PLANTES TEXTILES
tomba à 1 800, portant généralement sur des cotonniers de seconde année ; mais à la fin de 18G8, les prix remontèrent à 125 et 150 francs; aussi en 18G9, : le coton occupait 3 000 hectares dans la région du ' Sig-, de l'Habra et de Relizane. Les prix de cette année furent désastreux, les cotons avaient été ; négligés, la qualité fut médiocre. En l'absence d'un ' cours régulier du prix, les achats devinrent le mono- ^ pôle de deux ou trois maisons qui abusèrent de la situation et s'enrichirent en ruinant de nombreux f cultiA^ateurs pressés de réaliser.
' Depuis 1870, la culture du coton est abandonnée; ' mais le souvenir des beaux produits obtenus pen- ! dant vingt ans est encore présent à la mémoire des anciens colons.
Quand l'aménagement des eaux sera plus avancé, les cultures industrielles s'imposeront et de nouveau il y aura lieu de rechercher une surface importante à consacrer chaque année au coton.
De même que l'Indigène s'est mis à la culture du tabac qui avant notre occupation était limitée à quelques hectares, de même il se mettra à toute culture demandant une main-d'œuvre facile comme celle du coton. La rapidité avec laquelle la Russie a implanté la culture du coton dans le Turkestan et le Caucase doit nous servir d'exemple . Dans ces régions, il a fallu se limiter au coton Upland^ Gossi/piumliirsulum, le Sea Island [G. Barbadense) n'arrivant pas à complète maturité comme en Algérie.
Le Uttoral, les plaines de l'Oranie et du Cheliff, faciles à arroser; à Bône, la plaine de la Seybouse qui un jour sera en partie irrigable, conviennent à la culture du coton. Dans le Sud constantinois, d'im-
menses surfaces pourront aussi, dans un avenir plus ou moins éloigné, être consacrées au coton et la France aura alors à proximité une matière première qu'elle ne peut produire et qu'il faut aller demander à des pays lointains.
Plantes pour la parfumerie. — La culture du Géranium est déjà ancienne en Algérie; de grandes distilleries, comme celles de MM. Chiris et Gros à Boufarik, produisent plus de 2 000 kilos d'essence. L'Eucalyptus globulus est aussi depuis quelques années recherché par les distillateurs, qui produisent 2 à 3000 kilos d'essence par an.
On distille encore une Menthe sauvage [Mentha Pulegium) et l'on extrait le parfum de la cassie [A cacia Farnesiana). Plus de 20 000 kilos de fleurs sont récoltés tous les ans.
On fabrique en grande quantité de l'Eau de fleur d'oranger ; plusieurs industriels ont tenté la pro duction des essences de citron, de bergamotte et de bigarrade.
L'Iris de Florence viendrait bien.
Plantes tannifères. — Les végétaux riches en tanin abondent en Algérie. On exploite principalement le Chêne kermès {Quercus coccifera), dont l'écorce des racines est l'objet d'un commerce important. Le Chêne-liège donne aussi un tanin très actif et abondant. Cette exploitation est Limitée aux arbres, qui dépérissent et qui sont impropres à la production du liège. Le Chêne vert [Q. ilex) est aussi l'objet de quelques exploitations, mais le plus souvent clandestines.
L'exploitation réguUère de ces différents chênes pourrait constituer un gros revenu ; mais l'administration forestière, craignant des abus de la part des
PLANTES TANNIFÈHES. ioa
exploitants, cherche le plus possible à éviter la mise en exploitation, pour le tanin, des forêts ou broussailles qui sont soumises au régime forestier . D'autres végétaux sont exploités par les Indigènes pour leur usage, tels que la partie sèche et crevassée de l'écorce du Pin d'Alep, enfin les écorces des Chênes Zen et Afarès non utihsées sont aussi riches que celles du chêne Rouvre de France.
En dehors de cette production naturelle, beaucoup de plantes tanifères sont susceptibles de culture en Algérie.
Les Wattle ou Acacia australiens ont été préconisés depuis longtemps, on a successivement essayé les Acacia leiophylla et cyanophylla sans beaucoup de persévérance, puis, dans ces dernières années, le D'' BourUer s'est efforcé de fixer les règles d'une exploitation de r Acacia pycnanlha en faisant dans les variétés de cette Mimosée un choix Judicieux de celles qui constamment se montrent plus riches en tanin. Le D'" Bourlier obtient en sept ans des écorces dosant 30 à 35 p. 100 de tanin et à raison de 15 à 20 tonnes à Theclare. h' Acacia pycnanlha produit aussi une quantité considérable de gomme médiocre.
V Acacia decuiTens est encore un bon Acacia à tanin, mais en Algérie il paraît moins résistant que le Pycnanlha. Des essais seraient cependant à faire, notamment dans le Uttoralde l'est, à Phihppeville et à Bune.
Un autre arbre propre à effectuer des reboisements dans les coteaux secs est le Chêne Yelani {Quercus œgilops), dont la cupule, connue sous le nom de valonces ou gallon du Levant^ riche en acide galUque, fait l'objet d'un commerce important en Asie Mineure
et dans r Archipel. Le gland du Chone Velani est gros et doux.
Enfin ces dernières années le service botanique du gouvernement de FAlgérie a introduit la Ganaigre ou Patience à tanin, Rumex hymenosepalus, qui parait facile à cultiver en Algérie. Ce Rumex végète vigoureusement pendant toute la saison des pluies et entre en repos à la saison sèche ; il porte d'énormes racines, qui contiennent des quantités considérables d'un excellent tanin très apprécié en Amérique, où il existe déjà des usines pour son extraction sous forme d'extrait iluide.
Le Savonnier ou Sapindus util'is est une des plus intéressantes plantes industrielles de l'Algérie. Cet arbre, introduit en 1845 au Jardin d'essai, y a donné depuis quarante ans d'abondantes récoltes d'un fruit dont la coque contient environ 37 p. 100 de Saponine. Au prix actuel de cette matière, certains arbres portent tous les ans pour 100 francs de fruits. Le Savonnier se multiplie très facilement de boutures et croît rapidement dans les stations un peu abritées du Uttoral. Son bois est aussi d'un grain fin et serré et propre à l'ébénisterie. Depuis deux ans, quelques plantations importantes ont été effectuées; mais elles seront loin de suffire aux demandes des commerçants qui importent le Sapindus de l'Inde à un prix assez élevé.
Parmi les plantes industrielles trop négligées en Algérie, il convient de citer le Sorgho à balais et principalement la variété dite Sorgho d'Italie, qui n'est pas cultivée avec beaucoup de succès en France. Un hectare peut produire 1500 kilos de paille d'une valeur de 21 à 30 francs et 50 hectoUtres