PLANTES TEXTILES
tout un public qui les apprécie, en raison de la douceur de leur arôme.
Si les colons arrivent à produire couramment un tabac lin, léger et aromatique, brûlant bien, ils parviendront ainsi à décider la Métropole à réduire ses achats à l'étranger, pour les augmenter en Algérie.
Le commerce algérien fait aussi de très importants achats à l'étranger pour la fabrication locale; des droits élevés à l'entrée obligeraient les fabricants à rechercher les bons tabacs algériens et à les payer un prix rémunérateur ; mais d'un autre côté il conviendrait de protéger aussi les fabricants contre l'importation des tabacs manufacturés à l'étranger, qui ne sont pas frappés d'un droit suffisamment élevé.
Le tabac à priser n'est cultivé que par les Indigènes, ils ont pour cet usage une variété de Nicoliana rustica ou tabac à fleur jaune, qu'ils cultivent jusque dans les oasis du Souf.
Plantes textiles. — 11 est probable que l'Algérie produira un jour des textiles ; mais jusqu'à ce jour aucun essai n'a pu aboutir et aucune plante textile n'est cultivée.
Le Lin vient très bien, mais les difficultés du rouissage y ont fait renoncer. La Ramie a fait aussi naître quelques espérances ; mais aujourd'hui on ne croit plus à l'ortie de Chine.
Les Agaves n'ont pas encore été sérieusement expérimentés ; les espèces textiles, comme V Agave sisaliana et d'autres du Yucatan et des Bahama, sont d'introduction récente. La plupart des Agaves prennent un rapide développement sous le cUmat du Uttoral africain, peut-être sera-t-il possible de réserver un^ jour quelques coteaux secs à ces textiles trè^^^^^^SS/ta^
BIBLÏOTHECA
JOO AGRICULTURE.
Le Juie croît, mais dans de bonnes terres bien irriguées et le bas prix de cette matière textile n'engage pas les cultivateurs.
Les Hibiscus textiles et les Sida prennent aussi un grand développement ; mais aucune culture en grand n'a encore permis de déterminer la valeur de ces plantes au point de vue agricole.
Le Cotonnier est mieux connu. Dès 1830, la culture du Cotonnier fut tentée en Algérie, ces essais eurent lieu par l'initiative de l'administration, des graines furent délivrées gratuitement, et l'État achetait au planteur ses produits à des prix fixés d'avance selon la qualité. M. Hardy, directeur du Jardin d'essai, rédigeait des instructions sur cette culture. Ainsi dirigés et favorisés, ces essais se généralisèrent et, lorsque survint la guerre d'Amérique, la hausse considérable des prix des cotons décida propriétaires et fermiers à entreprendre cette culture. Toutes les terres irrigables furent plantées de coton et l'on fit même des cotons au sec dans les terres fraîches et profondes. L'hectare arrosé se louait jusqu'à 400 francs et donnait un produit de 2 000 à 2 500 francs.
Le coton généralement cultivé fut le Géorgie longue soie; sur bien des points, les cotonniers persistaient deux et trois ans et fournissaient de très beaux produits très remarqués dans toutes les expositions.
A partir de 1803, le prix du coton commença à baisser; en 1866 les sauterelles, la sécheresse réduisirent la récolte; en 1867, finit la guerre de Sécession et d'un couples prix tombèrent de 230 à 90 et 75 francs les 100 kilos. En 1868, on ne planta guère ; la culture du coton, (jui avait en^brassé plus de 4 000 hectares,