfère l'orange d'Espagne à peau fine, mince et d'un jaune pâle. Dans la région montagneuse, comme à Toudja, il existe des races d'orangers tardifs; ces fruits, produits encore en très petites quantités, sont vendus, en été, dans le pays à des prix très élevés. L'orange sanguine, très parfumée, est assez répandue, tandis que l'oranger de Jaffa est rare. Une importante plantation de cet oranger, à Boufarik, chez M. Borely la Sapié, démontre l'intérêt que présentent en Algérie les essais méthodiques de toutes les bonnes races de fruits dispersées dans la région méditerranéenne.

Chez les Indigènes, le plus souvent, l'oranger est reproduit par graine; ces arbres, qui atteignent dans les sols profonds de très grandes dimensions, donnent aussi une grande quantité d'oranges ; mais la qualité est parfois défectueuse.

Peu après la pacification de l'Algérie, la colonie

était dotée d'an Jardin d'essai qui pendant vingtcinq ans, sous l'habile direction de M. Hardy, fut enrichi des collections les plus variées des plantes des régions chaudes.

Goyaviers, Anones, Avocatiers, Kakis. — Tous les arbres fruitiers importants ont donc été introduits et essayés. Beaucoup n'ont pu résister à un climat qui ne comporte pas la culture des plantes tropicales; mais quelques fruits des régions tempérées chaudes mûrissent bien sur le littoral et y donnent quelquesproduits dignes d'attirer l'attention.

Les Goyaviers croissent avec vigueur et se couvrent de fruits abondants. Le goyavier pomiforme [Psidium Guayavà) est le seul qui donne un fruit susceptible d'être vendu couramment sur les marchés. La goyave produite en Algérie est très parfumée et conviendrait pour la préparation des conserves. Si ce fruit entrait dans la consommation européenne, le littoral algérien pourrait produire une assez grande quantité de goyaves, la culture du goyavier étant à peu près celle de l'oranger.

V Anona C lieïrimolia se rencontre aujourd'hui dans les principaux jardins du Uttoral ; certains fruits bien mûrs sont excellents ; mais l'Anone n'est encore recherchée que par quelques rares amateurs.

L'Avocatier, qui dans les stations bien abritées mûrit régulièrement ses fruits, est très peu répandu et reste encore un article de curiosité.

Les Kakis sont plus connus, mais la collection des races cultivées en Algérie est encore trop réduite, on ne trouve couramment que les Dïospyros Kaki et D. costata. Le dernier est un gros fruit hsse côtelé, qui commence à se vulgariser. Récemment une collée-

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